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bientôt la tête de la colonne et fit plier les dra- ( gons de Kharkow. Le général Néwérofskoï les recueillit entre ses colonnes, qu'il réunit en carré plein. Dans cet ordre , il continua sa retraite vers Smolensk, à travers de vastes plaines très-favorables aux manœuvres de la cavalerie ennemie. 1 Fort heureusement la grande route de Krasnoï à Smolensk est bordée de deux rangs d'arbres. Cette circonstance , qui semblerait peu signifiante en elle-même, fut d'une grande utilité pour les Russes , qui en profitèrent avec succès pour se couvrir contre des attaques réitérées.
Eu vain la cavalerie fi^ançaise fit-elle les plus grands efforts pour entamer ce petit corps , elle ne put y réussir, et l'infanterie russe, toujours combattant et repoussant l'ennemi, résista avec \ une fermeté digne des plus grands éloges. Vers \ le soir, les Français cessèrent leur poursuite, et i NéwérofsKoï s'arrêta à Korytnia, où il passa la ; nuit. La retraite difficile qu'il exécuta lui fait ' d'autant plus d'honneur , que les troupes qu'il avait avec lui étaient de nouvelles levées et voyaient le feu pour la première fois. A la vérité , il perdit dans cette occasion 5 canons et près de i,5oo hommes hors de combat; mais il réussit à conserver le gros de sa troupe, au milieu de dangers si grands qu'un général moins ferme n'aurait point manqué de mettre bas les armes.
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i ^ Enfin , les deux généraux en chef russes com-
^^ mencèrent à avoir des inquiétudes pour leur
^ ' ' gauche. Le prince Bagration, informé du passage du Dnieper par l'armée française , jugea que le corps de Né wérofskoï, isolé au milieu des masses que l'ennemi allait porter contre lui , était fortement compromis , et il donna ordre au général Raéffskoî ^^ui venait de se mettre en marc he de SmolenskyersNadwa, de retourner à Sm olensk , et de se porter ensuite par la rive gauche du Dnieper sur Rrasnoï,pour recueillir Néwérofskoï. Le prince lui-même, le 3 au soir, vint à Katann, où il fit jeter un pont dans l'intention d'y passer le Dnieper, pour venir défendre la route de Krasnoï à Smolensk, conjointement avec les corps de Raéffskoî et de Néwérofskoï. Le corps de Doktorof remplaça à Nadwa la 2® armée, et Platof, renforcé par le i®^ régiment de chasseurs et celui de dragons de Courlande , reçut l'ordre de poursuivre , par Jélisseïewo , l'arrière-garde des Français; le comte Pahlen dut le suivre pour lui servir de soutien.
Dans la même journée du 3, Napoléon continua son mouvement vers Smolensk, et prit son quartier-général à Korytnia. Son armée fut concentrée entre ce village et Loubnia, occupée par '\ le maréchal Ney . Le vice-roi, renforcé de la divi-
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sion Dombrowski, du corps de Poniatowski, demeura à Siniaki pour surveiller le cours du Dnieper, et couvrir les derrières de l'armée française. La division Néwérofskoï, qui avait quitté Korytnia de grand matin , rencontra le corps de Raéffskoï à six verstes de Smolensk. Ce dernier général se sentant hors d'état de se soutenir en campagne contre les forces prodigieuses de l'en* nemi , se détermina à rentrer à Smolensk , et à ; défendre cette ville jusqu'à la dernière extré- | mité , afin de donner le temps aux armées russes \ d'accourir à son secours. Quatre régiments de ) kosaques, qu'il avait avec lui , furent détachés à firauche, sous les ordres du colonel Syssoïefî, pour surveiller les routes de Jélnia et de Raslavsrl.
Le prince Bagration n'avait formé le projet de traverser le Dnieper à Katann , que sur la supposition que l'ennemi n'avait fait passer le fleuve qu'à une partie de son armée ; mais ayant appris que Napoléon avec toutes ses forces était aux environs de Korytnia, il se détermina à marcher aussitôt par la rive droite à Smolensk , afin de donner du secours au général Raéfskoï, qui ne pouvait manquer d'être vivement pressé. Dans la nuit du 3 au 4 9 le pont de Katann fiit ruiné; et le 4^ à la pointe du jour, la 2* armée se mit en marche sur Smolensk. La I. 17
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i'* armée se porta aussi sur cette ville en cleux colonnes. Celle de gauche, commandée par le lieutenant- généoftl Touczkof , et composée des a® et 4^ corps et du i^^ de cavalerie, se dirigea par Wortikowo , Négodiaéwo, Loutcha , Lawrowo, Joukowo et Pokarnowo; celle de droite, aux ordres du ^and-duc Constantin, et composée des y et 5® corps et du a® de cavalerie, par Débritsa , ft'ikaz-Wydra et Chélomets. Le général Doktorof , avec son corps , se porta de Nadwa par Czabourg et Rakitnia. Le comte Pahlen se replia jusqu'à^ Prika?i-Wydra. Le détachement de Kasplia suivit la marche de la colonne de gauche. Lp général Raéffskoï , de son côté , se préparait ^^ *^ f à défendre Smolensk, avec les i6 mille hommes qu'il avait à ses ordres. Cette ville , située sur le versant des hauteurs de la rive gauche du Dnieper, était environnée d'un mur en maçonnerie
de briques de a 5 pied§.(le hauteur, de i8 d'épais- 11 seur , et de plus de 7 werstes de circpnférence. Cette enceinte, dégradée dans plusieurs endroits, était garnie de trente tours , dont quelques-unes menaçaient ruine, tandis que d'autres, transformées en petits bastions à la moderne armés d'artillerie, présentaient quelques feux flanquants. Un fossé sec , au-delà duquel régnaient un che- j min couvert et un glacis, couvrait le mur; mais |