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' ifùfinre jfiiZeJtif/ri' tie ùi Pr^w^e fftr'^ KA.4;tje \'c Hi-irr*' Di^îiBdi^i
M LA PRDSffil. 111
lamne ftiréte son plan d^attaque. Il jettera son effort principal contre la droite suédoise, complètement dépourme dVtrtillerie, se bornera, contre le centre en* nemi, à une simple canonnade, et contiendra la gauche de Wrangel par la menace incessante d'une charge de la part de plusieurs escadrons commandés par le landgrave Frédéric de Hombourg.
Tout dépend de ^exécution exacte, rigoureuse, de te plan. L*Êleeteur s*avance, protégé par son artiHerie, qui occupe une position centrale; il côtoie avee ses principales forces le bois de Dectow, et se prépare à tottfMP la droite ennemie. Malheureusement le prince de Hombourg oublie ses instructions, et attaque Mempêstivement )a gauche suédoise : en dépit âH 8M doorage, i\ est défait et refoulé avec perte. If s*agit maintenant de sauver ses interdis comprom^ f>ar un imprudent Keatenant; Frédéric-Guillaume n^hésiteptus, el s'élance, entraînant, dit-on, ses so)<<^ dat»sur ses traces par ces ftères et confiantes parotes 5 • Compagnons, je ne yeux pas d'autre défense el d^uti^ee aimes que la protection de Dieu , votre cou*» fiage et mon épôe. Suireî&moi donc, mes amîs, et sefes sâre de hi victoire. » Il brusque son attaqm, et se maintient, malgré les projectiles de l'artillerie tMemie, malgré les charges de la cavalerie suédoise* L'infisniterie de Wrangel essaye de s'emparer de la batterie brandebourgeoise. Vaine tentative. Le colonel Môrner répond aux ordres électoraux apportés [^ Hn. aÂ4e-d%Çi9i9jif^ ^ « J^. «ij^UTi^ai {4utôV9^e de laisser l'ennemi prendre nos bouches à feu! » et^tmrt
112 mSTOIRB MILITAIRE
parole; les artilleurs, électrisés par son audace et son trépas, déciment les fantassins suédois, les obligent à reculer. Wrangel dégarnit son centre en faveur de sa droite ; mais il est trop tard , la droite se met en déroute, et cette déroute se propage jusqu^à la gauche. Les Suédois battent alors en retraite sur deux colonnes, le long de la double crête longitudinale du plateau. La colonne de droite résiste assez bien aux chicanes des vainqueurs, et gagne Fehrbellin en ordre ; la colonne de gauche souffre à peine de la poursuite des troupes harassées du prince de Hombourg.
Les murailles de Fehrbellin abritent les vaincus, et la nuit met fin au combat. L'obscurité favorise Tévacuation de cette place , qui se termine, le 19, par rincendie du pont ; les Suédois gagnent le Mecklembourg par Ruppin et Witstock.
L'effectif des armées engagées montait, avant l'action : à 5,600 cavaliers, 500 fantassins (1) et 13 bouches à feu (2) du côté des Brandebourgeois ; à 4,000 chevaux, 7,000 hommes de pied et 38 pièces d'artillerie du côté des Suédois. La lutte fit perdre aux vainqueurs 500 tués ou blessés ; aux vaincus, environ 3,000 hommes, dont plusieurs officiers supérieurs, 8 drapeaux, 2 étendards, 1 canon.
D'après les effectifs précédents, le lecteur voit que le combat de Fehrbellin est une action où la cavalerie
(1) Ces 500 mousquetaires arrivèrent après la décision du combat.
(2) Neuf canoDs de 3 livres» deux canons de 12 livres, et deux obusiers.
DB LA PltUSSB. lis
remporte sur Tinfanterie : comme tel il a élé souvent cité. Il mérite aussi Inattention* parce que TÉlecteur, dans sa marche rapide pour atteindre ce champ de bataille, trouve moyen de se faire suivre par des bouches à feu qui vont aussi vite que sa cavalerie, et pourtant rariillerie à cheval n'était pas encore inventée.
