NS LA PAUSES
tion : Prima meœ gentis^ 1701. Le nouveau roi en fit jeter pour 10,000 écus au peuple lors de sa sortie* de Véglise où il venait d'élre sacré. Outre cette mé* daiHe principale, on en frappa plusieurs autres h cette occasion. La plus curieuse de ces dernières est sans contredit celle qui, ayant sur la face Teffigie royale avec ces mots : JFridericus /, rex Borussiœ, porte au revers un aigle entouré de la légende Uinc Javis inde meum^ et autour (le cette légende tous les noms des Électeurs de Brandebourg, depuis 998, écrits en entier, avec les dates de Tavéneinent et de la mort de cha cun d'eux (1); ces électeurs sont au nombre de trentesept.
La nouvelle reine de Prusse, d'accord avec l'opinion générale des Brandehourgeois, ne partageait point le désir ardent de son époux de devenir Majesté royale; elle regrettait même, suivant son expression, d'aller jouer m Prusse la reine de théâtre vis-à-vis de son Ésope. Celte princesse, malgré la maturité de sa raison et la solidité de son savoir, voyait faussement en celle circonstance. L'acquisition du titre de Roi était pour la Prusse d'une haute importance politique i eli? jetait un germe de grandeur dans les des* tiûées de ce pays, ca,r il est moins choquant de voir
(4) Liben und Thaten Herm Friederichs des Ersten, Koniges in Preu^seOiM^irkgrafen.zu Br^ndeburg, des haiUgeo Rou)ischen Reichs Erzkammerers und Churfursten, etc;, von Christian HeinrichOuttherUy in-Zi. Breslau, chez Jean-Jacob Korn^ 1750, p, 167. -^Études sur la Prusse, tome II, p. 279. Voir Ta rticJe subies Médailles de I7OI.
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un royaume s'agrandir qu'un électoral faire des conquêtes ; elle lui permettait de se mettre h la tête des puissances protestantes, en Allemagne, et de contrebalancer ainsi l'influence prépondérante de la catholique Autriche. Aussi le prince Eugène de Savoie dit-il, en apprenant cette concession : « Que l'Empereur devrait faire pendre les ministres qui lui avaient donné un conseil aussi perfide. » La royauté, a écrit celui des successeurs de Frédéric !•' qui en sut le mieux profiter (1), était une amorce que ce monarque jetait à toute sa postérité, et par laquelle il semblait lui dire : « Je vous ai acquis un titre, rendez-vous-en digne ; j'ai jeté les fondements de votre grandeur, c'est à vous d'achever l'ouvrage. »
A-près la bataille de Narva (1700), le roi de Suède, vainqueur, promit Fa neutralité à la Prusse; néanmoins il eût été prudent de conserver quelques soldats pour veiller à la défense du nouveau royaume ; mais Frédéric I" n'en fit rien, et, ayant levé 8,000 hommes de nouvelles troupes, il les envoya en Flandre, à l'armée des alliés. Bientôt même il déclara la' guerre à la France, à cause de dégâts commis dans lé pays de Glèves par l'armée du maréchal de Boufflers.
Les troupes prussiennes prirent part à plusieurs des opérations dé la guerre de la succession d'Espagne. Ainsi en 1703 elles firent, à ia première bataille d'Hœchstœtt, perdue par Styrum et gagnée par Villars, une belle retraite en carré, sous le commandement du prince d'Anhalt.
(1) Frédéric le Grand, Mémoires de Brandebourg.
DE Ik PRUSSE. iââ
On les relrouve ensuite à la seconde bataille de» Hœchstœtt (170/i), dans laquelle le prince Eugène et Marlborough remportèrent la victoire sur Tarmée franco-bavaroise. Elles sont à la droite de Tarmée des alliés, sous lé coninoandement du prince Eugène. Ge général attaque d*abord vers le village de Lulzingen, avec 11 bataillons prussiens» 6 bataillons danois et la cavalerie impériale. Cette dernière lâche piejd et, malgré les efforts du prince d'Anhalt, rinfanterie suit son exemple et ne parvient à se rcr foraier qu'au bout d'une heure (1). Dans une seconde chargp cette infanterie éprouve le même sort. C'est seulement à la troisième tentative que le prince Eugène vient à enlever les bataillons prussiens, qui, malgré l'abandon de la cavalerie et le jeu de la mitraille, donnent bravement et contribuent au succès de la journée.
