‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 100 sur 181 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

bois, n'avait pu avoir des succès aussi rapides que ceux de la gauche ; le général Konownitsy n en profita pour porter toute sa réserve sur sa droite. Huart fut débordé et culbuté; déjà les bataillons russes le poursuivaient au-delà du ravin , quand une charge de cavalerie, ordonnée par le roi de W aples , les obligea à regagner leur position. Enfin, Roussel ayant réussi à se rendre maître du grand bois , et à en déboucher sur le flanc gauche des Russes, la gauche des Français, renforcée par le 106*^, commença à reprendre ses avantages.

Alors le général Konownitsyn ordonna la retraite , qui s'effectua de position en position , et dans le plus grand ordre, jusqu'au village de Komarki, où le général russe se maintint jusqu'à cinq heures du soir. Il s'était soutenu pendant toute la journée avec 8 à 9 mille hommes d'infanterie , et près de 3 mille chevaux , contre un corps de la mille hommes d'infanterie, et de plus de 7 mille chevaux. A Komarki, il fut joint par le général Touczof, que le général en chef avait détaché à son secours avec la division- des grenadiers de Strogonof , et qui , comme le plus ancien, prit le commandement de tout le corps, dont la retraite fut continuée.

La cavalerie ennemie poursuivit les Russes

a^O CAMPAGNE DE l8l2.

jusqu'à Dobreïka, où le général Touczkof se réunit au comte Ostermann. Napoléon , qui était arrivé de sa personne à la fin du combat, prit son quartier à Koukowiczi. Le roi de Naples et le vice-roi passèrent la nuit près de Dobreïka. La perte des Russes, dans les deux journées, s'éleva à près de 2,5oo hommes hors de combat. Ils eurent à regretter le général Akoulof , tué le i3. Chez les Français, le général Roussel fut aussi tué ; leur perte monta à plus de 3 mille hommes, et on leur fit 3oo prisonniers.

Les combats du 1 3 et du 1 4? ayant montré que l'ennemi était en forces dans les environs d'Ostrowno, le général Barklay pensa qu'il ne pouvait plus effectuer la marche projetée sur Orcha, sans risquer d'être fortement inquiété sur son flanc droit. D'un autre côté , il ne pouvait plus reculer davantage vers Poréczié ou Souraje, sans renoncer entièrement à sa réunion avec le prince Bagration, à qui il avait indiqué la direction d'Orcha.

Dans cette extrémité , il prit l'audacieuse résolution de livrer bataille malgré l'extrême infériorité en nombre de ses forces. L'armée russe ne comptait guère plus de 82 mille combattants, tandis que celle de Napoléon , composée de ses gardes , des corps de Ney et du vice-roi, de trois

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