Frédéric-Guillaume accorda sou pardon au landgrave Frédéric de Hombourg, dont la légèreté avait failli compromettre, à Febrbellin, la fortune du Brandebourg.
Cette campagne de 1675 est assurément fort belle ; elle honore TÉlecteur, et, pour citer le plus illustre de ses descendants (1), « sa postérité date, de la fameuse journée de Fehrbellin, le point d'élévation où la maison de jSrandebourg est parvenue dans la suite. »
En 1676, le grand Électeur débute par conclure un traité avec le Danemark. Pendant que la flotte de ses nouveaux alliés ferme les ports de la Suède, il chasse les Suédois de l'île de Wollin, s'empare d'Anclann bloque Slettin.
La campagne de 1677 fut moins heureuse pour les Suédois, et leur jeune roi Charles XI, en Poméranie que dans la Suède méridionale, où ils avaient battu à Lunden le roi de Danemark Christian Y. Frédéric- Guillaume obtint la capitulation de Steltin : il y mit, il eàt vrai, six rûois de tranchée ouverte, et perdit
(1) Frédéric le Grand.
lift UIStOlUB MILITAIRE
beaucoup de monde, deux circonstances fâcheuses qui déuùteut rinhabileté de ses officiers et l'inexpérience de Bee troupes en fait de siége^ et nous ie montrent^ ious ce rapport, très arriéré pour un contemporain de Vauban*
L'année 1678 sourit à TÉlecteur^ qui enlève l'He de Rugen aux Suédois, bombarde Stralsund, et s'en èmpar^^ ait)si que de Gdpswald. alors une mauvaise ttouvelle lui parvient. : 16,000 Suédois, sOus le général Horn, inondent la Prusse, mettent le feu aux faubourgs de Memel, réduisent Tilsit à l'obéissance. Pout sauver son pays, parcouru et ravagé êU tous sefts, il revient, avec la promptitude de conception du géhfe, à ce système de maixhe rapide qui Ta conduit au succès sur le plat?eau de FehrbeHin-. 11 quitte Beîlin (10 jativier 1679) à la tête de 9,000 homme», franchit la Vistule, pousse jusqu'aux Suédois, qui reculent à son approdie* Sur les bords du Frische-Baff, il i^ncontre un amas de traîneaux préparés par ses ordr^ : entasser ses soldats sur ^s tratnea^x , l^s faine tsourir par jour pendant 7 milles allemands, atteindre Tilsit, délivrer cette plaôfe, lancer ses lieutenante à la poursuite de {1drn> tout œla lui demande quelques jours à p«ine> et le I/4 janvier il éntm triMa- (^nt à Kœnigsberg*
îiiOUii XIV veut faire rendre aux Suédois ce que VÊlecteur teur a enlevée lO^OOO Fran^çais^ eonduAs p^ Gréqui> s'emparient de la principauté de Minden, du duché de Clèves et de la portion brandebourgeoise de la Westphalie. Frédéric •Guillaume, alarmé
DB LJk PRfmdK. 115
de 668 pertes, sachant de plus les Bayarois, les Polo- Mis et les Saxons prêts à Tattaquer, résolut d'en vemr à la paix avec la France. Cette paix, après beaueeup de difficultés, fut conclue et signée en 1679, à Saint-Qermain-en-Laye, sur les bases do traité de Westphatie. Frédérfc-GtiHIaume restitua ses conquêtes ttux Suédois, et promit de ne point donner seeoars wx Danois; en compensation, il conserva la propnété des péages maritimes de la Poméranie ulté* rieure, et (es villes de Camin, Greiffent>erg, Witdenbtatk el Garz, et reçut une indemnité de 800,000 écus payés par le roi de France. Ce traité mit fin à sa carrière militaire,
ftédéric-GttîIltume porta dès lors son attention SOT Tudministration intérieure de son lilectorat ; il éta- MH un impôt unique et sans privilège, l'accise, et introduisit Tusage des postes.
