CHAPITRE I
rait dans le système politique qu'il avait adopté , malgré les refus des Anglais de lui donner les secours qu'il demandait, compromettait l'existence de la Suède , et exaspérait les esprits contre le roi. La révolte éclata dans l'armée opposée aUx Danois; elle marcha sur Stockholm. Gustave IV fut détrôné, et eut pour successeur Charles XIII, son oncle, duc de Sudermanie. Le nouveau roi s'empressa d'entamer des négociations, qui eurent pour résultat la paix de Fridrikhshamm avec la Russie, et celle de lonkoping avec le Danemark. La Suède céda à la Russie les îles d'Aland , la Finlande, l'Ostro-fiothnie , et la partie de la Westro-Bothnie , située à l'orient des rivières de Torneo et de Muonio. Elle s'engagea en outre à adhérer au système continental , en fermant ses ports aux vaisseaux anglais , à l'exception toutefois de ceux chargés de sel et de productions coloniales , denrées dont elle se réserva l'importation. Les limites entre la Norvège et la Suède furent remises sur le même pied où elles étaient avant la guerre.
Le traité de Schœnbrunn avait mis le comble à la puissance de l'empereur Napoléon. Cependant il crut devoir encore chercher à la coiiso^ lider, en s'unissant, par des liens de parenté, à une des grandes maisons souveraines de l'Europe.
4^ GAMPAGIC£ DE l8l2.
L'impératrice Joséphine , son épouse , n'ayant point d'enfants, il saisit ce prétexte pour faire ordonner la dissolution de son mariage avec elle. Pour la remplacer, il jeta d'abord les yeux sur une des grandes-duchesses de Russie ; mais les propositions qu'il fit à ce sujet furent si fi^oidement reçues à Pétersbourg , qu'il dut pressentir que cette négociation n'aurait pas de résultat satisfaisant pour lui. Il tourna alors ses vues sur l'Autriche , et fut plus heureux. Le cabinet de Vienne s'empressa de donner les mains à cette alliance, dans laquelle il espérait trouver une garantie pour l'existence politique de la monarchie autrichienne , que l'immense accroissement de l'empire de Napoléon commençait à rendre problématique. Le mariage de l'empereur des Français avec l'archiduchesse Marie-Louise ne tarda pas à avoir heu, malgré le refus du pape d'accorder les dispenses nécessaires.
Cet important événement devint la source de nouveaux changements dans la politique européenne. Napoléon, rassuré sur le compte de l'Autriche qu'il se flattait d'avoir irrévocablement attaché à son système , ne crut pas être dans le cas de ménager davantage la Russie qui, seule, pouvant encore agir en puissance indépendante et mettre des obstacles à la réalisa^