CHAPITRE V. 3l
du ruisseau de Woïna; la garde impériale bivouaqua entre Walouïevo et Ratowo ^ derrière elle , sur la grande route vers le village de Golowino
se trouvaient les corps de Ney et de Junot; le prince Poniatowski avec le sien s'arrêta derrière le grand bois à la droite de la Kolocza , en avant du village de Rykaczewo. Napoléon prit son quartier à Walouïéwo. La journée se passa du coté des Français en reconnaissances protégées par une vive fusillade de leurs tirailleurs contre les nôtres.
L'çmpereur Napoléon, ayant reconnu que la gauche de l'armée russe était la partie la plus faible de la position, résolut d^attaquer par sa droite en refusant sa gauche. Cette détermination était d'ailleurs motivée par les principes stratégiques, qui indiquaient le point d'attaque contre la gauche des Russes comme le plus décisif, puisque des avantages prononcés sur ce point devaient obliger ceux-ci à une retraite précipitée, afiû d'éviter le malheur de voir leur armée, rejetée sur la Moskwa, hors de toute communication avec Moscou et les provinces du midi. Il ne dépendait aussi que de Napoléon de forcer les Russes à évacuer sans combat leur position ; il n'avait pour cela qu'à manœuvrer par sa droite, en menaçant leurs communications avec Mojaïsk
3l6 CAMPAGNE DE l8ia.
et Moscou. Mais ces manœuvres n'auraient fait que prolonger la guerre , tandis qu'il se flattait de pulvériser l'armée de Koutousof d'un seul coup frappé avec vigueur, et d'obtenir ensuite du découragement des Russes une paix aussi, prompte que glorieuse.
Le plan d'attaque par la droite étant arrêté , vers le soir les corps français se mirent en mouvement pour occuper les places qui leur étaient réservées dans Tordre de bataille. (Voyez pi. VI.) Le corps de Poniatowski destiné à tourner la gauche des Russes , se posta en arrière de la cavalerie du roi de Naples , demeuré avec trois de ses corps dans sa première position. I^e maréchal Davoust, qui devait assaillir l'extrême gauche avec les divisions Compans, Desaix et Priant, s'établit entre Chewardino et le bois qui s'étend vers Outitsa. Le maréchal Ney, qui,, avec son corps et celui de Junot , avait ordre d'attaquer entre la gauche et le centre, s'étendit de Chewardino à Aleksinka , ayant le 3® corps en première ligne et le 8^ en seconde.
Le vice-roi avec son corps , celui de cavalerie de
-.. ... . —^fc-.. ^. , — ...j..-' .-.-■ .- ■ •-*^
Grouchy , et les divisions Girard et Morand du i®^ corps, devait contenir le centre et la droite des Russes et former la gauche des Français, à la gjauche de la Kolocza. Comme cette aile pou-