II fut te premier souverain brandebourgeois qui entretint une marine. Dès 1678, on le voit louer à on négociant fabliandais S frégates armées de 25 eanonsdiacune, ainsi que d'autres petits bâtimeiM, Irire armer ltei*même, dans ses États, quelques na» vires, réunir biefitdt jusqu'à 10 frégates, et entrele^ oir dans ta mer Baitique une croisière qui facilita ses tipératlons contre les Suédois, notamment les i»ége$ 4e Siettin et de Straisund. La conquête de toute la Poméranie Tayant gratifié dnne bonne étendae de côtes, depuis Straisund jusqu'à Meaid, il s'occupa de faire fleurir dans ses États le commerce maritime, Mnéliora le fiort de MUau, et établit à BerUn «ne
146 HISTOIRE MILITAIRB
chambre de commerce : la restitution postérieure de la Poméranie aux Suédois, par suite des stipulations de la paix de Saint- Germain, paralysa ses desseins* mais ne les annula pas. Après avoir envoyé sur les côtes dTiSpagne et d'Amérique une escadre de 6 frégates, qui se mesura assez heureusement avec 12 bâtiments espagnols, et fit quelques prises, résul^ tat qui étonna TKurope, en lui révélant l'existence d'une marine brandebourgeoise, il entreprit de lier des relations commerciales avec la Guinée, Une al* liance fut d'abord signée en 1681 , en son nom, avec trois chefs de peuplades de cette côte africaine, et le !•' janvier 1683 le major de Groeben, chef de son expédition, bâtit sur le mont Mamforl un fort armé de 20 canons, où il arbora le pavillon de Brandebourg, dans lequel il laissa garnison, et qu'il nomma Grosfriedrichsbourg. L'année suivante, deux autres petits forts s'élevèrent à proximité de ce premier établissement, et en 1685 l'Électeur acquit et releva le fort d'Arguin, dans l'île de ce nom, située entre le cap Vert et le cap Blanc , près de la rivière du Sénégale Ces quatre. forts, malgré leur faiblesse réelle, excitèrent la jalousie des Hollandais; Frédéric-Guillaume la contint. Son fils continua, à cet égard , ses projets; mais son petil-fils, dégoûté des frais considérables qu'ils entraînaient, vendit pour une somme minime, à la compagnie hollandaise, les terrains qu'il possédait en Afrique (1).
(t) Dmertation contenant dès anecdotes du rè^nè de Frédéricr
L'équité bien connue du grand Électeur le fit choisir, en 1679, pour arbitre par le duc de Holstein- Gottorp et par la ville de Hanabourg, alors en démêlé avec le Danemark. Ses conseils réussirent également à faire comprendre à rAllemagne combien les attaques des Ottomans la menaçaient plus que les progrès de Louis XIY , et il donna sa garantie (6 novembre 1&8&) pour le traité de T Empire qui assurait à la France Strasbourg et KehI.
(/arrivée à Berlin d'un ambassadeur du khan des Tartares , Mourad-Geray, montra la hauteur de sa réputation, puisque Ton venait de si loin cultiver son amitié.
Le décès de l'administrateur du duché de Magdebourg fit entrer Frédéric-Guillaume en possession définitive de ce pays, dont l'Empereur ne tarda pas à lui donner l'investiture (1685). La même année, un autre bonheur lui échut en partage. La révocation de l'édit de Nantes expulsa les protestants du territoire français : vingt mille des proscrits répondirent à la promptitude de son appel généreux (1), et vinrent fonder dans le Brandebourg divers établissements. Industriels poUr la plupart, ils enrichirent
Guillawne le Grand, Électeur de Brandebourg, et surtout de ses exploits maritimes, lue dans la séance pul)Uque de TÂcadéoiie de Berlin, le 26 janvier 1781, par M. de Hertzberg, ministre d'État et membre de rAcadémie.
(i) La révocation de Tédit de Nantes fut signée par Louis XIV le 22 octobre 1685; l'édit de Potsdam, offrant asile aux f^rotestants français sur les terres dépendant de Félectorat de Brandebourg, porte la date du 29 octobre 1685.
