CHAPITRE V
L'attaque de Junot , quoique devenue infructueuse par elle-même, servit cependant à donner plus d'énergie à celle des Polonais. Le prince Poniatowski se voyant appuyé par sa gauche, fit avancer son corps, la droite en avant, pour emporter la batterie établie sur le mamelon auquel s'appuyait la gauche de la division des gre* nadiers du comte Strogonof. Ce poste était d'une importance d'autant plus majeure qu'il commandait tous les environs , et qu'en s'en rendant maître, l'ennemi se serait trouvé à portée de tourner entièrement la gauche du général Touczkof, qui n'aurait plus été en état de se maintenir sur la vieille route de Smolensk. Les colonnes ennemies attaquèrent avec ardeur, sous ia protection d'uiié Batterie de 4o pièces que le prince Poniatowski fit établir à la droite d'Outitsa. Le feu violent dje la batterie russe et la fusillade des régiments de grenadiers de S aint-P étersbourg et de Ékatérinoslaw , ne purent arrêter leur élan. Le mamelon fut emporté, jet les Polonais continuant leurs mouvements, menacèrent de prendre en flanc et à dos la division de grenadiers russes. Le général Touczkof sentant combien : ce moment était critique, se détermina à réunir tqus ses moyens pour reprendre le poste perdu. Pendant que lui-même, à la tête du régiment
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de Pawlowsk j arrêtait^rennemi , il le faisait attaquer par les généraux comte Strogonof et Olssôufief ; le premier, avec les régiments de Saint- ! Pétersbourg et de Ekatérinoslaw , soutenus par \ ceux des grenadiers du corps et du comte Arak- ! czéïefif , et le second avec les régiments de Will- ; manstrand et de Bélosérsk, appartenant au a* • corps, et qu'il venait d'amener syr ce point. Le comte Strogonof réussit à enlever de nouveau le mamelon qu'il fit couronner aussitôt par 6 pièces de 'position. Les ennemis , découragés par les pertes qu'ils venaient d'éprouver, se retirèrent à une bonne portée de canon du mamelon , et se bornèrent à entretenir une vive canonnade. \ Dans cette attaque , le général Touczkof , blessé mortellement, dut laisser le commandement à Olssoufief, jusqu'à l'arrivée du général Baggowouth , qui s'y rendit bientôt après.
La bataille durait depuis près de six heures. Les ennemis avaient déjà fait des sacrifices énormes, et cependant ils n'avaient pu parvenir à gagner un seul pouce de terrain sur la véritable position de l'armée russe. Napoléon impatienté , ordonna de nouveaux efforts. Le feu de l' ennem i , JLa V qui s'était ralenti vers midi, se ralluma avec une \J^ *| nouvelle vigueur. Les Français réunirent^plïïs^e ^ 400 pièces contre la gauche de la position ; et