‹ Histoire militaire de la Prusse avant 1756, ou, Introduction a la guerre de sept-ansChapitre 14 sur 38 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DEPUIS LA CRÉATION DU MARGRAVIAT DE BRANDEBOURG 1USQU*A L*AGQUISmON DU DUCHÉ DE PRUSSE PAR LES ÉLECTEURS DE BRANDEBOURG (927-1619),

Sommaire: Création du Margraviat de Brandebourg. — Son invasion et ses maltieurs en 1325. — II passe dans la maison de Holienzollern (1373). — Son étendue Si cette époque. — Ses agrandissements sous Frédéric i*' et Fré<léric Dent de fer. — Exploits et habileté diplomatique d*Albert VAchille. — Cet Électeur confie à son fils Tadministration de ses États. — Son portrait.

— Éloquence de son sua^esseur Jean le Cicéron. — Joachim I*' etJoachim II en présence delà rérorme. ^ Joachim II combat et vainc 15,000 cavaliers turcs. — Réflexions sur la crédulité humaine et le parti qu'on peut en tirer à la guerre. — Joachim 11 déclaré géuéral de Farraée impériale destinée à combattre les infidèles. — Ses échecs en Hongrie. — Bataille de Muhlberg (15^7). — Capitulation de Magdeboui^g. — Travaux de fortification entrepris à cette époque. — Joachim H obtient la succession éventuelle du duché de Prusse. - Gouvernement pacifique de Jean-George. — Magnifique réception faite par cet Électeur à Henri de Valois , roi de Pologne. — Il promet du secoursau roi de France Henri IV. -^ Son filsJoachim-Frédéric administre pendant 32 ans Tarchevêché de Magdebourg. — Ce dernier, devenu Électeur, gouverne la Prusse pendantladémence de son duc— 11 institue dans le Brandebourg un conseil d'État*

— Jean-SIgismond réunit le duché de Prusse à TÉleçtorat de Brandebourg. ^ Commencement des démêlés pour la succession de Clèves.

Les pays qui formèrent primitivement le noyau de la monarchie prussienne ne furent pas foulés par les

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légions romaines, malgré leurs marches rapides et éloignées dans quelques parties de l'Allemagne, et les habitants de ces pays, privés de contact avec les représentants armés de la civilisation antique, restèrent longtemps barbares.

Pour contenir ces populations sans cesse en état de révolte, un aïeul de Hugues Capet, le roi de Germanie Henri 1", — dit l'Oiseleur^ parce que les envoyés de la Diète, qui vinrent lui annoncer son élection à la royauté, le trouvèrent chassant aux oiseaux, — établit en 927 un margrave de Brandebourg : la création de ce margraviat ne fut pas isolée, elle fit partie intégrante de Torganisation militaire qu'il essaya de donner à TAIIemagne.

I^e premier margrave de Brandebourg fut Sigefroi, beau -frère d'Henri l'Oiseleur.

On sait que le mot margrave (en allemand Markgraf) signifie littéralement Comte de la marche^ le terme marche étant pris en français dans la significa* tion de frontière ; le mot français marquis a la même origine et le même sens : un margrave, un marquis était donc le chef militaire et politique chargé de la défense et du gouvernement d'une partie de frontière. La concordance qui existe , quant au sens, entre les titres margrave et marquis est bien indiquée par ce fait que le souverain du Brandebourg, alor3 mêmei qu'il était devenu de margrave Électeur, et d'électeur Roi, alors même qu'il était le plus grand homme de son siècle, et qu'il se nommait Frédéric le Grand, ne .^e trouvait pourtant désigné, dans le calendrier

