CHAPITRE VIII
en se rabattant sur la route de Moscou à Smolensk. G^était déjà une cruelle nécessité que de suivre cette route qui, entièrement dévastée, he pouvait présenter aucune Ressource aux troupes françaises ; mais comme ô'était Tunique voie de retraite qui lui laissât encore quelques chances de ne pas être prévenu paroles Russes sur le Dnieper , il résolut d'en profiter en bravatit tous les désastres que la pénurie des moyens de subsistance lui présageait. Le 1 4 9 1^ vieille garde et le corps de Ney revinrent à Borowsk, où Napoléon reporta aussi son quartier-impérial. Le corps du vice-roi rétrograda jusqu'à Ouvarowskoïé. I Le maréchal Davoust, destiné à l'arrière-garde , demeura à Malo - Jaroslawets avec son corps et la division de cavalerie de Chastel.
Le même jdur, à cinq heures dii matin , l'armée russe se mit aussi en retraite sur trois colonnes :
celle de droite , commandée par le généra^ Borosdin, et composée des 3^ et 8^ corps et de la i^* division de cavalerie, se porta par Czôrnoloknia , Semdkino , Kachourino et Nosdrino ; la colonne du centre, commandée par le lieutenantgénéral prince Gallitzin , et composée des 7® et 5^ corps , outre la 2® division de cuirassiers , se porta par la grande route de Kalouga jusqu'à Goncze-
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rowo ; celle de gauche , commandée par le géné-
ral Doktorof , et composée du 6® corps et de la i'* division des cuirassiers, marcha par Jerdénewo , Starosélié et Worobiéwo. Les trois colonnes se réunirent sur les hauteurs de Gonczérowio , ou l'armée prit position. Le quartier-général fut porté à Detczino. L'arrière-garde , aux ordres du
; général Miloradowich, composée des 2*^ et 4*corps, des 2® et 4* de cavalerie et de quatorze régiments
: de kosaques, demeura dans la position que l'armée
: venait d'évacuer. Cette marche rétrograde, dont l'idée fut suggérée au maréchal par des inquiétudes peu fondées pour la route de Medynn à Kalouga, était une faute grave, qui aurait pu avoir les plus dangereuses conséquences , si les ennemis s'en étaient aperçus à temps.
En effet , par cette retraite inconsidérée , les Russes découvraient à Napoléon le chemin de Malo-Jaroslawets à Medynn, et lui donnaient la faculté de diriger sa retraite par cette dernière villeyToukhnof et Jelnia sur Smolensk , en passant par ores pays frais et qui n'avaient encore nuUement souffert des désastres de la guerre. La raison de surveiller la route de Medynn à Kalouga devait être d'autant moins admissible, qu'en continuant à serrer de près l'armée ennemie à
Malo-Jaroslawets , on acquérait la certitude d'em-