118 HlftTOiaB MILITAIRE
r Électoral de manufactures, qui l'affranchirent bientôt (rachats coûteux chez les nations élritngères. Les villes de eelle contrée, Beriin principalement, ^'çrnèrent sous la main d'artistes et d'ouvriers françaif. Des épées françaises, puissantes et renommées, celles, par exemple^ du maréchal de Schonberg, des généraux de Briquemault, de Baucourt, d'Hallard, de La Cfi^vé, des colonels de Varennes, du Plessis* Gouret, de Côurniiaud, vinrent ajouter à la force de Tarroée brtndebourgeoise, qui compta dans ses rangs jusqu'à 600 officiers réfugiés.
Le grand Électeur expira le 28 avril 1688| de la goutte dégénérée en hydropisie : il était alors âgé de soixante-huit ans, deux mois et vingt- trois jours. La veille, il avait remis à son successeur des inetructionn écrites relatives à la manière de bien gouverner Iqs États brandebourgeoi8(l). «Jamais souverain, s'écrie le baron de Pcsllnitz, ne fut ni plus regretté, ni plqs estimé au dehors. »
Frédéric^Guillaume avait une taille un peu au -des* sus de la moyenne, et un corps solidement charpenté} sa démarche était décidée, sa voix forte, son ton to^ gageant* Un nez aquilin et une petite moustache don-* naient à toute sa physionomie cette expression de résolution et d'audace qui cadre à merveille avéc sa carrière de guerrier.
Le comte de Guiche nous apprend, dans ses Mé-
(i) Dernières heures de Vélecteur Frédério^ruUlaumef à la suite de V Abrégé de l'histoire des électeurs de Brandebourg^ par Fhistoriograpbe de Prusse A< Teissier; BerliOf iQ-i6« 1705, p. iii.
DB LA PRDtôK. il9
moires^ qu'il était sociable, parlait volontiers, aimait à raconter ses guerres, et s'occupait de n^athéma* tiques, surtout de leur application h la oiécanique.
Ce prince ordonnait de grand matin sur toutes lei affaires, examinant mûrement les plus importante! avec l'aide de ses conseillera ; pour ces dernières, il écrivait et disposait tout de sa propre main , san9 reculer, en hiver même, devant un travail de cabine^ qui l'assujettissait dès sept beures du matin, et Poccupait encore h huit heures du soir. Certains jours il se passait entièrement de secrétaire; plus tard ce scr cours devint indispensable à sa vue faiiguée. S» plume écrivait Tallemand avec pureté et en connaisir sance de cause : on ne cite qu'un exemple de son emploi de la langue française (1),
Le grand Électeur tenait h sa religion : l'on attribue h sa piété une partie de la bienveillance qu'il montra envers les réfugiés protestants françaiP, et |f$ refus qu'il formula» en ,16&9, ^e l^ çopropne de ?0r Idgne soud la copditian d'embi'^sser la religion çathor lique, disant qu'à pe priicil ne deviendrait pas empe rftur. Je vois en lui, hcQtie occasion, un rigide el persévérant imitateur de son arrière-grandrpèr^ p^r alliance, Pamiral de Coligny (2), l'un des chefs de la réforme en France dans ta seconde moitié du %wy siècle,
(}} Sa lettre de rem£rc$iqeot$ au roi ;Cbarles I| pour reavoî de )*ordre de h Jarretière.
^ (2) Sa première femme, Loujse-Henrieîte d'Orai>^, était f)lle du prince d'Orapge Frédéric Hanr| de Nassau (frère de Maurice
t!20 UISTOIUK MILITAIRE
Frédéric- Guillaume possédait les qualités d'un grand homme. On peut dire, à sa louange, qii'il agrandit (1) et consolida son Électorat, et sut €on^ quérir en Europe un renom et un ascendant dont son fils profita. Louons donc Tartiste qui, en lui dressant un monument, a eu l'idée symbolique de faire sortir du piédestal d'une statue équestre la main du héros prête à saisir la couronne royale.