de ia cour de Rome, que par la ixiodesle expression de Maroheêe di BrMdeburgo. . Lee preKOÎers tempe de 1* histoire du Brandebourg m présentent rien d'intéressant au point de vue militaire : il faut cependant rapporter les événements de l'année iâ35. Le roi de Pologne, soos le stupide et fêun prétexte que Prsemislas 11 avait été assassiné par un margrave de Brandebourg, envahit la Marche électorale ; trop faibles pour résister à son armée, les Brandebourgeois se retirèrent, pour la plupart, dans Jes places ferméesi laissant le pays à la merci de l'ennemi, qui le ruina et y commit toutes sortes d'excès, surtout aux environs de Francfort«-sur«* rOder. On évalue à l&O le nombre des villages incendiés, et à 6,000 le notnbre des femmes violées^ puis emmenées ensuite en esclavage. Les historiens citent deux faits qui peignent bien la rudesse des QKBurs de ce temps. Deux chefs se disputaient une captive dont la beauté ravissante les avait séduits ; un de leurs supérieurs survient; pour apaiser le différent, il leur propose.de prendre la jeune fille sous sa sauve* garde et d'être leur arbitre; ils y consentent, et la laissent emnoener : alors l'arbitre ordonne de tuer la captive, fait couper son cadavre en deux parts égales, puis, appelant les deux prétendants, leur dit froidement d'emporter chacun une part de l'otyct qu'ils çonvoitaientp *— Voici l'autre anecdote* Une rellr gfeuse, sur le point d'être déshonorée par un soldai, l'arrête en lui persuadant que s'il veut TépargnereUe lui dévoilera le secret d'être invulnérable; le barbare

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écoute avidement rexplication d*un procédé si précieux; mais il doute encore, lorsque la religieuse ajoute comme preuve qu*il peut essayer sur ellemême ; poussé par le démon de la curiosité, il ne veut pas remettre une expérience aussi curieuse, prend son sabre, et, lui tranchant la têle d*un seul coupf met, comme le désirait la vertueuse fille , son corps à Tabri des outrages.

Après avoir passé dans diverses familles, le margraviat de Brandebourg fut vendu en 1 575 à Tempereur d'Allemagne Charles lY, par le pusillanime Otbon, qu'un dessin d'un recueil manuscrit de Minnesingers (1) nous montre jouant aux échecs. L'ache* teur expulsa brutalement le vendeur avant Tépoque convenue, et donna la Marche brandebourgeoise à son fils Wenceslas, qui, devenu roi de Bohême, la céda à son frère Sigismond. Une fois empereur, ce dernier la donna pour un prêt de &fl,000 écus d'or à Frédéric VI de Hohenzollern, burgrave de Nuremberg. Le titre de burgrave (en allemand Burggraf) veut dire, dans son sens liltéral,6'om^6(f« la forteresse; le burgrave était, à cette époque, le commandant en chef d'un fort, ayant pleine juridiction en vertu d'une délégation de l'Empereur,

La maison de Holienzollera gouverne encore aujourd'hui le Brandebourg et les nombreuses provinces qu'elle a su habilement y annexer, agrandis-

(1) Manuscrit o» 7266 de la Bibliothèque impériale. Les Minne* singers correspondent à nos trouvères et à nos troubadours : ce sont les chantres d'amour allemands du ihoyen-àge

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sant ainsi à la fois ses possessions et aa renommée ; son histoire se confond avec celle de la Prusse, nous la retrouverons donc maintes fois dans le cours de ca travail. L'influence de cette famille souveraine sur les destinées de la Prusse a été telle qu*on a pu dire» avec assez de raison, qu*en Prusse, au rebours de9 autres nations, la nationalité venait d'en haut et gisait dans ta maison de Uohenzollern (1), parce que, du grand nombre d'éléments hétérogènes composant la population^ il n*ayait pu résulter un caractère national ; mais cette assertion, qui peut s'appliquer aux temps passés, n'est plus exacte en ce qui concerne l'époque actuelle, car assurément on ne peut nier qu'il existe aujourd'hui, dans le royaume de Prusse, une opinion publique avec laquelle il faut compter.

Le burgmve de Nuremberg commença la fortune de la future maison royale de Prusse par un moyen qui depuis a plusieurs fois réussi à ses descendants, par un bon emploi de son argent ; en effets en retour de son prêt de &0,000 écus d'or, il obtint une déclaration de l'Empereur (30 avril l&iS) qui lui assurait, ainsi qu'à ses héritiers mâles, les titres d'électeur de Brandebourg et d'archi* chambellan du Saint-Empire; et il reçut l'investiture de ses nouvelles possessions des mains de Sigismond, & la diète de Constance, ep 1417, sous le titre de Frédéric l*' de Brandebourg,

L'électorat de Brandebourg comprenait alors 1»

{i) Modèles de /a 5«ra%te développés dans une analyse des exploits des plus grands généraux, par le général-lieutenant DBLossAU(en allemand), t.ui, Berlin, 1837, impartie, p. 7.

