‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 149 sur 181 · CHAPITRE V. 3a · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 3a

du terrein qui entravait sa marche ; ses colonnes , après avoir passé à travers un bois touffu et des broussailles où l'on ne trouvait pas même de sentier, devaient se reformer ensuite en colonnes d'attaque presque à portée de mitraille des^atteries russes : aussi les têtes des divisions Compans et Desaix, foudroyées par le feu de ces batteries et des chasseurs répandus dans le bois , furent à plusieurs reprises ramenées dans le taillis; le général Compans y fut blessé, et le maréchal Davoust lui-même eut son cheval tué sous lui et reçut une contusion, ce qui ne l'empécha pas de rester à la tête de ses troupes.

A sept heures, lejplan d'attaque des ennemis reçut tout son développement. Le maréchal Ney se mit en marche, et se porta à la gauche de . Davoust, sous la protection de la grande bat-'X^) y terie établie près de Chewardino. La dfvîsion Ledru ouvrait la marche : elle était formée en colonne d'attaque, ayant son dernier régiment en colonne par bataillons déployés à distance de division, prêt à former le carré et à servir f\ de réserve ; les divisions Ma rchand ait JRfiizout . la Suivaient successivement. Le corps de Junot,\A?4u|^ qui, pour la bataille, avait aussi été mis à) y* la disposition de Ney , fut déployé sur deux \ ligues 5 en arrière du 3^ corps. Le roi de Na^ .

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pies mit aussi en mouvement sa , cavalerie ; le |Corps dejfansputj: §ç, porta^dem de

inDavoust; Montbrun fut destinéjt agpuyer l'at- ^ I Taque de Ney, et Latour-Maubourg mardia en /^'^ [1 réserve au centre , prêt à appuyer au besoin les ^/ ' deux premiers. Le vice-roi , après avoir confié la défense de Borodind a" la division Delzo ns , passa lui '•même la Kolocza avec les d ivisions Morand, Gérard et Broussier, et le corps de Grouchy, sur quatre ponts que le général Poitevin avait jetés pendant la nuit entre Borodino et Aleksinki. Le général Ornano, avec une division de cavalerie légère , resta en observation à la gauche, au-delà de la Woïna, vers Zakharcïno et Novoïé. Napoléon se posta près de la redoute disputée le 24 , seyant la jeune garde et la cavalerie de la garde devant lui, et la vieille garde en arrière.

Le prince Bagration apercevant q^i^^i^Çl,

: nemi déployait devant sa gauche une supériorité de forces , à laquelle les divisions du com te Woronzof et de Néwerofskoï auraient pu difficilement opposer une résistance ef ficace, donna ordre au général Touc zkof de diriger ^ur-le- ^ champ à leur soutien la division Konowni tsyn > Il ordonna en même temps à la division des cuirassiers de Douka de passer le ruisseau de Se-

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ménowskoïé , et de s'avancer dans la petite plaine située à la gauche du village de ce nom. Kou- tousof, lui-même, sentit la nécessité de renforcer davantage la gauche , visiblement menacée par la masse des forces ennemies. Il tira sur-lechamp de la réserve , les régiments de cuirassiers de Tempereur, de l'impératrice et d'Astrakhan , avec huit pièces d'artillerie à cheval de la garde , et les dirigea vers la gauche de Séménowskoïé , où ils se postèrent derrière la ^^ division de cuirassiers. Ce premier renfort fut suivi < / par les régiments Ismaïlowskoï et de Lithuanie^i de l'infantme de la garde, par la brigade des \ grenadiers réunis annexée au 5^ corps, et les : compagnies d'artillerie de position de son altesse impériale , et du comte Arakczéïef.

Le prince Koutousof, voyant aussi qu'il pouvait sans danger dégarnir sa droite , qui n'avait devant elle que de faibles détachements, donna ordre au quartier-maître-général ToU de porter rapidement tout le corps de Baggowouth de la droite à la gauche. En attendant l'arrivée de ce corps , la gauche fat fortifiée par de nombreuses batteries fournies par l'artillerie de la réserve. Cette cumulation de forces sur im seul point prouve clairement que les deux partis avaient parfaitement senti que les bau-

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teurs de Séménowskoïé étaient la clef de la position.

, ' ~ Les ennemis, résolus d'en venir à une attaque formelle, firent déboucher du bois des colonnes nombreuses , formées par les divisions Compans Desaix et Ledru , qui se portèrent sur les ouvrages établis en avant de Séménowskoïé. L'infanterie et Tartillerie russes , après les avoir laissé avancer jusqu'à portée de mitraille, les accueillit par un feu terrible, qui cependant ne put arrêter leur mouvement. Elles se jetèrent avec autant d'audace que d'impétuosité dans les intervalles des ouvrages, et essayèrent de les tourner par la gorge; les Français réussirent même à s'emparer momentanément de la deuxième flèche, qui fiit enlevée par le 67® de

] ligne de la division Compans, tandis que le

j 24^ léger, de la division Ledru , y pénétrait d'un autre côté; mais les bataillons de grenadiers réunis du comte Woronzof , formés en colonnes

; serrées, et secondés par les régiments de la division Néweroffskoï , des cuirassiers de Douka, et du 4^ corps de cavalerie , chargèrent les ennemis à la baïonnette, les culbutèrent et en firent un grand carnage. Les Français ne purent remédier à ce désordre qu'en faisant soutenir la division Ledru par celle de Marchand , et par la

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