‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 71 sur 208 · CHAPITRE VIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. l

duites par lui-même n'étaient pas à Tabri des revers. D'ailleurs^ il conservait encore quelque faible espérance de recevoir de Pétersbourg une réponse favorable à ses vues; mais la nouvelle de la défaite du roi de Naples vint dissiper toutes ses illusions. Ce coup de vigueur, de la part des Russes, montrait clairement qu'ils étaient déterminés à continuer la campagne. Napoléon vit enfin toute la grandeur du danger que son séjour à Moscou avait attiré sur son armée; il sentit qu'il n'avait pas un instant à perdre pour se tirer du mauvais pas où il se trouvait engagé. Il fallait, avant tout, tâcher de regagner ses communications. Il résolut , en con- 1^ séquence, de tourner la position des Russes, en se dirigeant , par Borowsk et Malo-Jaroslawets , sur Kaloufifa. S'il avait réussi à prévenir les Russes dans cette dernière ville, il aurait obtenu l'immense avantage de rétablir ses communications avec Sinolensk , par Jouknow et Wiazma; et avec Mohilew, par Metchowsk, Gizdra, Roslawl etj Mstislawl ;^Fqùand[ inêmë Tes eVenéméhts'siîB-" séquents de la campagne l'eussent obligé à se replier derrière le Dnieper , cette retraite , exécutée à travers des pays fertiles et non dévastés , aurait pu s'effectuer sans amener de grands désastres.

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l5o CAMPAGNE DE l8l2.

Toutefois Napoléon , quoique déterminé à se porter sur Borowsk, se crut obligé de faire la première marche sur l'ancienne route de Kalouga, afin de recueillir l'avant-garde du roi de î» Naples. Le 7 octobre il quitta Moscou, avec la vieille garde, les corps de Ney et de Davoust, et les divisions Delzons et Pino, de celui du •,vice-roi, et se rendit à Watoutinka^ o ù il fut «joint par le roi de Naples. Le quartier-impérial fut placé au villaige de Troitsko ïé, près de Watoutinka. Le maréchal Mortier, avec la jeune garde, demeura à Moscou pour veiller à l'évacuation des grands convois de malades , de blessés, d'artillerie, de munitions et des trophées enlevés à Moscou, que , depuis le 3 1 l'on avait déjà commencé à faire filer sur Smolensk. Le lendemain, le vice-roi qui, avec ses divisions, devait former l'avant-garde de l'armée, passa la Pakhra à Gorki, et conversant ensuite à droite, se porta à Ignatowo. Le 9, le vice-roi, continuant sa marche dans la même direction , rejoignit la nouvelle route de Ralouga à Bykassowa, et se rendit à Fominskoïé où il se réunit au général Broussier. Napoléon qui, avec le gros de l'armée, avait séjourné le 8, suivit, le 9, le chemin marqué par la marche du vice-roi , et se rendit à Ignatowo. Le 10, il arriva à Fominskoïé. Le même jour, le

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corps du prince Poiiiatowski fut poussé sur Wéréïa , afin de couvrir, du côté de Médynn , la marche des convois qui suivaient la route de Smolensk.

L'empereur des Français ne perdait cependant pas encore tout espoir d'amener les Russes à un accommodement. En partant de Moscou, il ordonna au maréchal Berthier d'écrire au maréchal Routousof la lettre suivante :

Au^ quartier impérial, le 8 octobre 1812.

(f Monsieur le prince Koutousof ,

« Le général Lauriston avait été chargé de vous «proposer de prendre des arrangements pour « donner à la guerre un caractère plus conforme «aux règles établies, et prendre des mesures «pour ne faire supporter que les maux indispeii- « sables qui résultent de l'état de guerre. En effet , « la dévastation de son propre pays est nuisible «à la Russie, autant qu'elle affecte douloureu- « sèment l'empereur. Vous sentirez facilement, «prince, l'intérêt que j'ai de connaître là-dessus « la détermination définitive de votre gouverne- « ment. Croyez , monsieur le prince Koutousof, «aux sentiments de ma plus haute considéra- « tioii. ))

Le prince de Neufchatel ,

Major-général.

l52 CAMPAGNE DE l8l2.

Il était clair que cette démarche n'était qu'une nouvelle provocation pour entamer une négociation. Le maréchal Routousof y répondit de la manière suivante ;

Au quartier-général, le 9 octobre 1812^

t<Mon Prince,

« M. le colonel Berthémy, que j'ai admis dans « mes propres quartiers, m'a remis la lettre dont «votre altesse l'avait chargé pour moi. Tout ce «qui fait l'objet de cette nouvelle demande, a ft déjà été soumis immédiatement à l'Empereur «mon maître; et c'est, comme vous ne sauriez « l'ignorer, mon Prince , l'aide-de-camp-général « prince de Wolkonsky qui en a été le porteur. « Cependant , vu la distance des lieux , et la dif- « ficulté des routes dans la saison actuelle , il est «physiquement impossible qu'il me soit déjà ' « parvenu une réponse à cet égard. Je ne saurais « donc que me référer personnellement à tout ■ «ce que j'ai eu l'honneur de dire à M. le géné- «ral Lauriston sur la même matière. Je répéterai « cependant ici une vérité; dont' vous apprécierez «sans doute, mon Prince, toute la force et Té- « tendue , c'est qu'il est difficile , malgré tout le « désir qu'on peut en avoir, d'arrêter un peuple « aigri par tout ce qu'il voit, un peuple qui, dç-^

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