‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 130 sur 181 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

rêter sur la rive droite de l'Ougea , près d'Ouswiatié , où la position lui parut assez favorable pour recevoir la bataille. Il envoya en même temps Tordre au général Miloradowicb , qui formait de nouvelles troupes à Kalou£;a, à Mojaïsk et à Wolokolamsk, de se hâter d'arriver à Wiazma avec ceux de ses bataillons et escadrons qu'il aurait eu le temps d'armer. Ce corps devait servir à remplacer les pertes que l'on aurait es* suyées dans la bataille.

Le 10, le quartier-général de la i^^ armée fut porté à Andréïéwka , derrière les lignes du camp. A la pointe du jour, l'ennemi commença à construire des ponts sur le Dnieper , sous la protection de ses batteries et de ses tirailleurs. Le comte Platof donna ordre au général Rosen de se replier jusqu'à Mikhalewka , avec l'infanterie et la cavalerie régulière de l'arrière-garde. La position de^ ikhalewka se trouvant assez avantageuse, le général Rosen s y établit. A ouçitre heures après-midi les kosaques attirèrent l'ennemi sur la position, où unit accueilli par des tirailleurs et par les coups ée batteries masquées. Lé combat devint opiniâtre et dura jusqu'à minuit. Sept bataillons de chasseurs russes , soutenus par une batterie de vingt pièces de canons, réussirent à neutraliser tous les efforts de l'ennemi.

a88 CAMPAGNE DE l8l2.

La 2® armée revint le 1 1 de Dorogobouge , et prit poste à la gauche de la i'"®; le comte Siewers fut laissé avec un gros détachement de cavalerie et d'infanterie à Dorogobouge , sur la droite du Dnieper , pour surveiller cette rive. A midi , le général Rosen arriva à Ouswiatié, et vers le soir Platof , avec ses kosaques, se rapprocha aussi de ce village.

Cependant l'armée française commençait à se ressentir des marches fatigantes qu'elle avait exécutées. La cavalerie surtout souffrait infiniment, et ses chevaux ruinés n'avançaient plus qu'avec peine; ceux de l'artillerie n'étaient guère en meilleur état. Ces raisons faisaient croire assez généralement que Napoléon ne dépasserait point Smolensk , mais qu'il consacrerait le reste de la campagne à se raffermir en Pologne, et à assurer ses derrières en chassant l'armée de Tormassof de la Wolhynie; expulsion qu'il pouvait décider en dirigeant un gros corps de Smolensk sur Mozyr, afin de culbuter le corps du I général Ertell, et de menacer les communications du général Tormassof avec Kiew et le bas Dnieper. Maître alors de toutes les provinces de l'ancienne Pologne, il aurait pu réorganiser ce royaume, et en tirer pendant l'hiver tous les moyens nécessaires poun assurer le succès de

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