CHAPITRE VIII
joindre son arrière-garde à Gjath. Il marcha par f Sossnowskoïé à Goubino, où le général Paskc- . wicz se rendit aussi.
Les deux marches que l'armée russe venait d'exécuter ne la rapprochant pas du point important de Wiazma , pourraient paraître fausses. Mais il faut observer qu'à cette époque l'on ignorait encore que Napoléon fut décidé à prendre la route de Smolensk. Il était tout aussi probable qu'il se dirigerait par Wolokolamsk , Zoubtsovr , Rgew^, Béloï, Wélige et Sourage sur Witebsk , chemin plus long à la vérité, mais incomparablement plus avantageux pour lui sous le rapport des subsistances, dont ses troupes n'auraient jamais manqué dans des pays qui n'avaient pas encore servi de théâfre de la guerre. Dans le cas où les ennemis eussent pris cette dernière route, le maréchal Koutouso^ en marchant directement sur Wiazma , où en restant même dan& sa position de Polotnianyia-Zawody, ne se serait plus trouvé en mesure de les atteindre. Il est donc impossible de blâmer le maréchal d'avoir pensé à se rapprocher de Mojaïsk, pour se mettre à portée de serrer de plus près l'ennemi.
Les événements relatés dans les chapitres que nou^ venons de terminer, nous montrent déjà le commencement des désastres que la faute de
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Napoléon de prolonger son séjour à Moscou , a attirés sur son armée. Nous devons ajouter encore que l'empereur des Français montra aussi de l'hésitation et de la lenteur dans les mouvements qu'il exécuta, même après s'être décidé à quitter Moscou. Le projet qu'il avait conçu de prévenir les Russes à Kalouga ne pouvait avoir de succès , que par la vigueur de l'exécution. Nous voyons, au contraire, qu'il employa six jours pour arriver à Malo-Jaroslawets , tandis que la distance de cette ville à Moscou n'étant que de 1 10 werstes par la route directe , il aurait pu, en la suivant , y être rendu dans la soirée du 9 octobre. Puisqu'il s'agissait d'un mouvement aussi décisif, il fallait savoir sacrifier l'accessoire et ne pas s'embarrasser de la situation du roi de Naples, qui, d'ailleurs, aurait toujours trouvé les moyens, en passant par Jartsowo, Roudnewo et Rousnetsowo, de gagner la nouvelle route de Kalouga à Ogégowo, et de rejoindre ainsi la grande armée. Il est trèsprobable que si Napoléon avait pu atteindre Malo-Jaroslawets dès le 9, l'armée russe ne se serait point trouvée en état de l'y prévenir; elle aurait eu même de la peine à arriver avant lui à Kalouga , et dès-lors tous les avantages qu'elle avait acquis en s'établissant sur ses communi