CHAPITRE I
tion de son projet de domination universelle 9 devenait par là même son principal ennemi.
D'ailleurs, il avait été choqué des difficultés que son projet de mariage avec une des grandetf^ duchesses avait rencontré à Pétersbourg, et il désirait avec ardeur trouver l'occasion de s'en venger en faisant sentir à l'empereur Alexandre tout le poids de son énorme puissance. Cependant, comme il prévoyait qu'en s'attaquant à la Russie il aurait à soutenir une guerre plus terrible que toutes celles qu*il avait faites précédemment, il résolut de dissimuler encore ses projets pour se donner le temps d'achever les immenses préparatifs que son entreprise gigantesque nécessitait. En outre , il se proposait de profiter aussi de ce temps pour terminer , au gré de ses désirs , les affaires d'Espagne.
La guerre dans ce dernier pays continuait avec des succès variés. La mésintelligence, survenue entre les Anglais et les Espagnols , empêcha les alliés de profiter convenablement de la grande diversion que la guerre avec l'Autriche faisait en leur faveur, et de la victoire de Talavéra remportée par le général Wellington, qui commandait l'armée anglaise. Aussi la campagne de 1809 n'eut-elle aucuii des résultats brillants que l'affaiblissement des armées fi:'ançaises dans la péninsule promet-
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tait aux Espagnols. Les Français conservèrent toutes les provinces dont ils se trouvaient en possession , et ajoutèrent la place de Girone à leurs précédentes conquêtes. Animé par ces suc^ ces, Napoléon s'imagina qu'en renforçant ses armées , il réussirait à consommer la conquête de la péninsule dans le cours de la campagne de / 1 8 1 o. Le maréchal Soult, avec 5o mille hommes , \ reçut ordre d'envahir l'Andalousie , et le maré- ,' chai Masséna, avec 70 mille, fut destiné à planter : les aigles françaises sur les tours de Lisbonne (1 ). j Cependant les espérances que les Français avaient conçues ne furent point réalisées.
A la vérité , le maréchal Soult pénétra sans \ difficulté dans l'Andalousie , mais il ne put emporter la place de Cadix où les Espagnols s'étaient fortifiés. D'un autre côté, le maréchal Masséna, attiré jusque dans le cœur du Portugal, par la savante défensive de lord Wellington , vit sa fortune échouer devant les formidables lignes de Torres^-Védras , et dut songer à la retraite pour sauver les débris d'une armée exté- : nuée par les privations de tout genre qu'elle avait ; éprouvées.
(i) Soult n'avait que 35 mille hommes, et Masséna tout au plus 60 mille. ( lYote des éditeurs,)