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le Rbin fût aien jusqaea en Hollande, oii il fine. » Mais, grâce à Thabileté diplomatique d* Albert de. Brandebourg , le différend fut réglé à Tamiable, et Cbarles le Téméraire, après cinquante-six assauts infructueux durant un siège de onze mois, signa la paix avec l'Empereur le 17 juin 1&75, renouvelant sa promesse de donner sa fille Marie de Bourgogne en mariage à rarchiducMoa^îmi/ieri.
A rbabileté dans le conseil et dans les négociations, au courage dans la guerre, Albert TAchille joignait l'adresse dans ces jeux images de la guerre, si fort à la mode de son temps, et que Ton nommait toumotâ : il y fut vainqueur dix-sept fois; sa valeur et sa dexlé^ rite étaient telles, que ses rivaux ne purent jamais le renverser de cheval. C'était un grand mérite à une époque ou la force corporelle se trouvait plus en bon* neur que la force intellectuelle, et certes sa renommée de Si^voir dextrement manier les armes courtoisei dut influer sur sa réputation comme négociateur et coause guerrier.
: fi Comme Albert, qui était déjà plus que sexagé* naire, était chargé non-seulement des affaires de ses États, mais aussi de celles de T Empire, il voulut ^ùe son fils supportât une partie de ce fardeau. Lui ayant donc confié (1476) Tadministration de ses provinces et de TËlectorat, il se retira dans la Franconie (se réservant néanmoins, durant sa vie, la dignité électorale). Mais, dans les affaires diflBciles, soit qu'elles concernassent ses Ktats ou l'Empire, il lui donnait les
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avisquMI jugeait nécessaires, afin que ce jeune prince pût s'en démêler avec succès (1). »
Après avoir vécu dix années sous ce nouvel arrangement, bien qu'âgé de soixante-douze ans« voulant donner encore une marque d'attachement à la maison ia^riale, il se mit en route pour aller, à Francfort, assister à la diète d'élection qui élut l'empereur Maximilien P' (1&86); mais il monrut subitement dans un bain et fut enterré à Heilbrunn, dans la Fraiïconie.
JEa^E Stlvius a tracé de lui un portrait qui le peint bien, malgré l'enflure des éloges: « Ce fut, dit cet écrivain (2), un prince très heureux et très vaillant. Toutes les vertus militaires, et celles qui forment un grand capitaine, brillaient avec éclat en sa personne. La noblesse de sa race, la grandeur et la force de son corps, sa bonne mine et son éloquence, lui attiraient l'admiration de tout le monde et le faisaient regarder comme un homme presque divin. Dès son enfance, ayant été élevé parmi les armes, il se trouva en un si grand nombre de batailles qu'aucun général de son temps n'en avait ni autant vues ni autant lues; car il fit la guerre en Pologne, en Silésie, en Prusse. 11 battit ses ennemis dans la Bohême. Il n'y a point de coin en Allemagne par où il n'ait passé étant armé. Il a commandé plusieurs armées innombrables, il a vaincu de très redoutables ennemis, il a pris des
(1) Cernitius, Les vies des Électeurs de Brandebourg, traduction Antoine Teissier.
(2) 7n£ttrop., c. 32.
BK LA PAUSSB. 17
villes très fortes. Il était le premier dans le combat et le dernier qui s*en retirait. 11 est souvent monté le premier à la brèche, dans les sièges de diverses places. Il n'a jamais refusé de se baUre en duel. Dans les tournois, où Ton joute avec des lances, il n*y a jamais eu que lui qui n*ait pas été blessé ni renversé de son cheval, bien que dix-sept fois, n'étant couvert que d'un casque et d'un bouclier, il ait mis par terre des cavaliers armés qui Tavaient défié au combat. »
La phrase de ce passage imprimée en italique : « // n'a jamais refusé de se battre en duel, » est un trait caractéristique indiquant à première vue la différence tranchée qui sépare nos mœurs actuelles des mœurs du XV* siècle.
Pour compléter le portrait du margrave Albert l'Achille, il faut dire qu'il aimait le luxe et que sa cour, plus brillante que celle de tous les princes d'Allemagne, rivalisait avec la magnifique cour du duc de Bourgogne Charles le Téméraire; il faut dire aussi qu'il était fier et plein de mépris pour les bourgeois et les marchands et qu'il disait aux Nurembergeois, révoltés contre lui : Je suis prince du pays! à peu près dans le même sens que le roi de France Lduîs XIY prononça, deux siècles plus tard, ces mote si célèbres et si positifs : L'État, c'est moi!
