CHAPITRE III
per ne se rallia que sous la protection des régiments qui suivaient. Le général Platof , se voyant en présence de forces supérieures, repassa le pont de Romanow, et prit poste derrière le ruisseau marécageux de Morvez. Latour-Maubourg, désirant enlever cette position, essaya de faire passer le pont à sa cavalerie ; mais un régiment polonais, qui s'y précipita le premier, fut accueilli par une canonnade bien dirigée qui l'obligea à rebrousser chemin. Latour - Maubourg, n'ayant point d'infanterie avec lui, ne pouvait engager d'affaire sérieuse; il se replia sur le gros de l'armée, après avoir laissé entre tes mains des kosaques plus de 3oo prisonniers. Le prince Bagration venait de recevoir la nouvelle qu'un détachement ennemi , sorti de Minsk , avait déjà paru à Swislocz, sur la Bérézina, à 4o werstes au-dessus de Bobrouisk, tandis que l'armée avait encore à parcourir plus de 120 werstes, de Sloutsk à Bobrouisk. Il était donc assez probable que Davoust réussirait à couper les Russes de cette forteresse et de la Bérézina. Cependant, comme c'était l'unique voie de retraite qui restât au prince Bagration , il dut se décider à se l'ouvrir à tout prix. L'armée fut partagée en deux ; le général Raéfifskoï, avec son corps et^guelques régiments de cavalerie et de
228 CAMPAGNE DE l8l2.
kosaques, prit les devants pour attaquer l'ennemi, clan$ le cas où il le rencontrerait avant d'arriver à Bobrouisk. Comme il s'agissait de s'ouvrir le passage l'épée à la main, il lui fut prescrit de n'avoir égard ni au nombre des ennemis, ni à la position qu'ils pouvaient occuper. Le prince lui-même demeura avec le 8^ corps et les cuirassiers, afin de soutenir l'arrière-garde de Platof contre les efforts du roi de Westphalie. Le 2 , Raéffskoï se mit en marche et vint à Werkhoutin, sur l'Oréssa. Le 3, il se porta à Glousk^le même jour, le prince quitta Sloutsk I et vint à Oureczié. Le 4 ^ il se porta à Glousk, 1 et le 5, à Gorbaczewiczi. Le 6, toute l'armée bij vouajjua sous les remparts de Bobrouisk , sans avoir rencontré aucun obstacle dans sa marche jusqu'à cette place.
Les ennemis n'avaient suivi l'arrière-garde que jusqu'à Oureczié, d'où ils prirent une autre direction. Napoléon , mécontent de la p oursuite molle de son frère lui ôta le commandement de l'armée , et mit les corps de Junot etHe Poniatowski , ainsi que celui de cavalerie de Latour- Maubourg, sous les ordres du maréchal Davoust , qui les attira à soi. Les deux derniers se portèrent sur Igoumen , et de là vers Mohilew , et celui de Junot prit la' grande route de Neswige