‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 102 sur 181 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Louczetsa , il s'arrêta dans une position , étendant sa droite vers la Duna, en face du couvent de Markow^ et appuyant la gauche à un bois. Broussier, qui avança sur lui , ayant ses régiments formés en carrés doubles par échellon, ne put le forcer. Un régiment français de chasseurs à cheval, qui parut dans la plaine à droite des Russes , fut culbuté par les kosaques de la garde, aidés des hussards de Soumy, et protégés par une batterie masquée, disposée derrière quelques bâtiments auxquels on avait mis le feu. Cette batterie, établie sur une hauteur près de la grande route , prit en flanc la cavalerie ennemie, qui s'était avancée dans les prairies qui bordent la Duna , et contribua ainsi au succès des belles charges fournies par la cavalerie du comte Pahlen.

Le vice-roi, voyant que Broussier, malgré sa supériorité en nombre , ne pouvait venir à bout des Russes, fut obligé de faire venir la division Delzons, qu'il fit filer sur sa droite. Le comte Pahlen, que cette manœuvre menaçait d'être tourné sur sa gauchie, repassa la Louczetsa. L'armée française se plaça sur la rive gauche de cette rivière. Les corps de Ney et du vice-roi formèrent la première ligne; et la garde, les trois divisions du corps de Davoust , et le corps de ca-

!224 CAMPAGNE DE l8l2.

Valérie de ïfansouty, furent placés en deuxième et troisième ligne. Le corps de Montbrun était à la droite de la Duna, près de Witebsk.

Le i6, l'armée russe continua son mouvement. La colonne de gauche vint à Janowiczi; le général en chef, avec celle du centre , à Kolychki; et celle de droite à Lïosna. L'habileté extraordinaire que le comte Pahlen avait déployée la veille pour couvrir la retraite de l'armée , avait permis de l'exécuter avec un ordre si admirable , que les Français , ne pouvant trouver aucune trace de la marche des Russes, furent pendant quelques temps dans une incertitude complète sur la direction qu'ils avaient prise. Napoléon dut faire ses dispositions d'après l'hy- ' pothèse que le général Barklay ne pouvait que se retirer sur Smolensk, pour tâcher de se réunir au prince Bagratiou.

Les trois divisions du corps de Davoust reçurent l'ordre de se porter, par la route de Babinowiczi, pour faire leur jonction avec le reste du corps. Ney s'avança, par Béliowo, à Wélédiczi. Napoléon, avec ses gardes, occupa Witebsk. Le roi de Naples, avec la cavalerie de Nansouty et de Montbrun, et un bataillon d'infanterie légère, poursuivit l'arrière -garde de Pahlen, sur la grande route de Poréczié. Le corps

Page 1