A cette époque, l'électeur de Brandebourg n'entretenait aucune milice réglée : il avait une garde composée d'une centaine de cavaliers, et possédait dans ses châteaux ou places fortes quelques compagnies de lansquene'ts plus ou moins nombreuses, sui-
\^ HISTOiBfi MILITAIBB
yanl le. besoin* A Papproche d'une guerre, il ûonvov qiiait Tarrière ban dei ses vasaaux, ce qui équivalait h pQu près à une levée en naaase ; comme dans ioute^ lea fermées féodales» la noblesse formait la oaval«rie» et lea vassaux composaient une infanterie assea mal orgaqisée,
Jean, qui gouvernait, comme nou$ Tavom vu^ rélectorat de Brandebourg depuis dix aqa, eut, comn^e son père, fieu][ surnoms : il fut appelé /#£rr«fid» ^ cause de ^ taille, et k Cieéron de l'ÀUetmgne à oauae de son éloquence*
Jean le Cicéfon était extraordinairement gras ; la grosseur de son ventre Tincommodait beauqoup: il tenta de diminuer cette gêne au moyen de divers remèdes qui n'eurent d'autre résultat que de mettre sa vie en danger* Il jouissait d'unç grande foroe d'esprit» et, dans les délibérations» on regardait» au dire de Tun de ses historiens» ses avis comme des oracles, prononcés par un homme qu*on croyait avop- Vespfit de prophétie.
On cite un singulier exemple de son éloquencQi Trois rois ce. disputaient la Silésie : Ladislas roi de Bohême» Casimir roi de Pologne» Matbia^ foi dQ Hongrie (l). Aidé par réleçteur de Saxe,, Jean Iq Cieéron envahit la Silésie ^ la t^te de Q»OOQ sav^^^, liers, et se déclare Tennemi de oeluî des trois compétiteurs qui refuserait d'écouter les paroles de paix qu'il venait leur faire entendrç, Alors, suivant les
(1) U s'agit ici du côlèbre Mathias Corvin , auquel ou atlrilMie
PK LA PRUS3K. i9
aanalea» lea cbarraes de son éloquence opérèieiU une réconciliation, les trois rois tombèrent d*accordt et la Siléeie fut partagée entr^ les rois de Bohdfpe et de liongrie. « Je voudrais, reiparque à cette occasiQO .Frédéric H da|ia sea lyié^fmre» «f« Bnsmdebowrg^ qup f on eût rapporté d*autrea exemple» de Tétoquence c|p ^9 prince; car, da»a celui-ci, le^ 6.000 chevau)^ paraissent le plu$ fort argument, Un prince qui pe«|t ^écid^ le$i querellea par la forc^ dea arœea eat toujpura m grand dialecticien; c'est an Hercule qui persuade à coupa de maasue. » Cette manière de trancher ^ne question, k la façon dont s'y prit Alexandre le Grand i. Tég^rd du nœud gordien^ eat cependant Thistoire de bien des médiations nooii^a désintéressées, pour la plupart, que celle qui précède.
I^e duo de Sagan ayant ipanifesté des prétentions §nr led^ché de Crpssen» Jean le Cicéron marcha 4 a^ rencontre, la battit près dç la ville de Crossen ef te fît prisonnier,
Je^^ii B9F^.t P^ ii\^% après avoir fondé it Jb'f ^<^fgft-sur'l'QdfiT, ayeç l'autorisatiou (1) d« f9^\^
1^ f^mfiJQl^ distiqi^ latio &ur les agraadissemeats que la maison d'Autriche a dus (lé tout temps à des mariages : Bella gérant atii ; tu, fèllx Austrla, nnbe ? Nftn^ que Ifiv^ aUls, dat tibi regut Kemi^, Ce qui veut dire :
UcmMs tait ]ê fuent; toi» htiire««$»4i»tricb«, to istis ies
fia» \m nvanmM que lUw i(mm ai» ai^trei, y^ui^ ^ ]eik
{doançu (1) En date du la Mi UtNI.
âO IIISTOIBB MILITAïaE
Alexandre VI, une université que ses successeurs perlectionnèrent.
Son fils, Joachim 1*% reçut le surnom de Nestor^ sans doute à cause de son érudition (1), dont il tira grand parti pour gouverner avec habileté et huma^ Dite ; il connaissait plusieurs langues et était instruit dans tous les arts libéraux, avantages qu'il devait à la sollicitude de son père. Il devint électeur à Tftge de seize ans, gouverna plus pacifiquement encore que son prédécesseur , et mourut en 1535, après avoir réuni à la Marche de Brandebourg le comté de Ruppin, fief devenu vacant par la mort de Wichmann, dernier comte de Lindau, décédé sans laisser d^en*fants m&les.
