‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 131 sur 181 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

l'expédition qu'au printemps prochain il aurait dirigé contre Moscou ; mais ce plan , tracé p*ar une prudence trop voisine de la timidité, ne ] pouvait convenir à l'humeur impétueuse de l'em- / pereur des Français, qui, voyant les armées/ russes en pleine retraite sur Moscou, crut devoir \ les pousser jusqu'au-delà de cette capitale , où il espérait conquérir la paix la plus glorieuse et la plus utile à ses projets ultérieurs. Blâmer cette détermination, serait s'exposer à être taxé avec justice de ne juger qu'après l'événement. Comment, en effet, aurait-on pu sérieusement conseiller à Napoléon de s'arrêter au milieu de ses succès, en se refusant à la perspective de ceux plus brillants encore qui s'offraient à lui; et s'il avait suivi cet avis , l'histoire n'aurait-elle pas été en droit de lui adresser le même reproche que celui de Maharbal , qui , depuis plus de deux mille ans , pèse sur la mémoire d'Annibal ? 11 ne faut point perdre de vue surtout que Napoléon ne pouvait ignorer les armements intérieurs des Rus- . ses , et que conséquemment son premier devoir était d'agir avec vigueur afin de les prévenir (i).

(i) Depuis que cet ouvrage a été imprimé en Russie, j'ai appris que Napoléon, en partant de Wilna, n*avait point le projet de pousser à Moscou. Dans un dîner où I. 19

i2if)0 CAMPAGNE DE l8l2.

L'empereur des Français décidé à s'abandonner à sa fortune, partit le 1 1 de Smolensl, avec ses gardes, pour rejoindre les corps de Davoust, > de Ney , de Poniatowski et de Junot , et la cavalerie du roi de Naples rassemblés devaYit Ouswiatié. La division Pino, du 4* corps y-et la division de cavalerie légère de Pajol, du corps de Montbrun , avaient été détachées dès le 9 pour Witebsk , menacé par le détachement du général Wintzingerode. Ces deux divisions se portèrent d'abord à Liosna, où ayant appris que le général Wintzingerode était à Sourage , elles marchèrent sur cette ville; mais arrivées à Janowiczi, elles

' il invita le général Jomini e^tprès pour lui faire prendre note de ce qu'il disait, il plaisanta un peu les députés de

' Varsovie, notamment Wibicki. Il lui demanda combien il y avait de Wilna à Moscou ( ce qu'il savait mieux que personne ) ; si Ton ne pouvait pas y aller en quarante marches ou six semaines." La réponse ordinaire, « Oui Sire, » le fit rire aux éclats , et il dit ensuite d'un air solennel : « J'aime mieux y aller en deux ans. Si ces messieurs espèrent « me faire courir au fond de leur empire , ils se trompent ; . « je m'arrêterai vers Smolensk et Witebsk , où j'attendrai mes approvisionnements, mes renforts, etc. etc. » On ne sait si l'on doit attribuer le changement de sa résolution à l'impossibilité de faire vivre une armée stationnaire, dans un pays dévasté, ou aux rapports du roi de Naples, qui lui présentaient l'armée russe comme prête à se débander.

(L'auteur.)

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reçurent l'ordre de rejoindre l'armée , ce qu'elles ne purent exécuter qu'après la bataille de Borodino. La division Dombrowski, du 5® corps ^ reçut l'ordre de rétrograder sur Bobrouïsk , afin de remplacer le corps de cavalerie de Latour- Maubourg, qui devait se réunir à l'armée, après avoir laissé douze escadrons au général Dombrow* ski. Le vice -roi, avec le reste de son corps, marcha le 1 1 deSmolensk àWolodimérowo,avec l'intention de chasser les Russes de Doukhowtchina. Il était précédé par le corps de cavalerie de Grouchy.

La cavalerie du roi de Naples, arrivée à Ouswiatié sur les traces du général Platof , exécuta une reconnaissance contre la position des Russes, et fit mine de vouloir toiu'ner leur gauche. Le prince Bagration, craignant de voir les deux ar- | *r^ mées coupées de Dorogobouge, et rejetées dans \ -**! l'angle formé par l'Ougea et le Dnieper, fit décider le général Barklay à abandonner cette position pour en chercher une plus avantageuse vers Wiazma. Dans la nuit du 11 au 1 2 , les deux armées se mirent en retraite. LiWeuxième vint à Bragino,et la première à Dorogobouge; le corps de Baggowouth se posta à la rive droite du Dnieper, et le détachement du comte Siewers rejoignit le prince Bagration.

291 CAMPAGNE DE l8l2.

Le la, le vice-roi allait continueir sa ïïiàrche sur Doukhowtchina; mais ayant été informé par le général Grouiihy que les Russes avaient évacué cette ville, il se dirigea sur Dorogobouge par les chemins de traverse delà rive droite du Dnieper, et arriva à Pologui. Le même jour, vers le soir, Farrière-garde du général Rosen reçut du général Platof l'ordre de se replier jusqu'à une position, à sept werstes eii avant de Dorogobouge.

Dans là nuit du 1 2 au 1 3 , les la^mées russes se remirent en marche sur trois colonites. Celle de droite, formée par la deuxième armée, vint à Bojan; celle du centre, composée des 3% 4% 5® et 6^ corps, et de toute l'artillerie de réserve, se porta à Czobotowo; la colonne de gauche, composée du 2* corps, du i®' de cavalerie, et de trois régiments de kosaques, marcha à Ronouchkino. Le pays, depuis Dorogobouge juisqu'à Wiazma, étant plus découvert que «elui de Dorogobouge à Solowiéwo, les 2^ et 3* corps de cavalerie furent laissés en arrière potfi^ servir de soutien à l'arrière-garde , "dont les troupes régulières se r^ièrent derrière l'Ossma.

Le 1 3, le vice-roi s'avança jusqu'à Zàsiélé, où il se réunit au général Grouchy. Napoléon avec l'armée poussa jusqu'à Dorogobouge , et le corps de Poniatowski, détaché plus à droite, vint à Woloczok.

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