FANTASSINS
Chaque éléphant devait être monté par quatre hommes, et chaque char par deux ; en sorte que cette espèce d’escouade comprenait quatorze hommes, cinq chevaux et un éléphant. Il fallait un nombre déterminé de ces escouades pour former une division, et un nombre également déterminé de divisions pour composer une armée au grand complet. Les mêmes bases sont établies dans le Mahabharat, où on lit qu'une grande armée, ou, comme nous dirions, une armée modèle, devait se composer de 109,350 fantassins, 65,610 cavaliers, 21,870 chars, et 21,870 éléphants, proportion identique avec la précédente , et qui est contemporaine des plus anciennes traditions militaires des Indiens *.
1 Arrian., de Reb. indic.,xvu. — Strab., Geogr., XV,1, p. 281.
2 Schlegel, Zndische Bibliothek, tom. 1. — Ritter, Erdkunde, tom. 1v. — L’4mard-Cocha est un dictionnaire scientifique par ordre de matières; le Mahabharat est un vaste recueil d’anciennes
D’après ces données, une armée de 50,000 fantassins et de 30,000 cavaliers aurait dû avoir à sa suite environ 10,000 éléphants, proportion qui serait inadmissible, si l’on devait en juger d’après les faits et les notions de notre temps. Mais nous sommes loin de connaître l’état de l’Inde à ces époques reculées, et ce qui serait impossible aujourd’hui ne l’a peut-être pas toujours été. Nous pouvons même affirmer qu’à des époques plus récentes et mieux connues que celles auxquelles appartiennent les traditions que nous venons de rapporter, les Indiens avaient une confiance illimitée dans leurs éléphants, qu'ils regardaient comme la prineipale force des armées !.
La première mention d’éléphants de guerre dans l'Inde se trouve dans Diodore de Sicile, et elle se rapporte aux temps de Sémiramis, c'est-à-dire à quinze ou dixhuit siècles avant l'ère vulgaire?. Mais j'aurai occasion de revenir sur cette expédition de la reine d'Assyrie; pour le moment je me dois borner à remarquer que le merveilleux y est tellement mêlé au vraisemblable, qu'il serait difficile d’en faire l’objet d'un travail historique. Cependant, un fait qu’on ne saurait révoquer en doute, c’est que la possession de ces animaux était, dès lors, un des plus beaux droits de la souveraineté, et que la puissance des rois était mesurée d’après la quantité d’éléphants qu’ils pouvaient entretenir.
épopées indiennes, antérieur d'au moins quatre siècles à notre ère, et par conséquent antérieur à l’époque d'Alexandre. J'ai consulté avec profit, sur plusieurs particularités relatives aux antiquités de l'Inde , le savant M. E. Burnouf, dont les travaux sont appréciés de tous les orientalistes, et dont la complaisance égale le profond savoir.
1 Quint. Curt., vu, 13. — Plin., Æist. nat., voi, 9.
2 Diod. Sicul., 11, 16.
Ce genre de luxe, inconnu aux peuples de l'Occident, frappa les premiers écrivains qui leur révélèrent les merveilles de l'Inde ; ceux-ci, il faut l’avouer, ont donné souvent trop libre carrière à leur imagination, et mêlé quelquefois des fables à leurs récits. Ainsi, nous pouvons nous dispenser d'ajouter foi au médecin Ctésias et à son copiste Elien, lorsqu'ils nous parlent d’un roi de l'Inde qui, dans ses expéditions, se faisait suivre par 100,000 éléphants". Mais ce serait pousser trop loin le scepticisme, que de se refuser à tenir compte des nombreux témoignages d'auteurs graves et accrédités, qui s'accordent sur le grand nombre des éléphants entretenus par les princes de l'Inde. Au dire de Strabon, la seule nation des Sères, qui s’étendait à lorient du Gange, avait sur pied 5,000 éléphants. Les Gangarides et les Prasiens, qui, après la défaite de Porus, s'étaient mis en marche pour s'opposer aux progrès d'Alexandre, amenaient avec eux, suivant Plutarque, 6.000 éléphants, 4,000 suivant Diodore, et au moins 3,000 suivant Quinte- Curce. Alexandre, ayant pris des informations sur les lieux, demeura lui-même convaincu que le bruit de ces préparatifs n'était pas exagéré ?.
On trouve, dans la description que Pline nous a laissée de l'Inde, indication du nombre d’éléphantsque chaque roi ou chaque peuple tenait sur pied. L'État le plus puissant , selon cet auteur, était celui des Prasiens, qui s’étendait jusqu’au Gange, et dont le roi résidait dans la grande ville de Palibothra. Ce roi possédait 9,000 éléphants de guerre *; venaient ensuite les Wegalles,
1 Ælian., Anümal, xvni, 29.
