CHAPITRE IV. aSg
le fossé , d'ailleurs trop peu profond , n'était point flanqué , et le chemin couvert ïi'ayant point de communication assurée avec le corps de la place , ne pouvait être défendu efficacement. A l'ouest de la ville , et sur la hauteur la plus élevée , se trouvait un grand ouvrage en terre, de forme irrégulière , que l'on nommait Bastion royal , et qui servait de petite citadelle ; quoique d'un tracé plus moderne que l'enceinte de briques, cette prétendue citadelle ne la valait pas; son relief en terre était si misérable en quelques endroits qu'on pouvait le gravir. La ville avait trois portes , | l'une du côté du fleuve , les deux autres , nom- \ mées Malakhofskïa et Nicolskïa, étaient du côté \ de la campagne. Devant la porte Malakhofskïa ; se réunissaient les routes de Kralsnoï , de Mstislawl ■ et de Roslawl. L'on communiquait avec la rive / droite par un pont auquel venaient aboutir les routes de Pétersbourg et de Moscou , et qui était couvert par un ouvrage à couronne en terre, assez régulier, mais commandé par les hauteurs de la rive droite. La proximité des faubourgs augmentait les inconvénients de la défense, en donnant aux ennemis la faculté de s'approcher à couvert jusqu'au pied du glacis. Cependant, malgré toutes ces défectuosités, la place était en état de se soutenir avec succès contre un ^
CAMPA.GNE DE l8l2.
coup de main , et devait coûter beaucoup de monde à Napoléon qui, ne pouvant s'astreindre aux longueurs d'un siège en règle , se trouvait obligé de tâcher de l'emporter d'emblée.
Le 4 î à huitJifiMês du matin , le roi de Naples
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Une heure après , Napoléon , de sa personne , rejoignit ces troupes et fit tout de suite donner l'assaut au bastion royal. Cette attaque , exécutée par le corps de Ney, fut repoussée, et les ennemis y éprouvèrent une assez grande perte. A lo heures, le prince Bagration arriva avec son armée près du faubourg de Pétersbourg , et voyant la grande supériorité de forces que l'ennemi déployait contre la ville, il renforça le général Raéffskoï par la division des grenadiers du prince Charles de Mecklenbourg. Le combat se soutint durant toute la journée par une canonnade réciproque ; les Français essayèrent même , à plusieurs reprises , de renouveler les attaques , qui cependant furent toutes infructueuses.
Pendant ce temps , les différents corps se rapprochaient des deux côtés du point attaqué.
(Voyez pi. IV). L'armée française se déploya vers le soir en face de la ville , sur les hauteurs de la rive gauche. Le corps de Ney ayant deux divisions en première ligne , et la troisième en