‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 63 sur 208 · CHAPITRE VIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. l

sait, de venger l'honneur du nom russe par la ruine des armées ennemies qui avaient osé fouler le sol sacré de la patrie. Le gouvernement

« posée d'hommes de différentes nations , qui le servent et H lui obéissent non par zèle , ni pour la défense de leur pa- « trie , mais par timidité et par une crainte honteuse. La «.moitié de cette armée hétérogène se trouve détruite, soit « par nos braves troupes , soit par la désertion , les maladies « et l'inanition. Avec le reste^il est venu à Moscou. Sans « contredit , sa marche rapide et hardie, ou plutôt téméraire, « jusqu'au cœur de la Russie , et même jusqu'à son antique <c capitale, satisfait son ambition, et lui donne l'occasion de « se vanter et de s'enorgueillir ; mais la fin couronne l'œuvre. < Il n'est plus dans ces contrées où un seul pas hardi glaçait « d'épouvante tous les esprits , et mettait à ses pieds l'armée « et la nation. La Russie n'a pas l'habitude de la soumission; « elle ne supportera pas le joug, et ne renoncera pas à ses « lois , Ji sa religion , à sa liberté et à ses richesses ; elle les « défendra jusqu'à la dernière goutte de son sang. Le zèle et « l'ardeur qui se manifestent partout, par les armements vo- « lontaires et spontanés, montrent clairement combien est « forte et inébranlable notre patrie , défendue par l'intrépide « esprit de ses fidèles enfants. Ainsi , que personne ne se livre « donc au découragement ; et, d'ailleurs , comment s'y livrer , « lorsque tous les ordres de l'état rivalisent de courage et «de fermeté; lorsque l'ennemi, avec les débris de ses ar- « mées qui s'épuisent , se voit éloigné de son pays , isolé au « milieu d'une population nombreuse , et entouré de nos ar- « mées , dont l'une lui est opposée de front , tandis que trois

î34 CAMPA.GNE DU l8l2.

i central était dirigé par une main trop ferme, pour que son action pût être altérée par la commotion violente que la perte de Moscou devait

« autres s'efforcent de lui couper la retraite et d'empêcher « de nouveaux renforts d'arriver jusqu'à lui ; lorsque l'Es- « pagne 9 non-seulement a secoué son joug , mais même qu'elle m menace d'envahir son propre territoire ; lorsque, la plus n grande partie de l'Europe, dévastée et pillée par lui , tout « en le servant forcément, ohti^rveet attend avec impatience « le moment de se soustraire à une domination tyrannique « et insoutenable ; lorsque son propre pays ne voit pas de « fin à l'effusion du sang qu'il a versé pour les intérêts de N son ambition ?

« Dans cette situation misérable de tout le genre humain , « quelle gloire pour la nation , qui , après avoir supporté « tous les maux que la guerre entraîne , parviendra , à force « de patience et de courage , non-seulement à reconquérir « pour elle-même une paix stable et inaltérable , mais à en « étendre les bienfaits aussi sur les autres puissances , et « même sur celles qui , contre leur propre gré , lui font la « guerre. Il est doux et convenable à une nation' verce tueuse de rendre le bien pour le mal. Dieu tout pui&- « sant! tourne des regards miséricordieux sur l'église russe, « qui , prosternée devant toi , t'adresse ses prières : renforce (( de courage et de patience ton peuple fidèle, qui combat « pour la justice. Qu'à l'aide de ton secours il triomphe de « l'ennemi; qu'il le terrasse, et qu'en se sauvant lui-même,

« il sauve la liberté et l'indépendance dès rois et des « royaumes. »

Page 1