A son avènement, le militaire du Brandebourg se trouvait aussi bas que l'état matériel et la prospérité du pays. Il le releva successivement. Ses premières levées régulières remontent à 1650 : les difficultés suscitées par les étals forcèrent de les suspendre. Néanmoins, en faisant appel à d'anciens soldats sué* dois et à de nouveaux engagés, il se forma une armée. Dès 1651, il pouvait conduire en campagne 86 compagnies d'infanterie (environ 8,600 hommes) et A8 escadrons (environ 3,840 cavaliers), soit en tout 12,&&0 soldats. Le peu d'aide de la part des états l'oblige encore d'en congédier une partie. En 1655, le grand Électeur possède une armée de 26,800 hommes, sur laquelle il opère une réduction momentanée après la paix d'Oliva, pour cause d'économie. Douze ans
de Nassau, et grand capitaine lui-même), el petite-fille, par conséquent, de Louise de Coligny, fille de Tamiral, qui, après la mort tragique de son premier mari, Louis de Téligny, avait épousé le prince d'Orange Guillaume de Nassau.
(1) Un auteur contemporain l'appelle « le plus grand terrien de toute l'Ademagne ^ marchdini sur ses terres depuis les Pays-Bas jusqufs en Pologne et en Courlande. » Aubery, Mémoires pour tervir à l'histoire de Hollande:; Paris, 1680, in-12, p. 299.
DB LA l'RUSSB. 121
plus tard ^ ce chiffre total s* abaisse jusqu'à 2ft, 123. Frédéric-Guillaume dirige alors lui-même :
3,682 fantassins,
5,9i/i cavaliers,
730 dragons.
Au total: 10,326 hommes.
Ses troupes de Westphalie montent à :
10,766 fantassins,
2,745 cavaliers,
286 dragons.
Au total : 13,797 hommes.
Un escadron compte, dans cette armée, 88 cavaliers; une compagnie d'infanterie, 130 hommes; une compagnie de dragons, de 112 à 130 soldats.
Ces chiffres se conservent à peu près jusqu'à la paix de Wosseu, qui fait descendre leur ensemble à 16,000 hommes. Peu avant la paix de Saint-Germain, cet ensemble atteint son maximum, 38,533 combattants, savoir :
Infanterie 25,366
Cavalerie 9,713
Dragous. . 3,454
Après cette paix, on revient à un effectif total de 21 ,060 hommes.
Frédéric-Guillaume laisse à son décès une armée de 2Ç,500 soldats, partagés ainsi :
Infanterie 21,000
Cavalerie. . 4,800
Troupes de garnison. ...... 2,700
123 niSTOIRB MILITAIBE
Ce chiffre total de 38,500 est emprunté aux Mé-^ moires de Frédéric le Grand : d* autres auteurs le portent à 83,000. Dans tous les cas, chaque arme se subdivisait en un nombre de bataillons et d* escadrons indiqué (1) dans les trois tableaux suivants :
Tableau de Vinfan$erie brandebourgeoise à la mort du grand Électeur (1688).
NOMS DBS RRGIMENTS.
Gardes
EUctrice. . . . .
Prince élecioral Prince Philippe. .
Prince d'Ânlialr, .
Derfflinger. . . .
Hoifltein, . • • •
Spabn
Dœnhoff
Barfus
Zieten
Goorlandç, • . •
Belling.
Varennes
Pœllnitz
Cournuaud' , • • Briquemault. » •
Totaux,
ROMBap
de bataillons.
NOMBBB
de compagnies.
NOMBBE
d'Iiointnes
à 150 par
compagnie.
iaoa
mQ
!fOTA. LMnfanterie brandebourgeoise se rangeait a!ors sur 6 rangs , et comprenait I plquier pour 2 mousquetaires.
(1) Sauf les artilleurs, au nombre de 300.
DB Ik PAUSU.
ISâ
Tablbao dé le MUil#ri> hratêâêbaufgMtêe à la mon du grand ÉUeUur (iOM).
HOaiS pM RioUfSfllTS,
NOMBII
d'escadrons.
i* COIRASSIBRS.
Qftfdesilu eorfMi» . • • Gniods monaqaetaires.
Grenadiers à cheval. . • RégiiDeiit du corps. • « Prince électoral. . . .
Anbalt * • • •
Derfflinger. •••••.
Spahn. •
BriqucmanlU , • . • «
Litwitz é . . .
Oo H«mel« •
Prince Henri de Saxe. .