A la diète de Worms (1521), Joachim P', zélé partisan de la cause du Pape, engagea Luther à renoncer à sa doctrine, que son fils Joachim II embrassa néanmoins (1539) peu de temps a{irès son avènement : certes le père ne pouvait ainsi prévoir que cette doctrine qu'il réprouvait marcherait si ra- 'pidement; mais les progrès de la réforme allant tou* jours croissant, le fils agit sagement, au point de vue politique, en Tadoptant, car ce fut là Tune des causes de l'élévation de la maison de Brandebourg. L'électeur Joachim II acquit, en efiet, « par la communion
(i) Frédéric le Grand dit dans ses Mém. de Brandebourg : c Joachim reçut le surnom de ïlestor, comme Louis XIII celui de » Juste, c^est-à-diresans^ue Ton en pénètre la raison. » On voit que le royal écrivain ignorait que Louis Xiil fut appelé le Juste parce qu'il naquit sous le signe de la Bakmce*
De la PAU8SB« 21
SOUS les deux espèces, les évéchés de Brandebourg, de Havelberg et de Lebus, qu'il incorpora à la Marche (1). » Au reste, avant d'en venir à un parti aussi grave que celui de changer de religion « Joi^cbim II 9 dont le fond du caractère était une bonté poussée jusqu'à la faiblesse, avait agi avec une louable réserve en tentant de vains efforts pour cond* lier les opinions religieuses.
Le sultan Soliman i*' venait de répandre la terreur en Europe en arrivant en cinquante jours de Gonstan* tinople à Belgrade. Il assiégeait Guinz, petite place défendue par 500 Hongrois, et ravageait le pays avec sa cavalerie, lorsque, après avoir perdu 300 hommes dans une embuscade auprès de Léopold, il se décida à lever le siège de celte ville et à marcher avec son armée vers la Carinthie. Toutefois, avant de se reti* rer, il laissa un renégat nommé Casson^ chef plu§ brave qu'habile, à la télé d'un corps de 15,000 che^ vaux, pour faire des courses dans la contrée et re« cqeillir des reoseignemenls sur l'armée impériale. L'électeur de Brandebourg, Joachim II, se joignit alors à Philippe, prince palatin, et tomba sur les troupes de Gasson avec 12,000 fantassins, 2,000 ca* valiers et quelques pièces d'artillerie. Décimés par le canon, les Turcs voulurent se débander, mais les premiers qui s'enfuirent tombèrent dans une embuscade; Gasson déploya la plus grande valeur et combattit jusqu'au moment où Joachim lui donna la
(1) Frédéric le Grand , Mém. de Brandebourg.
es II18T01UK UlLITÀlRE
inort(i). Ce combat eut lieu en 1882. I/empereur Charles- Quint, satiârait du talent et du courage déployés par Joachîm, honora cet électeur d'une décorAtioh.
Au départ de Joachim pour la campagne contra lèft Turcs, il se passa un de ces riens quîn^exîstent souvent que dahs Timagination des hommes, mais qu'ils interprètent au diapason de leur crédulité. Le Vbici tel que le rapporte gravement Jean CBanmcs , l*atiieur des Fies des Électeurs de Brandebourg de la maison des Burgraves de JSurenberg^ ouvrage que hous avons déjà eu roccasion de citer : « Il était arrivé. ft BerKn une chose extraordmaîre le jour que le margrave en partit pour cette guerre, après avoir fait prendre les devants à son bagage : c'est que quelques petits poulets qui n'étatent éclos que depuis deux ou troîs jours commencèrent à chanter comme des oocjô et à courir avec tant de force, que l'on crut que c'était le présage d'une victoire que ce prince devait rem*porter ; et cet heureux augure fut confirmé par l'évé^ ttement, comme îl a été dît ci-dessus. » Ne se croi* rijt-on pas transporté, à la lecture de semblable niaiseries, au temps où le plus grand des liistoriens, Tacite^ énamérait des présages sinistres comme ceux-ci : — Une femme accoucha d'un serpent (2); — * PGcéan paraissait ensanglanté (8); — un bœuf
(1) £« ine dé l'empereur Charles F, traduite de TitaUen tle M. Gregorio Letî. Amsterdam, 1702, t. II, pages 87 à 89.
(2) Annales, xiv, 12.
(3) /Wd., XIV, 32.
9I& LA PIH)0SS. 3S
•vàit pftrié (1); — ou bitn« au temps plus anôien encore où Tite-Live relatait que la statue de Mttrs, sur la voie Appieune^ s'était couverte de sueur (3)« et que» chez les Marruciniens, un eafant« dans le seita de sa mère, s'était éérié t Triomphe l triomphé (ft)t £l ne voit*on pas par là que la superstition trouve, idans toUB les temps et dans tous les pays, des esprits faibles qui ont besoin de ses fables comme d'un ali«> tnent. Il s'ensoit qu'un bon général doit savoir tirer , parti de la crédulité de ses troupes^ comme de tout défaut inhérent à la nature humaine» parce qu'il vaut souvent mieux^ quand on commande aux hommes, faire toiirnel* à bien leurs vices, que les nourrir et \^ faire éclater à for^e de vouloir les comprimer* T/hisi> toire nous démontre Cette vérité en nous démaiquant ies petits moyens mis avec succès en usage, dana « but^ par Scipion* Sertorius, César, Guillaume le Con^ quérant% Frédéric le Grand, Napoléon.
