‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 154 sur 181 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

SOUS la protection de ces formidables batteries , de fortes colonnes reparurent dans la plaine en avant des flèches. Les Russes , voyant que le choc décisif allait avoir lieu, approchèrent aussi leurs réserves , et mirent jusqu'à 3oo bouches à feu dans leurs batteries de la gauche. Le prince Kou- ,1^ f^ tousof ordonna même au général Miloradowich #%** ^/ de filer par sa gauche avec le corps d'Ostermann, ç'A^i^ et le a* de cavalerie , afin de servir de réserve A yîffil' au centre de l'armée. Il/ut ordonné en outre au bff , comte Platof avec ses kosaques, et au général ■/ / Ouvarof, avec le premier corps de cavalerie, de V*^ / "/-> passer la Kolocza à gué , au-dessous de Borodino , ^ ' et d'attaquer la gauche du vice-roi. Le but de ce mouvement était de distraire l'attention de l'ennemi de sa droite , en lui donnant des inquiétudes sur l'extrémité opposée.

Devant Séménowskoïé, le combat s'était engagé avec un acharnement sans égal. Sept cents bouches à feu , réunies sur un espace d'environ | cinq cents toises de développement, sillonnaient \ en tout sens la petite plaine située en avant de ce village , et vomissaient la mort sur les masses des défenseurs comme des assaillants. Dans ce terrible moment, de nombreuses colonnes ennemies tant infanterie que cavalerie , s'avancèrent avec une contenance assurée dans cette plaine T. a2

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fatale , où l'enfer semblait avoir déchaîné toutes ses fureurs. En vain les Russes se flattèrent d'arj rêter les assaillants , en dirigeant contre eux un feu des plus violents ! Les^colonnes de Ney, secondées de celles de Davôust , quoic[ue mitraillées cruellement , resserraient leurs rangs éclaircis par les ravages du canon et de la fusillade des Russes, et continuaient leur mouvement avec une cpnstance admirable. L'accroissement du danger ne faisait que redoubler l'ardeur et la bravoure du soldat français , foulant aux pieds les cadavres de ses camarades qui l'avaient précédé dans le chemin de la gloire , pour s'élancer avec fureur sur les flèches.

Le prince Bagration , voyant que l'enn emi ga -

,*''♦ î ^ ■ gïiait du terrain , ordonna à ses troupes de jnar-

/ . r cher à sa rencontre. Toute la ligne des colonnes

; de l'aile gauche des Russes s'ébranla au pas de

: charge, et vint croiser la baïonnette avec celle

'■. des ennemis. Le choc fut terrible. Aucun des

deux partis ne voulant céder la victoire qui sem-

j blait devoir dépendre de ce moment, il s'en sui-

I vit une mêlée affreuse , où, de part et d'autre , l'on

j épuisa les prodiges d'une valeur presque surnatu-

/ relie. Fantassins, cavaliers, artilleurs des deux

partis, confondus pêle-mêle, présentaient le

spectacle horrible d'une masse informe de com-

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