2" DRAGOIIS.
Régiment du corps .
D^rflluger.
Tcrtaux.
AO
NOMBIt
Uc iiiallret
I lio (lar escadron.
Tableau des garnisom brandebourgeoises à la mort du grand Électeur (1688).
Nom DES RiftlDtlICBS.
Memel
Goibeig ,.
Kustrin. . • ^ ^ • Spandau* • • • •
PeltE. ......
FriedertetisboiiffS* Francfort, • f . ^
Totanx.
de compagnies.
diiommes.
i^li HISTOIBE AIILITÂIRB
Les frais d'enlrelien de cette dernière armée du grand Électeur atteignaient annuellement à 1,098,000 thalers (4,073,580 francs). .
Sous ce prince, l'infanterie brandebourgeoîse portait des habits d'ordonnance et des manteaux; un tiers des fantassins se servait de piques, les deux autres tiers avaient un mousquet. T^a cavalerie portait la demi-armure, et combattait par escadron : c'était son armé de prédilection, sans doute parce que les contrées où il guerroyait étaient plaies^ et que ses voisins les Polonais luttaient presque tous à cheval.
il possédait environ 73 pièces d'artillerie de différents calibres, avec le nombre de voitures nécessaires, et plusieurs équipages de pont. La proportion de cette arme, dans ses expéditions, était de deux pièces régimentaires de 3 livres par 1,000 hommes, sans compter les bouches à feu de gros<:alibre, traînées à la suite dès troupes. Son affection pour là cavalerie s'étendait aussi à l'artillerie .
Le vainqueur de Fehrbellin n'avait pas, un seul ingénieur militaire à son service : aussi n'entoura441 Berlin (1) que de médiocres ouvrages de fortification, et ne prit-il Straisund qu'en brûlant cette ville par
(1) Il améliora paiement les enpeinies de Piilau et deColberg, cette dernière en 1655. A la fin de son règne, il possédait un assez grand nombre déplaces fortes.. Sur sa frontière occidentale : Lippstadt, Harom, Minden, Wesel, Robs, Emmerich^ Schenkenschanz. Sur l'Elbe : Magdeboui^, Mersebourg et Peitz. Pour défendre la Ilavel et la Sprée : Havelberg, Pritzerbe, Plaue, Werder, Potsdaro, Spandau, Gopenick, Fûrstenwalde et Mûhlrose. Ert autre ; Kônigsberg etMemel, en Prusse; Custrin, sur FOder.
ses boulets rouges, sorte de projectiles dont le lieutenant-général marquis de Feuquière lui attribue à tort rinvention (1), puisque les Arabes s en servaient déjà en 13&^ au siège de la place d'Âlgésiras.
La présence d'un grand nombre d'enrôlés étrangerSy et une certaine animosité qui régnait entre les diverses armes, obligèrent Frédéric-Guillaume à plusieurs édits répressifs : le premier est du 2& mai (3 j.uin) 1641, les autres parurent en 1656 et 1687.
Cet électeur était réellement le premier chef de son armée. Au-dessous de lui venaient le feld-maréchalgénéral, les feld- maréchaux, dont il créa la dignité dans le Brandebourg, et qu'il choisit parmi les officiers étrangers, puis chaque chef de troupes, suivant son rang. Le ministre Otto de Schwérin, que Tordre des préséçmces plaçait avant les feld maréchaux , rendit aussi à Frédéric- Guillaume de grands services sous le rapport militaire, en ce sens qu'en l'absence du prince il donna souvent des instructions aux généraux du grade le plus élevé, et le fit toujours avec une rectitude et un tact qui honorent son caractère et «es talents : ce trait remarquable prouve une fois de plus qu'un homme supérieur peut s'entendre à diriger les hpmmes de guerre sans avoir tiré l'épée.
Au début d'une guerre, le grand Électeur faisait délibérer son conseil privé sur les affaires militaires en présence des feld-maréchaux. En campagne, il tenait un conseil de guerre avec ses plus vieux gêné-
(i) Mémoires de Feuquière^ chap. 91 ♦
1^6 HISTO]RB MILITAIRE I)K LA PKUSSE.
raux, et laissait à chaque assistant la latitude d'exprimer ouvertement son avis.