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vieille et la moyenne Marche, la Marche Ucheraine ayant été uEUi pée par les ducâ de Poméranie, et la nùtweUê Marche étant engagée entre led maine de POrdre teutonique« depuis Tannée iliO% eotnnoe garantie d'une gomnae d'argent que cet ordre avait prêtée à Tempereur Sigismond : de sorte qu'en làl7 le territoire de ta souvet^ineté de Frédéric i*% priK mier électeur de Brandebourg dé la nnaison de Hohefh «ôllern, n'avait encore qu'une superficie de 10,500 Id* lomètres carrée. Ce territoirei comme nous le verrons» s'accrut rapidement, et quatre siècles plus tard, après les traita de 1815« la maison électorale de Brande** bourg gouvernera un puosant royaume, offrant tmo ^tendue totale de 380,000 kilomètres carrés, c'est* h'dàre une superficie quatorze fois plus considérable que la précédente.

Frédéric V' voulait s'agrandir : il obtint des se» oours de l'Empereur, marcha contre lesducs^le Pomé** ranie, les battit à Angermunde^ et leur enleva la Marche Uclceraine, province qui était inC(H*porée ft ^éieetoratde Brandebourg depuis un temps immémortal*

Une nouvelle conquête s'offrit bientôt à Frédéric I* » l'électeur de Saxe, dont son fils avait épousé la fittti mourut sans liéritier mâle ; Frédéric s'utiit aux dtlcs de Brunswick, et déjà il avait commencé ta conquête de la Saxe par la prise de Wittemberg, lorsque l'Ëm** pèreur, mécontent de cette déntorche, donna l'investiture de la Saxe au margrave de Misnie. Le nouvel électeur de Brandebourg se soumit votcmtairenarat à cette 4^ciflionv

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. Frédéric II* surnommé Dmt-dê-Fer^ à cause de sa force, remplaça son père Frédéric I** dans le gouvernement du Brandebourg (21 septembre \khff)\ H eut la iBagnanimité de refuser les couronnes de Bohême et de Pologne, et cette rare conduite entraîna les habitants de la Basse-Lusace à se donner volod-* twement à lui. Le roi de Bohême» Georges Pôdiebrad^ pour s'opposer à Tincorporation de cette partie de la Lusace dans les États brandebourgeois , porta la guerre en Lusace et dans la Marche de Brandebourg ; mais, repoussé par Frédéric, il fut contraint de céder^ piar le Traité de Guben (i&6S), les villes de Gotbus^ Peits^ Sûmmerfeld, Bobersberg, Storkau et Bessetcau. Frédéric Z)c«^de-Fer racheta de TOrdre teutonique la Nouvelle-Marche pour 100,000 florins d*of. En 166&, il entra en guerre contre le duc de Wolgast, qui, «près la mort du duc de^Stettin Othon III, dé* eédé sans enfants, 8i*opposait à ce qu*il se mit en poMSSsion de ta Poméranie, comirie le voulait le traité passé en 13S6 entre l'électeur de Brandebourg, lAtriê dé BMière, et les ducs de Poméranie, et approttVé par l'Empereur. Un accord intervint bientôt entre les parités belligérantes : le duc de Wolgast conserva le duché de Stettin, mais devint feudataire de Frédéric, auquel la Poméranie prêta l'hommage éventuel* En 1460, l'électeur réunit, comme fief vacant, le comté de Wernigerode à la Marche, et prit les titres de duc de Poméranie, de Mecklembourg^ de Vandalie, de Schwerin, de Rostock, contrées sur lesquelles il avait droit de réversion. La même année il abdiqua

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en lavear de son frère Albert^ surnomiué F Achille.

