‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812Chapitre 66 sur 181 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

au-delà de cette dernière ville , ron entre dans les tristes bruyères marécageuses qui , entrecoupées de bois de sapin, s'étendent presque sans interruption jusqu'aux portes de Pétersbourg. La route de Sebége à Pskow, et de Pskow à Borowiczi ou à Narwa, parcourt un pays trèsdifficile, rempli de défilés, de bois et de marais.

Les routes qui du Dnieper conduisent à Mos- \ cou , partent de Kiew et de Smolensk : celle de Kiew passe par Roselets , Niégin , Borzna , Rrolewets, Gloukhow, Sewsk, Dmitrowsk et Orel, } et de là à Moscou, soit par Mtsensk , Toula, Ser- | / poukhow etPodolsk ; soit par Bolkhow , Béliew, Licbwin, Pérémychl, Kalouga, Malo-Jaroslawets et Borowsk : elle traverse les gouvernements de \ Czernigow, d'Orel , de Toula et de Kalouga , qui ; sont comptés parmi les plus fertiles de l'empire. ; Celui de Kalouga Test moins que les autres, mais en revanche il contient un nombre considérable d'usines et de manufactures , qui répandent l'aisance et le bien-être parmi ses habitants. La route depuis Kiew est tracée dans des plaines immenses coupées de bois, d'abord très-fi:'équents, mais qui, en se rapprochant de Moscou, deviennent de plus en plus rares ; de sorte que passé Orel l'on nen rencontre plus que des bouquets trèsclair-semés.

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\ Nous avons déjà parlé des routes qui aboutissent à Smolensk , et qui rendent la position î de cette ville si intéressante. La route de Dou- \ kowtchina conduit à Béloï; celle de Poreczié, { par Wélige , à Ouswiat , où elle tombe sur la j grand'route de Witebsk à Pétersbourg, par We- \ likié-Louki. Nous avons vu que la route d'Orcha / est aussi celle de Minsk , d'où l'on peut se diri- / ger par Wilna à Ko wno , par Biélitsa à Grodno , et par Neswige à Brzest-Litowskoi. La route de Mstislawl se dirige, par Czernigow, sur Kiew; celle de Roslawl mène d'un côté, par Starodoub, sur Czernigow, et de l'autre, par Briansk, sur Orel; enfin la route de Dorogobouge conquît à Moscou par Wiazma, Gjath et Mojaïsk. A Wiazma trois branches se détachent de la route principale, dont deux se dirigent vers le nord et la troisième vers le midi , cette dernière passe par Joukhnow et tombe sur Kalouga ; les deux branches du nord sont : la rout^ par Nastassina à Beloï , et celle par Syczewka , Zoubtsow et Staritsa, jusqu'à la route de Moscou à Pétersbourg, qu'elle rejoint à Torjok et à Twer. De Gjath il y a aussi une branche qui se relève vers le nord et va gagner, entre Syczewka et Zoubstow, la route de Wiazma à Staritsa.

I^es tristes forêts de la Lithuanie ne dépassent

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point le Dnieper et se terminent avant d'arriver à Smolensk. Depuis cette ville, en se dirigeant vers Moscou, le pays s'ouvre davantage , et l'on traverse des champs bien cultivés et entrecoupés de bois accessibles et d'une médiocre étendue. £n se rapprochant de Moscou, la beauté et la richesse du pays augmentent graduellement : les Français eux-mêmes l'ont comparé aux meilleures contrées de la France et de l'Allemagne ; l'agriculture perfectionnée y est parvenue à vaincre les obstacles que la nature d'un sol assez ingrat opposait à ses progrès. Nous avons déjà fait connaître l'état de prospérité des gouvernements de Kalouga , de Toula , d'Orel et de Czernigow, situés au midi de la route de Smolensk à Mos-' cou. Les gouvernements de Twer et de Nowgorod, situés au' nord de cette route, ne sont pas à beaucoup près aussi fertiles que les précédents : celui de Nowgorod surtout, couvert en grande partie* de bois , de lacs et de marais , n'offre que des ressources très-bornées.

Moscou est le poin t central de toutes les communications de l'empire. Les sept routes principales qui en sortent, se dirigent, dans tous les sens, jusqu'aux extrémités les plus reculées de la Russie. La première de ces routes est celle que nous venons de décrire , par Mojaïsk à Smo-

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lensk; les deuxième et troisième, sont celles qui conduisent , par Borowsk , à Kalouga , et par Serpoukhow à Toula; nous en avons aussi fait mention en parlant de la communication de Kiew avec Moscou ; la quatrième est la route qui , par Bronnitsy et Kolomna , se dirige sur Astrakhan , en.passant par Ë.iasann et Tambow; la cinquième est celle de Bogorodsk , qui, par Wladimir, Nigéni- Nowgorod, Kazan et Perm, pénètre jusque dans Fintérieur de la Sibérie ; la sixième est Celle de Peréslawl - Zaléskoï , qui conduit à Archangel, par laroslav et Wologda; enfin la septième est la route de Pétersbourg , qui passe par Kl in , Twer et Nowgorod.

Il résulte de ce que nous venons de dire , que Mittau, Wilna, Neswige et Gitpmir, sont les quatre points d'intersection de toutes les grandes communications des provinces frontières de l'empire.

Mais quelle que soit l'étendue d'une frontière , il est incontestable qu'il n'y a toujours qu'un seul point décisif où il soit urgent de concentrer l'armée chargée de la défendre. Dans les circonstances où les Russes se trouvaient, ce point était, sans contredit, Wilna, puisqu'il était à prévoir que l'ennemi, qui se réunissait dans la Prusse orientale, ne manquerait point de diriger sur ce

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