CHAPITRE llï. aOD
de ses délibérations, que par l'étendue des saciFîtices ^1 elle vota spontanément. Le comte Rostopschin , gouverneur-général de Moscou , s'étant rendu dans la salle de la noblesse, y fit faiire lecture du manifeste de l'empereur du 6 juillet, et invita tous les gentilhommes à concourir aux vues salutaires du monarque , en prenant des mesures efficaces pour la défense du pays. A peine eut-il fini, qu'un des membres de l'assemblée prpposa^de lever , sur tous les domaines de la noblesse, dix hommes sur centj
mm m j i^— .^■*^.**' -'*'^>^-*^^- ■' ••^'^rr^^t^-^'jf^r^**' - i.^ .■^'••i*-**. \ ■ i > ^ ♦^
mâles , pour la formation d'une force armée in-i térieure ; et tel était le dévouement qui animait cette illustre assemblée, que la proposition fut adoptée sur-le-champ à l'unanimité , et qu'il fut y en outre décidé que l'on fournirait aux nouvelles levées l'habillement et les vivres, et qu'on les armerait aussi-bien qu'on le pourrait.
L'assemblée des marchands ne montra pas moins de zèle : ce corps, après avoir aussi entendu la lecture du manifeste impérial , stàtiia qu'il serait prélevé sur tous ses membres une somme proportionnée au capital de cEacun d*eux , pour' subvenir aux frais de l'armement intérieur. En outre , plusieurs marchands témoignèrent le désir de faire encore individuellement des offrandes particulières , et demandèrent la
ao6 CAMPAGNE DE l8l2.
permission d'ouvrir à cet effet une souscription volontaire avant de se séparer. L*on y procéda sans délai , et en moins d'une heure la somme souscrite passa un million et demi.
* Les deux corps se trouvaient dans ces dispositions lorsque Sa Majesté l'empereur, après avoir assisté au service divin dans la chapelle du palais, arriva dans la salle de la noblesse. Entouré de ses fidèles sujets , l'empereur leur parla comme un père à ses enfants : il ne dissimula point la grandeur du danger qui menaçait la patrie ; mais en traçant le tableau sinistre de la situation de l'empire, envahi par des forces si prodigieuses, que les armées russes , malgré leur extrême dévouement , ne pouvaient que retarder et non arrêter leur marche, il témoigna tant de confiance dans le patriotisme de la nation , et une résolution si prononcée de mettre en action les dernières ressources de ses vastes états^ plutôt que de poser les armes , que l'espérance se ranima dans tous les cœurs, qui, électrisés par l'exemple de leur auguste monarque , ne considéraient plus les désastres dont on était menacé que comme des moyens nécessaires pour parvenir à consommer la ruine de l'ennemi. L'empereur ayant été instruit du résultat de l'assemblée des deux corps , agréa leurs offres patriotiques ,