Albert l'Achille avait à cette époque cinquante-sept ans, mais il jouissait déjà d^une grande réputation justement acquise par ses belles actions comme simple burgrave de Nuremberg. A Tàge de vingt-quatre ans (1&38), il avait reçu de Tempereur Albert, alors en guerre avec les peuples de Bohême et les Polonais^ un conunandement de troupes dont il s'acquitta fort bien, soutenant non-seulement avec vigueur les efforts des ennemis, mais faisant même irruption dans leur pays. 11 secourut ensuite son beau-frère Louis le ÇorUrefaU^ duc de Bavière, contre un père qui voulait le déshériter, prit plusieurs villes sur le Danube, battit le vieux duc en plusieurs rencontres, et réussit même à le faire prisonnier.

En lAAS , les Nurembergeois contestèrent à Albert l'Achille quelques droits qui lui appartenaient en sa qualité de burgrave de Nuremberg, levèrent l'étendard de la révolte, s'emparèrent de la ville de Winsbach, y mirent le feu, et assiégèrent aussi Altdorf , mais avec moins de bonheur, car ils furent bientôt obligés d'en lever le siège. Aussitôt ce prince tourna ses armes contre eux, et, pendant que les villes de la Haute-Allemagne prêtaient assistance aux révoltés, il fut soutenu dans la lutte par dix-sept princes, parmi lesquels il faut citer Guillaume duc de Saxe, le landgrave de Hesse et ses trois frères, l'électeur de llayence, les évoques de Bamberg et d'Aichstsedt, Albert duc d'Autriche, et Ulric comte de. Wurtemberg. Cette guerre dura deui ans et fut très san-

glante. « On dit qu'il s*y donna neuf batailles, dans huit desquelles Albert demeura victorieux, n*ayant eu du désavantage qu'en une seule ; et Ton ne condut la paix qu'après que Ton eut ruiné et brûlé plu-* »eurs villages, enlevé bien du bétail, tué un grand nombre de paysans, et qu'à faute d'argent et de provisions on fut obligé de quitter les armes (i/i50} » Albert ayant réglé les conditions du traité (1). »

Mais deux exploits firent, durant cette guerre, grand honneur à Albert TAchille. Voici le premier, tel que le rapporte un auteur contemporain, chez lequel il est intéressant de l'étudier pour avoir une idé« de ce qu'était Part militaire à cette époque. « Albert, dit JEnée Sylvius Piecohmini (2), Albert, margrave de Brandebourg (qu'on appelle avec juste sujet l'Achille de rAllemagne)^ ayant appris que ceux de Nuremberg avaient envoyé dans ses terres six mille hommes de pied et huit cents chevauoo pour les fourrager, il posta sur une rivière qui n'était guéable

(1) Les vies des Électeurs de Brandebourg de la maison des Burgraves de Nurenberg, avec leurs portraits et leurs généalogie»» ouvrage composé en latin par Jean Gernitius ,wice-régistrateur des archives électorales, et mis en français par Antoine Teiissier, conseiller des ambassades et historiographe de Sa Majesté le roi de Prusse. Berlin, in-folio de xx-108 pages, chez Rudiger, 1707* — Dédié par le traducteur, réfugié français, au premier roi de Prusse Frédéric /•'. — Vie d'Albert l'Achille, troisième électeur de cette hmiWe^ Margrave de Brandebourg ^ Duc deStettin et de Pomérante, Burgrave de Nurenberg^ page 26.

