‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 128 sur 181 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

troupes luttant dans la vallée. Le régiment de» grenadiers de Ekaterinoslaw fut destiné à renforcer la droite, et les régiments de Pernau et I v de Polcftsk, avec une compagnie d'artillerie à |, ^ cheval , se dirigèrent vers la gauche, pour donner un point d'appui à la cavalerie placée sur cette aile. Le i^^ corps de cavalerie reçut ordre de se déployer sur les hauteurs, en avant de Doukhowskoïé , à la gauche du régiment d'infanterie de Kexholm^ demeuré le seul de tout le 4^ corps, en réserve près de l'emplacement du village de • Loukanowo. Les régiments de grenadiers dçj , Pawlowsk, de Tauride et de Saint-Pétersbourg, j formèrent la dernière réserve près de Loubino. V

Les renforts dont nous venons de parler arri- ^ vèrent fort à propos. Les troupes qui occupaient la vallée, obligées de céder à la vigoureuse attaque d'un ennemi trop supérieur en nombre, avaient été culbutées; le centre allait être percé, et la bataille immanquablement perdue, lorsque le général Konownitsyn parut à la tête de ses trois régiments; il se précipita à l'instant sur les ennemis, les renversa à la baïonnette, leur fit éprouver une grande perte, et rétablit le combat en les expulsant du vallon.

Vers les sept heures, le général Baggowouth arriva avec son corps. Les quatre régiments de la

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division Olsoufieff furent dirigés sur la position où ils se placèrent derrière les régiments de £katerinbourg , de Jélets , et des grenadiers du corps qui avaient beaucoup souffert par suite du combat qu'ils soutenaient depuis le matin. La division du prince Eugène de Wurtemberg fut postée en réserve derrière la droite. La batterie de la grande route fut relevée par la compagnie d'artillerie de position du colonel Woïéïkof. Quelque temps après , l'arrière - garde de Korf se réunit aussi à l'armée , et fut placée à la droite de la division du prince Eugène de Wurtemberg , sa droite en arrière du bois de Tyczinino.

Pendant que ces choses se passaient au centre et à la droite , à la gauche de belles charges ^ exécutées à plusieurs reprises par les 26 escadrons du comte Orlof-Dénissof , portaient l'épouvante dans la nombreuse cavalerie du roi de Naples , et l'obligeaient à se replier vers Goumniczino , d'où elle se borna à entretenir le combat par une canonnade.

Le mauvais succès des attaques précédentes n'avait point découragé le maréchal Ney; il fit de nouveaux efforts pour s'emparer de la batterie et de la hauteur de la grande route , mais \ il ne fut pas plus heureux qu'auparavant, et la i courageuse résistance des Russes fit encore une

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fois échouerses projets. Enfin, vers les neuf heures, la division Gudin , après avoir traversé la petite rivière de Stragan, à la faveur de Fobscurité, s'élança avec fureur sur la droite des Russes , et s'approcha jusqu'à la demi -portée de mitraille de leur batterie de droite. Le général - major Touczkof se mit à la tête du régiment de Ekaterinoslaw grenadiers, et chargea les ennemis à la baïonnette; il fut suivi par le général Olsoufieff avec les régiments de sa division. La division Gudin fut culbutée, et dut repasser le Stragan après avoir éprouvé une grande perte ; mais le général-major Touczkof s'étant trop exposé fut fait prisonnier. Cette tentative fut le dernier effort des Français , et bientôt après le feu cessa sur toute la ligne.

Le combat, dont nous venons de rendre compte j peilt être considéré, à juste titre, comme un chef-d'œuvre de fermeté de la part des troupes russes. Pour le prouver, il suffit de présenter le calcul exact du nombre de l'infanterie engagée des deux parts. Les 48 bataillons des trois divisions de Ney , ne pouvaient présenter un total de moins de 2 5 mille hommes; la division Gudin, forte de 18 bataillons, comptait plus de 10 mille combattants; ainsi la force de l'infanterie des ennemis , engagée à la fin du combat , s'élevait

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à plus de 35 mille hommes (i). Du côté des Russes , le général-major Touczkof n'avait commencé l'affai re qu'avec 2 ,4qo hommes d'infanterie ; et c'est avec cette poignëe qu'il eut la gloire de soutenir les premiers efforts de l'ennemi, depuis dix heures du matin jusq u'à tr ois heures de j'après-rnidiTLeprEmier renfort qu'il reçut, com-

V ' posé des deux régiments de grenadiers , envoyés

par le lieutenant-général Touczkof, était de 2,200 hommes. Le second renfort qu'il trouva, après s'être replié derrière le Stragan , était de 2,000 hommes d'infanterie. Le troisième, composé de 4,5oo hommes, fut celui que le général Barklay attira au champ de bataille pour arrêter les efforts de Ney , qui venait d'être joint par Gudin ; enfin , les quatre régiments de la division Olsoufieff , forts de 4? 100 hommes, formèrent le quatrième et dernier renfort. L'on voit , par ce calcul dont il est impossible de révoquer en doute l'authenticité , que la force totale de l'infanterie russe , à la fin du combat, était de i5,200 hommes sous les armes, et par conséquent de plus de la moitié inférieure à celle des ennemis. L'infanterie russe,

(i) A ceUe époque, Gudin n'avait pas plus de 8 mille hommes, et le reste de l'évaluation peut être calculé à proportion. (Éditeur.)

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