‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 70 sur 208 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

mort du général Baggowoutli , qui fut emporté par un boulet de canon dès le commencement du combat. Un des avantages que les Russes aient recueilli de cette journée, f^t de les convaincre, par leurs propres yeux, de la pénurie qui régnait dans l'armée française. Il suffit de savoir que dans la cuisine même du roi de Naples , l'on trouva des chats écorchés et du bouilli de viande de cheval. Le roi de ]>raples mérita sa défaite par sa négligence. La position qu'il occupait en face d'une armée infiniment supérieure en nombre au c<^rps qu'il commandait, était déjà par là même hasardée. Cet inconvénient ne pouvait être compensé que par une vigilance extrême, et nous voyons , au contraire , que les ennemis songeaient si peu à s'éclairer sur leurs flancs , que les colonnes russes de la droite s'avancèrent, sans être découvertes, jusqu'au bois situé à deux mille pas de leur camp. La disposition des généraux russes était bien calculée; mais des fautes d'exécution ne permirent pclint d'en recueillir tout le fruit. Nous avons déjà vu que le retard de l'attaque , la lenteur de la marche de la troisième colonne, et plus que tout cela encore, l'idée intempestive de rabattre à gauche le 3^ corps , furent les principales raisons qui empêchèrent les Russes de remporter un avantage aussi complet

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que celui auquel on avait droit de s'attendre. Il y avait d'autant moins de raison d'arrêter le mouvement pour tourner la gauche de l'ennemi , que la crainte de se trouver trop étendu était chimérique, vu la grande supériorité en nombre des Russes, et que cette même supériorité permettait à la droite de leur, armée de renoncer momentanément à toute liaison avec leur gauche pour aller se placer sur la ligne de retraite du roi de Naples. Il n'y a aucun inconvénient à agir eu deux masses séparées, lorsque chacune de ces masses est plus forte que la totalité du

corps ennemi. v ^

Le colonel Toll avait calculé juste en supposant que les Français ne demeureraient plus long- , temps à ^Moscou. Dès les premiers jours d'oc- • tobre , Napoléon fit ses préparatifs dejretraite. Le corps de Ney et la division Delzoni^-|^oussés à Bogorodsk et à Dmitrow, rejoignirerif, dès le 3 , l'armée devant Moscou ; la division Broussier et la cavalerie légère d'Ornano. passèrent de la route de Smolensk sur celle de Ralouga , se dirigeant sur le village de Fominskoïé. Cependant, malgré ces mouvements, l'empereur des Français tardait encore à quitter Moscou : il ne pouvait se résoudre à commencer- une retraite, qui ^ devait annoncer à l'Europe qUt des armées coiv

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