‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 158 sur 181 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ries que le général Miloradowich disposa sur les ' hauteurs, à la portée de mitraille en arrière de la grande redoute.

Il était trois heures après-midi ; les Français à la vérité étaient maîtres de la grande redoute et des flèches en avant de Séménowskoïé , mais ces ouvrages n'étaient pour ainsi dire que les dehors de la position ; celle que l'armée russe occupait derrière les ravins de Goritskoï et de Séménowskoïé, n'était point entamée. Ainsi, pour décider la victoire, les Français auraient dû livrer de nouveaux combats , soit en essayant d'en déposter de vive force les Russes, soit en renforçant convenablement le corps de Poniatowski , afin de lui donner les moyens de culbuter entièrement les troupes de Baggowouth et d'obliger le prince Koutousof à évacuer la position, en menaçant ses derrières et sa communication avec Moscou. Mais les deux armées, également épuisées et lasses de carnage , n'étaient plus disposées à renouveler leurs efforts. Napoléon lui-même, effrayé des pertes cruelles que la sienne avait éprouvées , fit suspendre toutes les attaques; cependant une canonnade furieuse entretint le combat pendant plusieurs heures, et ne se calma que vers les six heures du soir.

A neuf heures , l'ennemi essaya une dernière

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attaque, et débouchant de Séménowskoïé , il parvint à se loger momentanément dans un bois situé en arrière de ce village ; mais il en fut expulsé par le régiment des chasseurs de la garde de Finlande , qui le chargea à la baïonnette et le rejeta dans le village.

Pendant ce temps , le prince Poniatowski , informé des succès obtenus par le centre, s'était aussi déterminé à recommencer ses attaques contre les troupes russes qui défendaient le vieux chemin de Smplensk, et qui se trouvaient alors sous les ordres du général Baggowouth. Les bataillons polonais se reportèrent contre le mamelon auquel appuyait la gauche de Koutousof. Cette attaque fut secondée par la cavalerie de cette' nation, qui arriva par le revers du mamelon presqu'au même instant que l'infanterie. Le mamelon fut enlevé , et les efforts du général Baggowouth pour le reprendre s'étant trouvés infructueux, ce général se vit obligé de rétrograder jusqu'à une hauteur qui domine les sources du ruisseau de Séménowskoïé.

A la nuit tombante , les corps français rétrogradèrent vers la position qu'ils avaient occupée au commencement de la bataille; leurs avant-postes furent laissés à Borodino, à Outitsa, et dans les broussailles en avant du front de l'armée russe.

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