L'esprit supérieur de ce prince n'exigeait pas d*une manière absolue la noblesse pour être oHicier; son feld-maréchal Derfflînger était fils à*un pauvre paysan autrichien, et ce fait semble probant, quoique ce guerrier fût déjà colonel en Suède ava^;)t d'entrer au service dû Brandebourg en qualité de général -major. D^aîlleurs, quand les villes contribuaient aux levées, Frédéric-Guillaume les autorisait n nommer des oflîcîers.
Sous ce prince , le drapeau restait atix yeux de tous un objet sacré : celui qui le portait n'exerçait en rien le droit de punition , et pouvait même intercéder en faveur du coupable ; ce moyen d'inspirer aux soldats de raffeclion pour le signe du rnlnen)ent et de l'honneur semble emprunté aux usages des troupes suédoises Isous Gustave- Adolphe.
CHAPiTilE CINQUIÈME.
HISTOIRE DE FRÉDÉRIC, PREMIER ROI DE PRUSSE (168M7i3).
Sommaire. — Le nouvel Électeur envoie des troupes à TEmpereur, pour l'aider dans sa lutte contre la France. — Son couronnemenl comme Roi de Prusse. ^- Médailles frappées à cette occasion. — AVMila^ politéqiMS du titre de Roi po«r la maison de Braiàckbourg. — Première ei deuxième iMitaiiies d*Hœchstœtt. — Bataille de Cassano. — Bataille de Turin. - Fréâéric î** acquiert la principauté de Neufchâtel. — Siège de Toumay* -^ ftalaMlc de Maiplaqaet. -*- Neutralité de la Prusse dans les Inèles contre la Suède. - Trailé d'Utrecht -^ Mort 4e Frédéric 1*'. — Tableaux de l'armée qu'il laisse à sou fils.
î^ flis dti <irMiHdUËIect««rr prit les rênes du go«it^niemeiii à Tâge de trente ans, sotte te titre de Frétdiéric lil, âectettf de Bimndebourg.
Àttrifoumt à U France les chagrîM de ^miMe qoi uvaiest âissombri son existeiiee du vivaxit de aon pêne, le nMvel âecMir baissait les Français. 11 n*hésita doDc pas à secourir TËmpereur contre Looie XIT, dirigea sur le bas Rhia un corfisde troupes qui s'einpsirade Bbeinberg, prit ensuite iui-^néme le commanttenent de ce corps, et vint assiéger Boan^ qui ne ioapituia qu'après quatre-vifigt-dix-sept jours de tran* chée ouverte (12 octobre 1689) ou plutôt de blocus j car forcé d'envoyer des troupes à l'Électeur de Trêves inquiet pour Goblentz, et au duc de Lorraine, pour
128 HISTOIRE UILITAIRB
le mettre à même d'assiéger Mayence, il fut obligé de transformer en blocus le siège qu'il avait commencé en règle. Pourtant l'assaut ne fut donné qu'après quatre ou cinq jours passés à battre en brèche. 11 y eut deux colonnes d'assaut, Tune aux ordres de Dohna, l'autre dirigée par Natzmer. La première cfcmaprenait le corps des grands mousqu^ires (réfugiés français), dont Dohna était colonel, et qui servait au besoin à pied, la cônipagnie des grenadiers à cheval y annexée et les cadets (la plupart français) ; ce fut elletjui, après avoir surmonté une certaine résistance dans le chemin couvert, fit plier l'entiemi, sauta dans le fossé, emporta la demi-lune, se logea sur la contrescarpe ; le chef qui la dirigeait, arrivé dans le chemin couvert, s'était débarrassé, comme d'un meuble incommode (l'expression lui appartient), de la cuirasse du margrave Philippe, que l'amitjié de l'Électeur l'avait forcé à endosser au moment de partir pour sa périlleuse attaque. Le baron d*Asfeld, gouverneur français de Bonn, que signale sa belle défense, ayant été n^ortellement blessé à Tattaque de la demi4une, Frédéric III lui envoya pour le soigner Gervaily çhirurgien-major des grands mousquetaires, réputé pour habile dans son art (1).
