‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 143 sur 181 · CHAPITRE V. 3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 3l

Bagration, qui s'était aussi rendu de sa personne auprès des troupes engagées , ordonna aux gre^» nadiers de réattaquer la redoute. Deux colonnes ennemies s'avancèrent avec résolution pour prendre en flanc celle des grenadiers; mais elles furent chÉjrgées et culbutées par les régiments de cuirassiers de la Petite-Russie et de Gl outcho w , qui , ; poursuivant leurs avantages, enlevèrent même la batterie ennemie , placée en avant de Doronino, dont ils ne purent cependant emmener que cinq pièces : à la droite des Busses, les régiments de dragons de Kharkow et de Czernigow renversèrent aussi deux colonnes ennemies , qui de Fomkino filaient sur Doronino , et leur enlevèrentdeux pièces de canon. A la faveur de ces charges de cavalerie, les grenadiers réussirent à s'emparer de la redoute , où ils détruisirent un bataillon entier du 61^ de ligne. La redoute disputée, n'ayant été élevée que pour découvrir la direction des colonnes françaises pendant leur marche, il eût été d'autant plus înconvenable de s'opiniâtrer à soutenir ce poste , que son éloignement des lignes de l'armée ne permettait pas de le faire efficacement , et que d'ailleurs le prince Poniatowski, qui avait déjà dépassé Jélnia, se trouvait en mesure de le tourner par sa gauche. En conséquence le prince Koutousof envoya l'ordre d'abandonner

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la redoute , et de faire rentrer les troupes qui s'y trouvaient employées dans les lignes de l'armée. Cet ordre étant parvenu au prince Bagration à dix heures du soir , il se mit sur-le-champ en devoir de l'exécuter. A peine les troupes russes eurent-elles évacué la redoute , que de nouvejles colonnes françaises se présentèrent pour l'attaquer de rechef. Elles n'eurent plus de peine à s'y loger, les Russes continuèrent leur retraite j^ I sans être inquiétés. La perte des Français , dans ij^ / I ce combat, monta à plus de mille hommes hors Ir / . 1 de ligne ; celle des Russes ne fut pas moins con-

■'' * sidérable.

^^ Le aS, l'armée française prit la position sui-

^\ ^ vante :1e roi de Naples, avec ses quatre corps ' -Tt \V \ de cavalerie , se posta dans une clairière , à la ,liV^^i>- droite de la redoute abandonnée; les divisions ^rH^ ^' i Compans , Priant et Desaix , du corps de Davoust , iVy'^ furent placées entre les villages de Fomkino, * vv ' * Aleksinki et Doronino, sur le champ de bataille de la veille; les divisions Girard et Morand, du même corps, demeurèrent à la gauche de la Kolocza, en avant du village Walouïéwo; le viceroi, avec la garde italienne, les divisions Delzons et Broussier, et la cavalerie du général Guy on, se plaça à gauche de la grande route , en face du village de Borodino, ayant sa cavalerie au-delà

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