(2) In Europ.y c. 39. Cet auteur porte, comme Pape, le nom de Pielh

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qu'en un endroit, par où Tennenii la devait traverser, â&uax cenU archers, avec ordre de laisser passer les gens de cheval et de tirer sur Tinfanterie. Il se cacha ensuite avec nœ cents chevaux dans une forft qa! était proche de là, et il en sortit dès que la cavalerie des ennemis parut. Ces deux troupes s'arrêtèrent , u*étant éloignées Tune de l'autre que l'espace d'enfin ron trois cents pas. Alors le margrave marcha vers L'ennemi, la lance à la main, suivi de deux des siens. Uû pareil nombre de vaillants hommes de ceux de Nuremberg s'avança aussi vers le margrave , qui trawperça celui qui était vis-à-vis de lut, et le ren« versa par terre. Voyant que ceux de sa suite avaient été tués par ceux contre lesquels il avail combattu^ il se j^a seul au milieu des ennemis, dont plusteum périrent par ses mains , et il en fit un grand carnage jmqu'à ce qu'il fût arrivé au lieu où était leur éten*dard. lit 11 fut attaqué par plus de cent hommes; et comme ils ne pouvaient pas le percer avec la poiote de leurs épées, à cause qu'ils étaient tous serrés contre lui, ne sachant qui était celui qui avait w une si grande hardiesse, ils tâchaient de le blesser avec )é tranchant deieurs sabres. Alors Albert ayant embrassé l'étendard : Je ne saurais^ dit-il, mourir nulle pari pltis glorieusement qu'en cet endroit. Pendmt qu'il roulait cette pensée dans son esprit , son armée vînt à son secours; et, les ennemis ayant pris la fuite, ou ayant été presque tous tués ou faits prisonniers, sas gens le ti*ouyèreût demi-mort auprès de l'étendard, qui était brisé et déchiré. Cependant les gens de pied.

n*ayaoi pu psmpt ta rivière, ne furent d^auoun usage aux geûi^ de cheval. C'est ce qui m'a été raeonté par Albert lui-méme« lorsque nous allions ensemble di Neastadt, dans TAytricbe^ à Vienne, et par plueieofs autres personnes de mérite. >» Ajoutons à ce récil qu'après l'avoir retové^ baigné dans son sang et demi* mort, suivant Texpressioii de Fauteur que nous ve^ nous de citer, on voulut le mettre dans une voiture préparée pour le recevoir. « Noni noAi s'éeria**t»il, ce mode de transport est bon pour des femmes, maïs indigne d'un prince : qu'on m'amène mon cheval de bataille I »

Ce beau fait d'armes à la Bayart dénote un vérî» table cbevaiiert et rappelle l'action où le bi^chevaUtr ^m pmr e^ sam reproche^ûéîwàii k lui seul un pont sur le Garigliano contre 300 Espagnols (i50&) (1). Albert t'^cbille était, m effet» comme l'a dit aves raison un auteur n^oderne (3)« « le type du ebevalier du moyen Age : la maison de Hobenxoilern, l'AUe» màgnoetle-mén^ei n'en eurent point qu'on poisse lui comparer, «h .

Dans cette môme guerre contre les Nuren^berr geoisy le margrave Albert assiégea Grœfenberg, viUe fortifiée par une muraille avec fossé et située dans une vallée ^ 15 kilomètres do Nuremberg. Cette place» qu'il ne faut point confondre avec Greiffeat>erg» ville

(i) ffîstoiredê Pierre Terrait y seigneur de Bayart, par Alfred DE TfeRRËBASSe. Pafis, <828, chez Ladvocat, p. I5f , 152.

(2) M. J. F. DE LuMDBLAD, Histoire de Prusse, à la suite de son Àhfégi de l'histoire ^Àutrichef t |I, ISÛl, p, S3S.

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de la Poméranie située à 65 kilomètres nord-est de Stettin (1), se trouvait défendue par ses habitants, que secondait une garnison de 500 hommes. Les Brandebourgeois l'attaquèrent de quatre côtés à la fois; Albert l'Achille choisit le côté où la muraille était la plus haute et le fossé le plus profond, et, Tassaut ayant été donné, il parvint le second au sommet de la muraille, sauta fe premier dans la ville, et, malgré la foule d'ennemis qui se rua sur lui, soutint seul le combat jusqu'à l'arrivée des siens. « On s'empara de la ville et on la pilla, prétend £née Sylvius ; mais on ne fit point de violence aux femmes, car parmi les Allemands le viol est un crime inexpiable. » Ce second exploit remet inévitablement en mémoire la témérité d'Alexandre le Grand au siège de la capitale des Oxydraques, peuple indien habitant en deçà du Gange, au confluent de l'Acésineet dePHydraote, siège dans lequel ce conquérant, parvenu le premier sur le rempart d'un fort, sauta dans le fort, s'adossa contre la muraille et se défendit à coups d'épée jusqu'au moment où, près d'expirer par suite de ses blessures, il reçut enfin du secours de la part de ses troupes, tellement exaspérées de n'avoir pu entrer plus tôt dans le fort, qu'elles passèrent au fil del'épée tout ce qui leur tomba sous la main, jusqu'aux femmes et aux enfants (2) .

