‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 18 sur 181 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

la Moldavie et de la Walachie. Différentes circonstances avaient fait ajourner l'évacuation de ces provinces , que les troupes russes avaieht dû effectuer à la suite de l'armistice de Slobodséa , conclu avec les Turcs en vertu du traité de Tilsit.

Cet abandon des intérêts de la Porte , de la part de Napoléon , était motivé par le changement des dispositions du divan à l'égard de la France. Une révolution du sérail avait fait périr le sultan Sélim III , dont l'ambassadeur de France avait captivé la confiance. Le nouveau sultan , Mustapha IV, se rapprocha au contraire des Anglais, qui réussirent à lui donner de l'ombrage sur l'union intime qui régnait entre les cabinets de Pétersbourg et des Tuileries.

Dans les conférences d'Erfurt, l'empereur Alexandre ne négligea pas aussi d'alléger, autant que possible , le sort de la Prusse. Les malheurs de ce pays n'avaient pas cessé avec la guerre. Le traité de Tilsit ne servit que de prétexte à la France pour élever continuellement de nouvelles prétentions à la charge de la Prusse. Il avait été convenu que les troupes françaises évacueraient les états prussiens aussitôt que ces provinces auraient acquitté les contributions de guerre qui leur avaient été imposées. Les deux parties I. 3

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n'étaient pas d'accord «ur la fixation du montant de cette dette.

Après une négociation des plus longues, où, de la part du ministère français, l'on épuisa toutes les chicanes d'un esprit vexatoire, soutenu par l'abus de la force , le cabinet de Berlin se vit obligé de reconnaître la somme de i4o millions de francs, en représentation de la masse totale de l'arriéré des contributions. Pour cautionnement de cette somme , les places de Glogau , de Stettin , et de Custrin , devaient rester occupées par des garnisons françaises jusqu'à l'entier acquittement de la dette. Le roi de Prusse s'engagea , en outre , à ne pas avoir plus de 4a mille hommes sous les armes pendant dix ans.

Cependant , malgré , tous ces sacrifices , les troupes françaises ne se pressaient pas encore d'évacuer la Prusse. L'intervention de l'empereur Alexandre fit décider cette évacuation , et , de plus , S. M. réussit encore à obtenir de l'empereur Napoléon un rabais de 20 millions sur le montant de la dette reconnue.

Le cabinet de Saint-Pétersbourg désirait amener la Porte à consentir à la cession des provinces cis- danubiennes, sans renouveler les hostilités suspendues depuis l'armistice de Slobodséa; mais la négociation que l'on entama à ce sujet dans

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