‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 161 sur 181 · CHAPITRE V. 35l · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 35l

et les ennemis, en le poursuivant, se seraient trouvés en état de déboucher sur la grande route derrière l'armée russe, qui , coupée de Mojaïsk, et rejetée dans l'angle formé par la Moskwa et la Rolocza , se serait vue réduite à la position la plus déplorable. Il faut observer cependant que Napoléon se trouvait dans un pays qui lui était tout-à-fait inconnu , sans cartes , et sans moyens de se procurer des guides sûrs , aussi n'osaît-il presque jamais s'écarter de la grande route. Mais si cette raison peut l'excuser de n'avoir pas poussé ses principales opérations sur le vieux chemin de Sraolensk , en revanche rfen ne peut le disculper d'avoir terminé, pour ainsi dire, la bataille à trois heures après-midi, dans un moment où de nouveaux efforts de sa part n'auraient pu manquer de fixer la victoire de son côté. Les dernières réserves des Russes se trouvaient déjà engagées , tandis que la vieille et la jeune garde de France, avec leur cavalerie, formant plus de ao mille hommes, n'avaient point encore pris de

part au combat. Il est incontestable qu'en met-

tant en action les Sa bataillons et les i^ escadrons qui composaient ce corps d'élite. Napoléon eût réussi à culbuter définitivement l'armée russe, et à décider sa déroute pendant les quatre heures de jour qui restaient.

352 , CAMPAGNE DE l8l2.

Le a8, Farmée russe, continuant sa retraite, A ^yint à Zemlino; le quartier - général du prince Koutousof fut porté à Léontinka. (Voyez pi. II.) L'arrière-garde , composée de quatre régiments \ de chaisseurs, du i®^ corps de cavalerie, d'une î compagnie d'artillerie à cheyalt^et de quelques 1 régiments de kosaques , se maintint encore à Mojaïsk pendant une partie de la matinée; mais '; enfin trop vivement pressée par le roi deNaples, elle évacua la ville pour se replier sur l'armée. Le général en chef la voyant hors d'état de résister aux forces supérieures de l'avant -garde ennemie , la fit renforcer encore par^éux régiments de chasseurs, quatre d'infanterie, et une compagnie d'artillerie de position. A l'aide de ce secours elle réussit non-seulement à se soutenir contre l'avant - garde française , mais même à la * I faire rétrograder de quelques werstes. Dans la Inuit du 28 au 29, Platof fut rappelé, et le géjnéral Miloradowich le remplaça dans le com- I mandement de l'arrière-garde.

Napoléon reprit l'ordre de marche sur trois colonnes, qu'il avait suivi avant la bataille de Borodino. Lui-même , avec le gros de l'armée, vint à Mojàïsk. Le prince Poniatowski se dirigea à droite , sur Fominskoïé , pour y gagner la grande' route de Kalouga, qu'il devait suivre jusqu'à

Page 1