Le prince d'Anhalt, avec ses 8,000 Prussiens, marcha ensuite en Italie. En 1705, et au début de la campagne dé 1706, il assista aux défaites subies à Cassano et à Calcinato par le prince Eugène, dont la fortune cédait à celle de Vendôme; dans la première il fut blessé, et quantité de Prussiens se noyèrent dans le Ritorto, en voulant le repasser précipitamment. Le 14 juillet 1706, il dirigea le passage d'une partie des troupes impériales sur rAdige,.et le 7 septembre 1706, participa à la victoire remportée parle prince Eugène sur les Français, aux approches de
(1) Histoire du prince Eugène de Savoie^ ia-iS. Amsterdam, i7A0, t. II, p. 178.
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Turin* Dans cette journée, où les alliés forcèrent les retranchenfîents français, dont le.duc d'Orléans avait en vain proposé de sortir pour attaquer, le prince d'Anhalt formait l'aile gauche avec son infanterie. Il attaqua à la baïonnette ; écrasés par le feu des Français, ses soldats reculèrent en désordre, et ce ne fut qu'avec Taide du général de Stille, et après de grands efforts, qu'il parvint à rétablir les affaires. Le prince Eugène accourut à sa gauche et contint Tennenîi; alors, honteux d'avoir rétrogradé, les Prussiens poussèrent en avant et pénétrèrent dans le retranchement par un endroit faible. Ce mouvement décida le gain de la bataille; le prince Eugène en écrivit unelettre^e félicitation à Frédéric I".
Pendant ces luttes ce monarque acquérait pacifia quement deux accroièsements de territoire, le comté de Tecklenbourg en Westphalie^ par achat, et la principauté de Neufchâtel (1) (y compris le comté de Vallangin) en Suisse, par héritage. Les États de ce dernier pays, entraînés par les raisonnements du célèbre Leibnitz, le lui adjugèrent (2) en effet, comme héritier de la rnaison d'Orange (3), à la rtiort de la
(1) En allemand Neuburg.oix Neuenburg {1&& dm% formes $e rencontrent dans les auteurs).
(2) Saînl-Sinmn raconte dans ses Mémoires comment nos mîttistres réveillés par tes hauts cris de madame de Sailly, alliée àe de madame de Mainlenon , s'avisèrent , mais trop tard, de sooteBir dans cette affaire les prétendants français.
(3) Aussi sur la médaille frappée à cette occasion, Frédéric !•' I^rend-il, mitre ses titres ordinaires de Eex Borussiœ et û'Elèctor Brandenburgicus, le titre de Princeps Àuriacus ({ïrince4'0raa|W-
DB LA TRDSSB. 435
duchesse de NemoursCiTO?), dernier représentant de la maison de L.ongueville, qui possédait celte principauté depuis 1515. Louis XIV ne reconnut ce dernier accroissennent qu'en 1713, à la paix d'Utrecht, en même temps que le titre nouveau de roî de Prusse, et sous la condition que la principauté d'Orange ferait retour à la France. Frédéric I*' respecta les droits des Neufchâtelois, qui avaient toujours eu sous leurs différents maîtres la jouissance entière des droits civils, et depuis cette époque, jusqu'à nos jours (1), la Prusse a conservé la souveraineté sur Neufchâtel, sauf de 1306 à 1815, où cette principauté appartint au nriaréchal Berlhier (2).
L'année suivante le roi de Prusse envoya 4,000 hommes à Hambourg, pour y calmer une émeute.
Lorsque la défaite de Pultawa eut abaissé la puissance suédoise, Frédéric resta neutre et ne se joignit pas à la Saxe et au Danemark pour attaquer les provinces précédemment conquises par Charles XIÏ.
Pendant Tannée 1708 , les troupes prussiennes continuèrent à combattre en Italie et en Flandre; dans ce dernier pays elles coopérèrent à la batâilte d'Oudeiiarde, ainsi qu'au siégé de Lille, sous le commandement du comte de Lottum.