Tout en bravant la Cour de Rome et ses fulmi^ nantes ekeommunioations par l'adoption de la religion réformée, Joachim II wX la sagesse de rester étranger aux guerres de religion qui ensanglantèrent bientôt l'Allemagne ; il ne voulut point entrer dans VUnioh de Smûlkalde, faite en 16dg par les princeir proteétanta» et ayant obtenu de Ttlmpereur pour lui et pour aes Sujets pleine liberté de Consdence, il fut assét heureux pour faire jouir son Électorat des douceurs de lu
(2) Histoire R&maiite , XXll, î.
.: <s)iwdoXiuv,ié»
2& H1ST0IRB MILITAIRE
paix, pendant que les maux de la guerre désolaient la Saxe et les pays voisins : ce résultat avantageux avait été préparé par Thabileté de son chancelier, Lambert Distelmeyer^ homme capable qu'il avait deviné et sut attacher à son service.
« Dix ans après la première expédition que Joacbim fil contre les Turcs, comme ils projetaient d'attaquer les Allemands avec plus de force et de violence que jamais ils ne l'avaient fait, et que T Allemagne était menacée d'un grand danger à cause que la Hongrie, qui en est voisine, était occupée par les infidèles, du consentement de l'Empereur et des États de l'Empire il fut déclaré général de l'armée qui devait agir contre les infidèles (11 avriM5&2).
t> Mais cette expédition ne fut pas aussi heureuse que la précédente, et ce qui l'empêcha de remporter de grands avantages sur les ennemis, c'est qu^on ne lui fournit pas l'argent ni les troupes qui lui étaient nécessaires, ou que, lorsqu'on les lui envoyait, il les recevait toujours trop tard, en sorte que la belle saison s'écoulait sans qu'il eût pu faire aucune entreprise. Comme les soldats ne combattent avec vigueur qu'après qu'ils ont reçu leur paye, laquelle enflamme et redouble leur courage, ils refusaient d'obéir à ses ordres.
9 D'ailleurs, en ce temps-là, l'Allemagne était agitée de troubles intestins qui étaient cause que les princes de l'Empire, pensant à leur propre sûreté et occupés dans leurs États, négligeaient les affaires de Hongrie, ce quji fut fort préjudiciable à la chrétienté.
DB Lk PHDSSB. S5
» Bien des gens croyaient que Tenvie que Ton portait à Joachim était une des raisons de la lenteur avec laquelle on pourvoyait à ses nécessités : car,^ comme on appréhendait que par de nouveaux exploits il n'ajout&t une nouvelle gloire à celle qu'il avait acquise dans la Hongrie, il est vraisemblable qu'on fit ce qu'on put pour arrêter le progrès de ses armes ; mais par là on exposa l'Empire à un grand péril,
» Cependant, bien que Joachim n'eût pu chasser les Turcs de teurs places fortes, qui étaient défendues par des troupes innombrables^ il empêcha néanmoins qu'ils ne s'avançassent dans l'Allemagne , et il garantit les États de Ferdinand des pillages, du dégât, du brûlement et des inhumanités de cette nation barbare, ainsi que ce prince le fit voir fort^u long dans m beau discours qu'il prononça dans la diète de l'Empire (1). »
Paul Jove se montre sévère à l'égard de Joachim II pendant cette dernière expédition de Hongrie : il l'accuse d'avoir passé son temps dans des orgies et de s'être caché quand il fallait combattre. Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'il n'éprouva que des échecs.
La guerre éclata bientôt (i5/i6) entre l'Empereur et les princes protestants membres de la ligue de Smalkalde. Ces derniers disposaient de 6â,000 fantassins, 7,500 chevaux et 112 canons ; leurs lenteurs permirent à Charles*Quint de recevoir des renforts,
' (1) Gernitins, Vie$ desÉUcteurs de Brand^>ourgf traduction Teis9ier.
%6 HlStOtttË HllLlTAlKi:
et de prendre l*offenslve pendant que Maurice de Saxe, chef de la ligne cadette de la maîson de Saxe, opérait une diversion en sa ftiveur. La mort de François I'* vînt, en outre, délîvi'êr son rival de là crainte d*ttne attaque multiple. !.*Empôreur marche auââftôl contre les protestants, ayant dans son armée 500 cavaliers amenés par Jean George, fih à!né de I*éleôleur de Brandebourg Joachim H ;îl les atteint près de Mûhiberg (1547), force le passage de TEIbe en face de cette ville, attaque les alliés, les met en défoute étfait prisonniers rélectéur de Saxe et le landgrave de Hesse. Charles-Quint se montra très rigoureux à regard de Ce dernier, dont la fierté Pavait choqué (1): après avoir exigé qu'il se remit publiquement, lui 6t fies États, à son entière disposition, il le fit jeter en prison, malgré l'active intervention de Joachim It, auquel les ministres impériaux avaient promis qu*îl serait libre : on rapporte quMndigné d'une si grande mauvaise fol, Joachim, dans sa colère, lira son épéè Contre le duc d'Albe, en présence même de TEmpereur. Cette conduite de Charles s'explique naturellement; «Il sentait, dit son meilleur historien, quMl n'avait plus besoin des services de Joachim, et cet électeur vit avec douleur que l'Empereur avait oublié >ôOn ancien attachement et accordait peu d*égards à
(1) EU se Mfidîint prisonnier, le Ufldf râvé avait dit à Chartes*- Puint : Je demandé qu'on respixU m frioi h dignité de pn'n«ei ^ On la respectera comme vous le méritez , répartit Tempereur. —
Voêfe MâjesU impériale, Pêprtt le lâfidgravei pêùf faite dé moi tout ce qu'elle voudra^ mais elle ne nie fera jamais peur!
