‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 64 sur 208 · CHAPITRE VIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. l

donner à tout le corps de l'état; on redoubla de vigueur pour pousser les armements qui s'exécutaient sur tous les points de l'empire. Il était clair que, dans ces circonstances, aucun parti pusillanime ne pouvait trouver d'accès auprès d'un souverain dont les résolutions énergiques étaient soutenues par le dévouement de la nation; aussi les propositions sur lesquelles Napoléon fondait toutes ses espérances, reçurent-elles l'accueil qu'elles méritaient. L'empe- , reur Alexandre était si déterminé à ne prêter Toreille à aucun accommodement, qu'il désapprouva même que l'on eût reçu le général Lauriston au quartier-général russe , et en témoigna son mécontement au prince Routousof , par lalettre suivante qu'il lui adressa :

« Prince Michel Larionowitcz ! le rapport que «j'ai reçu de vous par le prince Wolkonsky m'a c appris l'entrevue que vous avez eue avec l'aide- « de-camp-général français Lauriston. Les entre - «tiens que j'ai eus avec vous, au moment même «de votre départ pour les armées confiées à vos « soins , vous avaient instruit de mon désir ferme «et absolu d'éviter, avec l'ennemi, toute négoce dation et toute relation tendante à la paix.

«Maintenant, après l'événement susmeiition-^

l36 CAMPAGNE DE l8l2.

« né , je dois vous répéter, avec la même réso- «iution, que je désire que ce principe adopté «par moi, soit observé par vous dans toute sa ir latitude et de la manière la plus rigoureuse et a la plus inébranlable.

«J'ai appris pareillement, à mon extrême mé- « contentement, que le général Beningsen a eu «une entrevue avec le roi de Naples, et cela « sans qu'aucun motif pût même l'y inciter.

« Après lui avoir fait sentir l'inconvenance de «cette démarche, j'exige de vous une surveil- « lance active et sévère pour que les autres gêné- « raux n'aient point d'entrevues avec les ennemis , «ni encore moins de conférences semblable^, « qu'il faut éviter avec le plus grand soin.

« Toutes les notions que vous avez reçues de

« moi , toutes les déterminations consignées dans

« les ordres qui vous ont été adressés par moi ,

« en un mot , tout doit vous convaincre que ma

«résolution est inébranlable, et que dans ce mo-

«ment, aucune proposition de l'ennemi ne pour-

« rait m'engager à terminer la guerre , et à affai-

« blir par là le devoir sacré de venger là patrie

« lésée. »

«Je suis, etc.

Page 1