(1) Jusqu'au traité signé à Paris le 25 mai 1S57, par. lequel le roi de Prusse vient de consentir à renoncer à celte souveraineté pour lui et ses successeurs : TÉtat de Neufchâtel fait depuis lors partie définitive de la Confédération suisse.
(2) Alexandre Berthier mourut loi" juin 1815, dix-sept jours avant la bataille de Waterloo, à Bajnbergr, où il s'était retiré pendant les Cenl-Jours, auprès du duc de Birkenfeld, son beau-père.
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Dans la campagne de 1709, les Prussiens entretiennent 19 bataillons et 39 escadrons à l'armée des alliés. Ces forces prennent part au siège de Tournai ; lé comte de Lottum y dirige Tune des trois attaques, celle de la porte de Valenciennes, entre le haut Escaut et ta Citadelle, et pratique en vingt-un jours de tranchée ouverte (du 8 au 28 juillet) une brèche assez spacieuse pour donner Tassant à la ville, ce qui engage les assiégeants à battre la chamade; il assiège ensuite la citadelle, qui se défend jusqu'au 3 septembre.
Le prince héréditaire de Prusse, depuis Frédéric- Guillaume 1", était présent au siège de Tournai ; pendant la bataille de Malplaquet, livrée peu après ril septembre 1709), il figura également au milieu des rangs prussiens. Dans cette action, le comte de Lottum et le comte de Finck se distinguèrent à la tête de l'infanterie prussienne, rangée à l'aile droite sous les ordres de Marlbbrough ; Finck força le premier les retranchementa français et soutînt par deux fois la cavalerie impériale repoussée. Les pertes des Prusr siens montent, pour celte journée, à 309 morts et 894 blessés (1); parmi les morts citons un officier qui avait eu la veille le pressentiment de sa fin prochaine, M. de Derschau, colonel du régiment d'infanlerie du prince royal (2).
J/année suivante (1710) les Prussierts, aux ordres
(l] Quincy, Uht, mil, de Louis le Grand, t. VI, p. 206. (2) Mémoires de Pœllnitz, l. 1, p. 3Û2.
vu LA nitSSE, 1S7
du prince d'Anhaltt assiégèrent et prirent les places d'Aire et de Douai.
En 1711, pendant que les Russes, les Polonais et les Danois attaquaient Charles XII en Poméranie, Frédéric 1" garda encore la neutralité pour ne point exposer ses États à la misère résultant des maux de la guerre. Les habitants du royaume de Prusse souffraient, en effet, déjà bien assez de la disette et de la peste amenées par le voisinage de tant d'armées; (néanmoins entraîné par son amour de la magnificence, leur premier monarque ne les secourut pas assez, malgré les représentations de json fils.
La mort de l'empereur Joseph (1711) et la victoire remportée à Denain (1712) par Villars facilitèrent bientôt la pacification de l'Europe, en guerre depuis douze ans; le traité d'Utrecht (1713) fut le sceau de cette pacification ; le roi de Prusse, Frédéric P% mourut peu de temps avant sa conclusion, des suites d'une maladie lente.
Le. principal trait du caractère (1) de ce monarque c'est la magnificence et la bizarrerie dans les actes de libéralité, puisqu'il gratifia un jour d'un fief de 40,000 écus un chasseur qui avait été assez heureux pour lui faire tirer un cerf de haute ramure.
(1) Ik^na le juge avec induigence : « Ou ne saurait rien lui reprocher, dit-il, si l*on en excepte d*avoir, par un excès de bonté d'âme, laissé queiqirefois prendre un peu trop d'ascendantsur son esprit à de certaines gens qui en abusaient, et dont il savait fort bien se défaire, lorsqu'il s'apercevait que les choses allaient trop loin. » Mémoires cités, p. 3/i2.
Son règne offre peu d'intérêt au point de vue «lilitaire.
Pendant sa durée l'armée prussienne ftit successivennent diminuée ou augmentée suivant la baisse ou la hausse des subsides étrangers. En 1713, ^effectif de cette armée montait à 30,000 hommes, chiffre qui se décomposait entre Tinfanterie et la cavalerie, corïime Tîndiquent les deux tableaux suivants.
Tableau de l'Infanterie prussienne é la mort 4e Frédéric P' (1713).
NOMS DES KÉGIMEMTS.