‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 112 sur 181 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

la petite Bérézina dans le Dnieper; le corps de ) Junot, à Orcha et celui de Poniatowski à Mohi- \ lew. Le corps de cavalerie de Latour-Maubourg demeura près de la Bérézina pour observer la place de Bobrouïsk et le corps de Mozyr.

Les événements qui signalèrent cette première période de la campagne font plus d'honneur aux russes qu'à l'empereur Napoléon. Les premiers, dispersés sur une ligne étendue , semblaient de* voir être écrasés par la masse infiniment supérieure que les ennemis dirigèrent contre eux; cependant nous voyons qu'en dernier résultat, ils réussirent à effectuer à Smolensk la concentration générale de leurs forces sans avoir éprouvé de perte notable. Des mouvements bien concertés et soutenus par l'inébranlable constance des troupes, mirent les deux généraux en chef en état de déjouer tous les projets de l'ennemi. Le prince Bagration surtout se trouva plus d'une fois dans la position la plus embarrassante, et il s'en tira avec une sagesse digne des plus grands éloges. U faut observer aussi que les fautes de l'empereur des Français contribuèrent beaucoup aux succès des opéra^ tions des Russes. Il semble que Napoléon avait entièrement perdu de vue que la route directe de

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Wilna à Smolensk devait être sa principale ligne d'opérations. En suivant en masse celte ligne, il eût facilement réussi à dépasser la gauche de l'armée de Barklay et la droite de celle de Bagration , et dès lors il eût pu avec avantage se rabattre sur l'une ou l'autre de ces armées , ou même , vu sa grande supériorité en nombre , sur les deux à la fois, afin de rejeter la a® sur les marais du Pripet, et la i"sur la mer Baltique. Mais, pour opérer de cette façon , il fallait de la vigueur et de la résolution , et , au contraire , Napoléon , apparemment effrayé lui-même de la grandeur de l'entreprise qu'il avait conçue, agît avec une timidité qui dévoilait son incertitude sur la réussite (i).

(i) Il est certain que Napoléon fut loin de montrer, dans ces circonstances, la vigueur et l'activité qu'il déploya à Ratisbonne eh 1809, à Ulm en i8o5, etc.; mais l'auteur oublie ici l'effrayante difficulté des vivres et des chemins, l'énorme perte d'hommes et de chevaux qui avait résulté des premières marches forcées sur Wilna. Cette capitale et toute la Lithuanie était transformée en un vaste hôpital; il faut l'avoir vu pour s'en former une idée. A la vérité , ce n'est pas en restant en place qu'on peut remédier à de tels inconvénients, surtout lorsqu'il n'y a pas d'arrivage à espérer des derrières. Les immenses magasins formés à Dantzig et à Konigsberg ne servaient de rien à Minsk et à Gloubokoé, et comme ils étaient trop loin pour concourir à l'établissement d'un service régulier immédiat , il eût mieux valu marcher vivement qu'avec tant de circonspection.

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