CHAPITRE III. l
ressources, faisait présumer que Napoléon ne tarderait pas à franchir le Niémen , pour pénétrer en Russie. La grande armée russe, disséminée sur une ligne trop longue , ne se trouvait pas en état d'empêcher cette invasion; elle ne pouvait engager partiellement ses corps contre la grande masse de Napoléon, sans mettre les chances de succès du côté des ennemis. Le général en chef, Barklay de ToUy, jugea avec rai- . son qu'il devait éviter le combat avant d'avoir 1 réuni tous les corps qui formaient son armée. Le rendez- vous général fut désigné à Swentsiany, point situé presqu'à égale distanceHîTÎLeîdâny, occupé par l'extrême droite de la première ar- ; mée, et de Lida, où aboutissait sa gauche.
Tous les chefs de corps reçurent des ordres éventuels de se mettre en retraite, d'après les directions qu'on leur donnait , aussitôt que les hostilités auraient commencé. Le comte Wittgenstein , avec le i®^ corps , devait , dans quatre marches , se rendre de Reïdany à SoUok ; le général Ouvarof, avec le î®' de cavalerie, aussi dans quatre marches , de Wilkomirz à Pélouch; le gé- ' néral Baggowouth , avec le 2® corps , dans quatre i marches, d'Orgichki à Koltiniany; le général Touczkof, avec le 3® corps, en quatre marches, . de Troki à Swentsiany; le comte Schouvalof , avec \
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le [\ corps, en quatre marches, d'Olkéniki à Swentsiany ; enfin le baron Rorf , avec le 2® corps de cavalerie, en trois marches, de Smorgoni à Konstantinow : le général Doktorof , avec le 6®
corps, devait, de Lidaet d'Olkany, se porter, sur deux colonnes, à Robylniki et Médsiol. Cependant les chefs de corps furent avertis d'attendre un nouvel ordre du quartier-général , pour commencer la retraite ; le comte Wittgenstein seul reçut la permission de se mettre en mouvement, ( de sa propre autorité, dans le cas où l'ennemi j porterait de grandes forces contre sa droite , ou bien que le corps de Baggowouth fut forcé à ré- ^ trograder.
Le général Platof reçut l'ordre d'agir avec ses kosaques contre le flanc et les derrières des corps ennemis qui traverseraient le Niémen ; il devait être soutenu par le prince Bagration, avec la deuxièkne armée. Le général Tormassof , qui commandait la troisième , destinée à couvrir la Wolhynie, reçut l'ordre d'observer les mouvements des ennemis ; et , dans le cas où ils porteraient des y forces supérieures contre lui, il devait diriger sa i retraite sur Kiew : si les ennemis, au contraire , y n'avaient pas de grandes forces à lui opposer, il devait marcher sur Pinsk avec la partie de son armée cantonnée dans les environs de Loutsk,