1>E LA PHUSSB» 37
0on intercoMion (!)• » On reconnaît cependant, en généraU que le landgrave de Hesse fui redevable dé ta vie aux inatanoes énergiques de Joaehim.
Maurice de Saxe, élevé à la dignité électorale en réconipenee dea nervicea qu'il venait dé rendre» fut chargé, conjointement avec Joachim II, du siège de Magdebourgt mise au ban de TËmpire parce qu'elle donnait afiile aux prédicateura luthériens lea plus fougueux et imprimait des libellea mordants contre Charles-Quint La ville se défendit treize mois M capitula sous condition que ses murailles seraient d^antelées»
Joachim II fil bâtir en 1565, par Tingénieur italien Girotnela^ la forteresse de Spandau ; on sait, en (ffet, qu'en Allemagne les premières fortifications bastionnées furent exécutées en partie par des iogé»* nieurs italiens au service des princes allemands^ et en partie aussi par des ingénieurs allemands qui s'étaient appropriés les principes de la fortification italiennci la pretnière ayant adopté la forme bas«tionnée: car il résulte, des recherches récentes de M* Charteg Promis (â),que c'est Tingénieur FrancêÊCO
<i) BosKRSTOSi» Histoire de Chafki-Q^ifU , traddctioA SCAAS^ édition format anglais, 1843, chez Didier, t. Il, p. 268.
(2) Voyez son Quatrième mémoite historique à la suite de la belle édition du traité d'architecture civile et militaire de FrancésCO m Gtoncfo llABTir«r, architecte tiennois du %y* sièele » pttMfé en 1841 (en italien) à Turin , sous les auspices de M. le chevalier César de Saluées. \\ a paru en 1846, à Paris, une traduction libre et abH^géetksdfttémoire&de M. €hûrle$ Promis, due ^ h plume savante de M. le colonel Àugoyat et eitttiilte un EpMcftmur militaire.
di Giorgio Martini qui a inventé les bastions vers Fan 1500. L'usage de fortifier les places devenait plus fréquent; Charles-Quint faisait alors entourer la ville d'Anvers d'une enceinte fortifiée, et le frère de Joachim II, le margrave Jean, élevait des ouvrages à Peitz et à Kustrin. Dans la construction de cette dernière place^qui eut lieu de 1537 à 1558, on exécuta des casemates défensives , dont << on attribue le ;tracé au margrave lui-même , et qui furent imitées à la citadelle de Juliers (1).
Un grand événement signala le gouvernement de Joachim II : il obtint en 1569, de son beau-frère Sigismond- Auguste, roi de Pologne, le droit, pour lui et ses héritiers, de suôcéder à Albert-Frédéric de Brandebourg , duc de Prusse, si ce prince venait à mourir sans laisser d'enfants mâles, et en échange de cette concession il promit de secourir la Pologne à main armée contre tous les ennemis qui l'attaqueraient* Cet événement, dont on était loin cependant de prévoir alors toutes les conséquences avantageuses, fut célébré à Berlin avec une grande pompe, telle que pouvait l'ordonner un électeur ami de la représentation et des fêtes, et dont la prodigalité força de multiplier les impôts et d'augmenter la dette de l'État.
Yingt ans auparavant, en 1549, à Grimnitz, un plancher s'étant affaissé sous Joachim II et sa femme^ l'électeur fut assez heureux pour ne se faire aucun
(i) Histoire de la fortification permanente, par M. A. deZastrow, page 105 du tome 1*' de ma traduction.
mal, tandis que rélectrice se blessa dangereusement, accident d'autant plus f&cheux pour elle que « la pudeur fut cause qu'elle ne voulut pas souffrir que les médecins y missent la main, » pour nous servir défi propres termes de Cernitius; mais Joachim II fut moins heureqx en 1571 : empoisonné par un juif de la cour, nommé Lippold, il expira le 3 janvier.
