‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 57 sur 208 · CHAPITRE VIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIU

général-major Dorokbof, les colonels Jefremofet^ pri nce Koud achof , le capitaine aux gardes Seslavin et le capitaine Figner, rivalisèrent de zèle et d'activité avec le détàcliement de Dawidof. . Le général Wintzingerode organisa aussi des partis qui, sous les ordres du colonel Benkendorf et du maj or Prendel, inqu iétèrent les com-munications des ennemis à la gauche de la route de Smolensk à Moscou.

Les opérations des partisans étaient favorisées par les dispositions hostiles des habitants des campagnes envers l'ennemi. L'invasion du territoire de la patrie, généralement regardée comme un attentat sacrilège , avait rallié tous les coeurs russes à un même sentiment de haine et de vengeance contre ses auteurs. Dans les premiers jours de la campagne, l'armée de Napoléon ne s'était point ressentie du mauvais effet de ces dispositions. La population de la Lithuanie, que vingt années d'une administration tutélaire avait familiarisée avec la domination de la Russie , avait résisté, à la vérité , aux suggestions de quelques seigneurs, que de vieux souvenirs portaient à la rébellion; mais les liens de gratitude qui unissait cette province au gouvernement russe ne suffisaient pas pour suppléer à l'énergie du patriotisme, qui seule peut enfanter les mira-

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j des du dévouement. Les paysans lithuaniens t ne se soulevèrent point contre nous ; mais inti- J midés par la présence de l'ennemi , ils laissèrent I à sa disposition les ressources de leur pays. La scène changea de face lorsque Napoléon eut dépassé Smolensk. Partout sur son passage il ne trouvait que des villages déserts ou des débris enfumés. Aucun sacrifice ne coûtait à des cœurs ulcérés. L'homme énergique qui s'arma de la torche pour détruire Moscou, ne fit que suivre un devoir dicté par la nation , et dont elle avait déjà donné des exemples. L'on avait vu des cultivateurs, à l'approche de l'enn^ni, mettre le feu à leurs propres greniers, et se réfugier ensuite dans les bois avec leurs familles et leurs troupeaux. La perte de Moscou, loin ^ d'abattre les esprits , ne fit que les exaspérer davantage. Les paysans ne se contentaient plus de fuir, ils se rassemblaient en bandes nombreuses, et armés de fourches et de mauvaises piques, ils attaquaient les individus et les détachements qu'ils rencontraient. Tous ceux qui tombaient entre leurs mains étaient impitoyablement massacrés. Dans plusieurs endroits les femmes mêmes prenaient part à ces exploits , consacrés par une sainte haine pour le joug étranger. Tous ne respiraient que guerre et vengeance !

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