(1) Nuremberg et Graefenberg appartiennent aujourd'hui à la Bavière; Stettin et Greiffenberg font toujours partie du royaume de Prusse.

(2) ÂRRiEN, Expéditions d'Alexandre , livre vi , chapitre 3. — Consultez aussi sur ce fait le Précis des Histoires dfAlea^andre le

Au commencement de cette guerre, qui se termina» comme nous Tavons dit, en 1&50, quelqu'un, étonné d^ ce que les Nurembergeois levaient une nombreuse armée, leur demanda pourquoi ils armaient tant de peuples contre un seul prince peu puissant et peu riche. <« Vous êtes dans une grande erreur, répondit Tun de leurs principaux citoyens, car dans la prudence et dans la valeur d'Albert sont contenues les forces et les richesses de tous les princes d'Allemagne. » La prudence du margrave de Brandebourg égalait, en effet, son courage ; il jouissait d'une grande autorité morale, et lorsqu'il s'élevait quelques différends entre les princes allemands, on avait souvent recours à lui pour les terminer. Un second surnom témoigne de sa rare qualité de conciliation et de la sûreté de son jugement r on le nommait Albert V Ulysse pour sa sagesse, comme on le nommait Albert VJ chiite pour son courage ; honorable singularité que celle qui accole ainsi au nom d'un homme la double renommée de sage et de valeureux !

Albert, a dit un de ses descendants (1), gouvernait presque tout l'Empire par la confiance que l'em* pereur Frédéric III lui témoignait (*2). Il profita de la

Grand et de Jules Césars et de leurs faits militaires, soit comparés, soit opposés entre eux, par M. Desglaisons, brigadier d'infanterie et chef de brigade aii corps royal du génie. Paris, chez Méquignon le jeune, 178û, in-12, § 2Zi2. — Arrien assuré que ce fait s'est passé chez les Malliens, et non chez les Oxydraques.

(1) Frédéric le Grand, Mémoires pour servir à l'histoire de la maison de Brandebourg,

(2) Cet empereur indolent, surnommé le Pacifique^ qui n'avait

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grande considération que lui valait celte confiance pour contribuer à l^agrandisaement éventuel de sa maiaon, en concluant avec les noaiaons de Saie et de Hesse un traité de mutuelle confraternité (1A75), qui réglait entre elles et la maison de Brandebourg le mode de succession de leurs États dans le cas d'extinc* lion d'une de leurs lignes*

En i/i74, TEmpereur lui donna le commandement de Tarmée qu'il envoya contre Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, lequel Tavait précédemment sol-» licite d*élever ses États en royaume, sous la dénO-* mination de royaume de Bourgogne, et de le déclarer vicaire général de TEmpiie dans les pays d'outre** Meuse, et qui pour le moment assiégeait la petite ville de Nuys (Neuss), près Cologne, importante h cause de son passage sur le Rhin, très forte par la construction de ses remparts, et défendue par le landgrave de Hesse à la tête de 1,800 hommes de cheval et d'un nombre de fantassins à proportion» Le but du duc de Bourgogneétait, sous prétexte de se*courir le comte palatin du Rhin contre le landgrave de Hesse, de s'emparer de Nuys et de forcer ensuite Cologne à se rendre, afln, dit Comifw^ que «i tout

t>asuu pouce de ses États où il fût en sûreté, adopta cependant le premier la fameuse devise de l'Autriche composée des cinq voyelles A, £» I, 0, U. qu'il fît graver sur sa vaisselle et sur la façade de ses édifices, et qui est si hardie et si fière; cette devise veut dire: en effet ;

En latin : Auêtrîœ Est Imperare Orbi Universo ;

En allemand : Ailes Erdreich Ist Œsterreich Unterthan ;

Traduction française : L'Autriche doit dominer totUe la terre.

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