Son fils Jean-George^ souverain par cette mort de r électoral de Brandeboui^, acquit aussi la Nou» velle-Marche par héritage de son oncle, le margrave Jean. Le gouvernement de ce septième électeur de la maison de llobenzollern fut pacifique. Jean-George avait l'humeur douce et bienfaisante, mais il ne pousK sait pas la bonté au point de renoncer à venger son père; c'est pourquoi il commença par faire condamner au dernier supplice et par faife rouer le juif Lippold, auquel on attribuait la mort de Joachim II. Malgré son ardent amour pour la paix et pour la tranquillité publique, cet électeur fut non-seulement conseiller extraordinaire du roi d'Espagne Phi* lippe II et des empereurs Ferdinand I*' et Maxi« milien M, mais il exerça aussi parp'ot^mon la charge de général des troupes de ces trois monarques. Il reçut magnifiquement Henri de Valois, duc d'Anjou, lorsque ce prince, élu en 157/i roi de Pologne, traversa les terres de la Marche pour aller prendre possession de son trône, qu'il devait bientôt abandonner, dans le but de venir régner en France sous le nom de Henri III. Déjà , à son passage à Halle, Henri de
SO HiSTOiRR HaiTAlRB
Valois avait été reçu par te fiU cl« i^électeur, Joacbim» Prédénc , alors archovêqua de Magdebourg , dans le {4)&teau archiépisGopalt où il séjourna quelque? jottre, « étant charmé de la beauté du lieu, de Vhomiéteté et de la libéralité deeon hôte. >» Cee belles réceptions du pèr€ et du file étaient intéressées, parce que les électeurs de Brandebourg tenaient alors jl être confirmés par chaque roi de Pologne dans le droit de succéder au duc de Prusse i à défaut d'héritiers nnâles directs* Jean^George obtint ce qu'il désirait» à cet égard, dé Sigismond III, le second successeur de Henri de Yaloi? au trône de Pologne, qui le confirma dans Tinvestiture simultanée du duché de Prusse. On retrouve Télecteur de Brandebourg mêlé encew^e une foisk rhisloire de France en 1591. « En ce tennps^à, (apporte Cermiiui, le royaume de France était agité (te mouvements intestine, Henri 111 ayant été tué liiisérablement; et comme Henri Vf, roi de Navarre, |}ui était son plus proche héritier» avait souvent de* glandé par ses ambassadeurs, aux électeurs séculiers et ^ux princes de r£n)pire, qui étaient les anciens aJUéa de cette couronne» de l'assister oontre ceux qui voudraient epvabir son royaume « on résolut, ^'m commun consentement > dans une asiensUée tenue k Torgai), de lui envoyer du secours soue \û commandement du prince d'Ànhalt, »
Jean-QQQrg»ni04n)t le 8 janvier I6d&.
âon fils Joaebim^Frédéric lui sneeéda à Pftgo de cipquanke-deux ans.
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l^e ijoqvel électeur avait, ^ Tâge de dix-neuf ans, foit la guerrQ en Hongrie. Un an après il remplaça, 9.VQC Tapprobationde l'Empereur (1), son oncle l'archevêque de Magdebourg, et il administra le diocèse de CQ nom pendant trente -deux ans, se faisant chérir de ëes 3qjels par ses connaissances , son expérience, ga modération et sa justice. Il avait pris pour devise cette pensée : La crainte du Seigneur est le commencernent de la $Q$Ç9^^ Après avoir fait, suivant l'expression de rhistorien des électeurs de sa maison , nettoyer les couvents de toutes les ordures du papisme^ il se maria, « parce quil haïssait le célibat comme un prélat véritablement chrétien^ » et épousa Catherine, fille de Jean, margrave de Brandebourg, son grande oncle, et die Catherine, duchesse de Brunswick, dont il eut sept fils et deux filles.. En 1592 il avait élé| obligé, sur Tavis des médecins, d'aller prendre des bains aux eaux thermales de Carisbad , découvertes en 1S58 par l'empereur Charles IV, pour guérir la douleur que lui occasionnait une foulure des nerfs du bras. On trouve, à propos de ce voyage, une singulière mention dans les historiens, et comme cette mention importe à h peinture des mœurs du temps, il est utile de la reproduire : a. Suivant Tordre 4e l'empereur Rodolphe II, disent-ils^ durant six semaines qu'il séjourna à Carisbad, les bailliages voisins lui fournirent à juste prix^ outre la venaison, toutes les
(1) Datée du moi$ de septembre i$66; loachim-Frédéric prit iwssession de sa nouvelle dignité en janvier 1567.
autres provisions qui lui furent nécessaires. Frédéric-Guillaume , adnainistrateur de l'électoral de Saxe, eut aussi Thonnêteté de lui rendre le même office. »
A la mort de son père, Joachim- Frédéric fut reconnu avec joie comme électeur de Brandebourg par les peuples de la Marche, dont il était aimé. « Il se démit de Tarchevêché de Magdebourg en faveur d'un de ses fils, nommé Christian-Guillaume. Il administra la Prusse pendant la démence du duc Albert- Frédéric. Il recueillit la succession du duché de Jsegerndorf, qu'il céda à un de ses fils, nommé Jean-George, pour le dédommager de l'évêché de Strasbourg, auquel il avait été obligé de renoncer. Dans ces temps-là, les successions se réunissaient souvent et se divisaient de même : la mauvaise politique de ces princes rendait le travail que la fortune faisait pour Tagrandissement de leur maison ingrat et inutile (1). »
A cette époque comme maintenant, quoique sur une plus petite échelle , les souverains du pays de Brandebourg gouvernaient des pays séparés par de grandes distances; ce fut sans doute là ce qui engagea rélecteur Joachim- Frédéric à établir un conseil d'État permanent, car ce fractionnement de la puissance brandebourgeoise multipliait nécessairement le nombre des affaires importantes. Il composa ce
(1) Frédéric le Grand , Mémoires pour servir à l'histoire de la maison de Brandebourg,
DR LA PHttôr. Sa
conseil d'État de neuf membres (1)^ qui délibéraient ordinairement sans lui ; depuis, ses successears ont conservé cette utile institution.