Dans la campagne suivante, Frédéric III mit en ligne plus de 20,000 hommes de ses troupes, répartis en deux corps d'armée ; l'un combattit et fut défait
(1) Mémoires originaux mr le règne et là cour de Frédéric /", roi de Prusse, écrits par Christophe, comte de Dohna^ ministre d'Étal et lieutenaiit-généraU BerHn, lfe33, p. 112, 114, 11«.
DK LA PRUSSK. 129
à Leuze, sous les ordres du roi d'Angleterre, Guillaume ; l'autre se distingua dans la journée de Selankemen (19 août 1691), contribua k la victoire remportée ce jour-là sur les Turcs par le prince Louis de Bade, et mérita de grands éloges de la part du général vainqueur.
Frédéric, voulant se ménager la faveur de l'Empereur d'Allemagne, eotretint un corps de troupes dans ses armées, et l'assista dans sa lutte contre la France jusqu'à la paix de Ryswick (1697).
En 1699, il s'empara du territoire d'Elbîng, et le conserva en garantie d'une somme que lui devait la Pologne.
Frédéric III était petit et fort mal fait de sa personne ; sa femme, Sophie-Charlotte, de Brunswick- Lunebourg, la même qui se plaisait à converser avec Leibnitz, l'appelait son Ésope. Néanmoins il se trouvait pétri de vanité, aimait le faste, la dépense, et cherchait à imiter en tout Louis XIV. Sa vanité le porta à ambitionner le titre de. roi ; dès son avènement il roula dans sa tête le projet de ceindre la couronne royale, et comme, pour l'exécution de ce projet, il avaitbesoin de l'assentiment de l'Empereur, il l'aida de tous ses moyens contre ses ennemis. En 1700, l'ouverture de la succession d'Espagne amena une nouvelle guerre entre la France et l'Empire ; dès lors les circonstances se présentèrent favorables à Frédéric III, car l'Empereur eut besoin d'alliés. Cet Élecleur conclut avec le chef de l'Empire un traité par equel ce dernier le rec|onnaissait comme roi de
ISO HISTOIRB MIUTAIRB
Prusse (1), sous condition d'un secours de 10,000 hommes, entretenus à ses frais pendant toute la durée de la guerre qui allait s'ouvrir, et moyennant quelques autres charges onéreuses,
Âusitôt Frédéric III se bâta de se faire sacrer et prit le titre de JFrédéric P% roi de Prusse. |ja cérémonie eut lieu à Kœnigsberg, le 18 janvier 1701 ; elle fut magnifique et obéra pour longtemps les finances de rÉlat, ce que Ton croira sans peine quand on saura que chacun des boutons de Thabit royal coûta 3000 ducats, et que le nouveau roi fit présent à l'envoyé de r Empereur d'une bague de 15,000 écus (2), Ce fut à cette occasion que le premier monarque de la Prusse institua Tordre de TÂigle-Nôir. A la fin du mois d'avril, Frédéric l" fit, avec la reine son épouse, Qne entrée solennelle à Berlin,
Une médaille commémorative {Kronungstmmze) fut frappée pour ce couronnement. Elle portait sur la face l'effigie du nouveau roi, avec ces mots : Fridericm reœ^ uncttis Regiomonti die 18 januariù Son revers présentait une couronne avec cette inscrip-
(1) Frédéric II nous apprend, daixs les Mémoires de Brandebourg^ qu'H fut d'abord question poyr son aïeul de prendre le litre de roi des Vandales. Or il existait/ assure-t-on, dans les États de Brandebourg (entre l'Elbe et l'Oder) une tribu de Vandales de 5 à 60a feux^ qui pondait e» cachette un roi de sa nation; le Grand-Électeur vit même un jour ce monarqaie, vestige secret d'une puissance périmée, ou du moins le savant hollandais Jacques Tollius rapporte le fait dans ses lettres de voyage.
(*i) L'esprit des cœxrs de VEùrope, pour le mois de juin 1701, ^û-18, La Haye, 1701, p. 2$2i