CHAPITRE IV
qui séparaient les touts , ne pouvait rien contre 16 pieds de profondeur en briques. Si l'on eût concentré ce feu contre les tours , qui étaient la moitié moins épaisses , il eût été beaucoup plus efficace. Vers les cinq heures du soir, leurs colonnes dirigèrent une attaque décisive contre la porte M alakhofskïa dont elles réussirent même à s'emparer momentanément ; mais les troupes des 3® et l\ divisions , animées par l'exemple de leurs valeureux chefs, les généraux Ronownitsyn et le prince Eugène de Wurtemberg, se précipitèrent sur les ennemis, et reprirent la porte disputée. Les ennemis, rechassés au-delà du chemin ' couvert , eurent de nouveau recours à leurs batteries. Le général comte Sorbier en plaça deux d'enfilacte contre le chemin couvert, qui obligérent les Russes à l'évacuer , tandis que d'autres batteries d'obusiers les forçaient d'abandonner les tours , et mettaient le feu aux maisons de la ville , qui , recouvertes en bois, s'embrasaient facilement. Les Russes , qui défendaient les murs , \ placés entre les corps ennemis et les flammes de 1 l'incendie, déployèrent la plus rare intrépidité / en conservant leur poste; toutes les attaques que ' les Français renouvelèrent vers les sept heures furent repoussées comme la première fois. Cependant, à leur gauche, les ennemis réussirent à
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s*emparer, vers la fin de la journée, du faubourg j de Krasnoï; mais les 3o* et 48* régiments de chasseurs de la division Olsouffieff du corps de Baggowouth, auxquels le général en chef fit passer le Dnieper pour soutenir les bataillons de la division Likhaczeff débusqués du faubourg, en expulsèrent de nouveau les Français , et les rejetèrent dans la campagne. A neuf heures, la canonnade se calma sur tous les points. Le général Doktorof demeura maître de la ville, et ses postes avancés réoccupèrent le chemin couvert.
Les combats livrés devant Smolensk coûtèrent I aux ennemis près de 20,000 hommes hors de j ligne. Ils eurent en outre le général Grabowski [tué, et les généraux Grandeau , Dalton etZaïonc- ! zek , blessés. La perte des Russes fut aussi considérable , surtout à la journée du 5, où ils s opiniâtrèrent à soutenir les dehors de la place. ^Dans cette seule journée , ils eurent près de 6,000 hommes hors de combat. Les généraux-majors Skalon et Balla y furent tués. La défense de Smolensk fut d'autant plus honorable pour le général Doktorof, que même en y comprenant la division du prince Eugène de Wurtemberg, et les 3o^ et 48^ régiments de chasseurs qui le rejoignirent plus tard, il n'avait qu'environ 3o mille