Joachim-Frédéric fonda ^ pour l'éducation de la jeunesse, le collège de Joachimsthal , et publia des lois somptuaires dont la promulgation se trouvait jus* tifiée, suivant les idées du temps, par la pauvreté du pays et la rareté du numéraire. Après avoir gouverné rélectorat pendant dix ans et demi, il mourut le 18 juillet 1608, vers midi, &gé de soixante-deux aas cinq mois six semaines.
Jean-Sigismond le remplaça : c'était le neuvième électeur de Brandebourg de la famille des margraves de Nuremberg. Dès qu'il fut électeur, il demanda au roi de Pologne Sigîsmond III de le maintenir dans tous les droits que son père avait sur le duché de Prusse, en qualité de curateur et d'héritier de ce pays. Animé d'une grande bienveillance à son égard, le roi lui accorda sa demande y et, malgré les oppositions et les plaintes de plusieurs députés de la noblesse du duché, lui conféra la tutelle d'Albert- Frédéric, duc
(i) Yolcî leurs ooms : ,
Jérôme SchUck;
Baron de Rhets;
Jean de Lôben, chancelier;
Christophe de Wallenfels;
Jérôme de Disicou;
Christophe de BeniLendorf, vice-chancelier ;
Frédéric de Pruckmann ;
Simon Ulrlc Pistoris;
i4Kàcbim Habaer. ^
SA BISTOIAB MIUTAIRB
de PniMe, qui ne jouissait plus de la plénitude dorsas facultés intellectuelles, et Tadministration absolue dâ cette province, par lettres patentes expédiées h Gfàm eovie le â9 avril IGOiK du consentement dessénateiirs •l des États du royaume. Sigismond 111 donna, e^ outre, à Télecteur de Brandebourg Tinvestiturs dû duché de Prusse pour lui et ses descendants : c'était la troisième investiture de ce pays donnée à, la maifMiq éieetorale: comme nous Tavons vu, la premiàre ioi vestiture avait été donnée à Joachim 11, et taseeopde à Jean-George. Cette investiture cessa bientôt d*étre une éventualité, et deux ans et demi après qu'elle avait eu lieu Jean Sigismond devenait due de Prusse^ fsttdataire de 4a Pologne. En effet, à la mort du duc Altertt-Frédéric, son beau-père, a il fut invité par le rd, le sénat et les États de Pologne À accepter le fief d0. Prusse, et à leur rendre hommage à la diète de Varsovie. 11 se mit en chemin sans délai , quoiqu'il eût plusieurs raisons pour différer ce voyage; étant arrivé en cette ville, il fut reçu du roi avec beau<$ottp d'hoaiiMeté ; et ce fief fut conféré non^eulemefit à rélecteur et à ses héritiers milles, mais aussi à Jean- George, à Ernest et à Christian-Guillaume, ses frères, et à leurs enfants mâles, dans un lieu publie, par un acte solennel, du consentement unanimç de Sa Majesté, de tous les sénateurs, d^s députa dPS provinces, des États du royaume et de tous ceux qui avaient droit de donner leur suffrage en cette occasion (1). » (6 novembre 1611.) (1) Cernitius, Vies des Électeurs de BraruUmàf^: o
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^^nr^jgismpDcl est donc la premier électeur (|p ;gfan^))ourg qui fui en Féalité due dePrusn: ses tf pi§ pri§4épea9eur$ prenaient ppuFta»t ce titre^ q^qk gi}'ils pe fu^nt qyg l^si héritiers désjgnéci de c» (}Hr ghi§ p^ nHltement ses pt^esseure*
P^ phef de s% femme, 4eaP-8igismond devait héz yiter 4e la suoeessian c}^ Clèves, qui cenippenait liap p^y# fie Juliers, Berg, Q\hyeB, la Marck, Raven8)>|3rg çl i(^yei|s|eii) ; mais ii fut pioin» heqreux dans cet|^ â^nde affaire que d^ns ç^ile de |^ Prus^. Da namr i^rçiif cQinpétiteprâ surgirent ; les plu9 redo^t»l){e^ ét^ieo); la jn^ÎBOù libertine ou électorale de Saxe, la ipaispn ËrnesUûe ou dmtrale d^ .8a:|^e , ^t le com^p palatin de Neubourg. ^'Ëpip^reur fit décider piar )p §onse|I aulique q(|e le^ fiefs en litige seraient rernîs en 4épôt entre le§ noj^ins de Tarchiduc Ijéopol^, évêqu^ d^ f ^au ; ce séquestre ne contenta ni Jean-Sigia*inp^ J3i lecpnitede r^jeubourg^ qui ^'accominod^rent ^tre eu¥> s'emparèrent des duchés vaa^nts, denian- 4èFen^ ()es seisQurs kV Union des princes protestante et s'abritèrent sous la protectimi de Henri IV, roi de fTs^nf^e. L'argjjidwc {-éppold demai^da sepours ^ ).a ifomte-Zi^ud des^princes catholiques. Des deux c^tés fen s'empressa d'armer, et Ton allait en venir aux n^aîns, à la grande satisfaction de Henri IV, qui vpy^jt gnfin comïo^nG^v l'exécution de ses projets pi^ar l'abaj/Bsement de la maison d'Autriche et le remaniement politique de f Europe (1), lorsque ce grand
(i)^Les princes protestants devaient fournir à I^enri |V, |H)Hf
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homme succomba frappé par Ravaillac (1 A mai 1610)» Pour se trouver en état de soutenir ses droits par la force des armes, Jean-Sigismond ordonna un armement général de 787 chevaliers, parmi lesquels il choisit, lors de leur réunion au lieu fixé pour le rassemblement, &00 hommes d*élite. La noblesse fournit 1,000 fantassins, sans compter un corps de piquiers commandés par le colonel Kracht ; les villes mirent sur pied 2,600 combattants. L'électeur nommait les officiers de ces troupes, qui étaient entretenues aux frais des États pendant trois mois, terme après lequel les hommes qui les composaient retournaient dans leurs foyers : on les licenciait lorsque le motif de leur levée irexistaii plus.
On surnommait rélecteur de Brandebourg et te comte de Neubourg les princes possédants des provinces en litige : ces deux compétiteurs vivaient en assez mauvaise intelligence, malgré toutes les tentatives d'accommodement que leurs amis avaient faites. On proposa enfin de marier la fille de l'électeur
son expédition contre la maison d* Autriche, quinze mille hommes de piedf deux mille chevaux et dix canons à leurs frais et dépens, comme on le trouve indiqué à la page /i66 du tome ni des Mémoires ou OEconomies royales d' Estât domestiques, politiques et militaires de Henry le Grand, par Maximilien dë Béthunë, duc de Sullt* Paris, in- folio, 1662. Cette expédition était aussi un grand acte de politique intérieure^ car elle réunissait sous le même drapeau les catholiques et les huguenots et pùi-geait le royaume d*un grand nombre de bandits, accoutumés aux pillages de la guerre , et qui» désœuvrés depuis la paix , commettaient de grands désordres sur lea routes et dans les villages.
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au jeune duc de Neubourg ; mais, dans une entrevue, Jean*Sigismond, qu*en traînait la chaleur de la discussion, ne sut pas se maîtriser et donna un soufflet à son futur gendre. Pour laver un pareil affront, ce dernier se fit catholique, devint membre de la Sainte- Ligue et épousa la fille du duc de Bavière, chef de cette ligue. Ces démêlés ne devaient être terminés que par le grand électeur Frédéric-Guillaume, petitfils de Jean-Sigismond.
On cite, comme une particularité remarquable pour répoque, le fait que Téiecteur Jean-Sigismond a avait l'adresse de tuer avec des armes à feu les ciseaux en volant, v
Cet électeur mourut le 22 décembre 1619« En 1617, alors qu'il gouvernait Télectorat de Brandebourg et le duché de Prusse, il y avait deux siècles que la maison des burgraves de Nuremberg possédait le Brandebourg sans que cette possession eût été interrompue. Ceux qui se plaisaient au jeu des nombres trouvaient cette date dans le nom de l'électeur,
Jean-Sigtsmond, électeur,
écrit en allemand de la manière suivante :
lohan sIgMVnD ChVrfVrst, car, en groupant les majuscules de cette dernière ligne , on obtient :
MD(^, ce qui veut dire. • . 1600
trois Y, signifiant 15
et deux I^ ou. . . . . • • 2
â8 HISTOIRE MILITAIRB DK LA PKUSSB.
De pareils rapprochements sont assurément plus curieux qu'utiles, mais il existe toujours des personnel (}ut is'y intéressent.
Là Prtlsse étant, à partir de Jean-Sigismond^ Ynnê des provinces héréditaires des électeurs de Brande^ bourg, son histoire se confond dorénavant avec eell^ du Brandebourg ! c'est pourquoi , avant d'exposer l'histoire des successeurs de Jean-Sigismond , nous allons revenir sur nos pas poiir j^ter un cou^ d'œil rapide sur l'histoire de la Prusse, depuis son origine jAisqu'à son incorporation à l'électorat de Braude^ bourg;