2 Strab., Geogr., xv, 1, p. 276. — Plutarch., Alexand., e. 62.— Diodor. Sicul., xvir , 93.— Quint. Curt., 1x, 2.
8 Plin., Hist. nat., vi, 19, 20. Selon le major Rennell, l'empire des Prasiens où Gangarides s’étendait depuis le Pendjàb jusqu’au
les Asanges, les Pandes, les Hortes, qui habitaient, à ce qu’il paraît, entre le Guzerate et les versants des Ghattes, et entretenaient environ 3,000 éléphants. Bref, le total des éléphants de guerre existants dans la seule parüe de l'Inde qui fût alors connue des Romains s’élevait à près de 14,000. Il est des gens,ge le sais, qui font profession de n’accorder aucune confiance à ces évaluations, et qui ne cessent de se récrier sur ce qu’ils appellent la crédulité etles exagérations des anciens. L’auteur que je viens de citer n’a point été épargné par eux; et cependant ce reproche, qu'on lui à souvent adressé, qu'on lui a même prodigué, n’est rien moins que fondé. Je m'arréterai un instant sur cette question, qui touche de près aux recherches que je me suis imposées, et dont la solution peut d’ailleurs servir à établir la validité des documents dont je dois me servir.
Je ferai d’abord remarquer que les anciens, ceux-là surtout qui ont écrit après les conquêtes d'Alexandre et au temps de la grandeur des Romains, étaient à portée d’avoir, sur la géographie et sur l’histoire naturelle, des notions plus exactes qu’on ne le pense ordinairement. Ils avaient sous les yeux une foule de documents que le temps ne nous à pas conservés, OU qui ne nous sont parvenus que mutilés. Dans ce nombre, il faut ranger les Périples d'Hannon et de Scylax; les relations de plusieurs officiers d'Alexandre, tels que Néarque, Onésicrite, Ptolémée, Aristobule; la description des marches de ce conquérant, et la géographie des pays qu’il avait sou-
Gange, et l’ancienne Palibothra (en sanscrit Patalipoutra) répondait à peu près à la ville moderne de Patnah. Robertson, au contraire, suivant en cela l’opinion de d’Anville, place Palibothra au confluent de la Jumnah et du Gange, où est maintenant la
ville d’Allahabad.
DES ÉLÉPHANTS. — LIV. I, CHAP. IL. 37 mis, par Diognète et Bæton; les mémoires de Mégasthène et de Daimachus, ambassadeurs envoyés dans l’Inde par Séleucus ; ceux de Patrocle, commandant de l’armée navale du même prince; enfin ceux qu'Apollodore avait écrits sur la Parthie et sur la Bactriane. Tous ces ouvrages existaient encore au temps de Pline, qui les nomme et en fait usage !. Rien n’est plus commun, quand on parcourt les écrivains de l'antiquité, que d’y voir mentionnés, ou cités par extraits, des ouvrages qui sont perdus pour nous; bien plus, 1l y a tout lieu de supposer qu'ils ne nous ont fait connaitre ainsi que la plus petite partie des écrits quiexistaient de leur temps, et qu'ils en possédaient une foule d’autres dont nous ne pouvons pas même soupçonner l'existence. Des voyageurs, des marchands, des envoyés politiques , allaient d'Occident en Orient; d’autres venaient d'Orient en Occident; il en arrivait souvent dans les cours d’Antioche, d'Alexandrie, et même à Rome. Deux ambassades furent envoyées à Auguste, avec de riches présents, par des princes de l’Inde. Nicolas de Damas, cité par Strabon, avait rencontré à Antioche trois de ces ambassadeurs, et il en avait obtenu, sur leur pays, de nombreux renseignements *. Des ambassadeurs vinrent de Ceylan à Rome, du temps de l’empereur Claude, et ils donnèrent sur leur île de curieux détails que Pline nous a conservés *.
Toutes ces relations, tous ces dotuments, étaient conservés dans les bibliothèques publiques, où les savants
1 L'un des plus savants séographes modernes, Gosselin, a démontré que les descriptions de Mégasthène et de Daimachus ont le mérite d’une parfaite exactitude. (Recherches sur la géographie systématique des anciens , tom. 1.)
2 Sueton., Octav., xx1, xLIUI. — Dion. Cass., LIV, 8. — P. Oros., vi, 21. — Strab., xv, 1, p. 303.
$ Plin., Hist, nat., Vi, 24.
avaient la faculté de les consulter. Ce fut à l’aide de ces matériaux que Pline rédigea son immense travail, que l’on pourrait appeler l'encyclopédie de l'antiquité. Il nous apprend lui-même qu'il avait consulté environ deux mille volumes en tout genre, historiens, géographes, philosophes, ete. On n’a donc, selon moi, le droit de révoquer en doute les faits qu'il rapporte, que lorsqu'on a des preuves irrécusables à lui opposer. Les naturalistes et les voyageurs qui de nos jours ont visité l'Orient ont d’ailleurs plus d’une fois vengé les anciens du scepticisme des modernes, et confirmé des récits sur l’exactitude desquels on avait cru pouvoir jeter des doutes.
En ce qui concerne les éléphants, on aura dans le dernier chapitre de cet ouvrage une preuve que Îles historiens grecs et latins n’ont rien avancé d’exagéré. On y verra , en effet , que parmi les sultans mogois du XVI° et du XVII siècle il y en eut qui entretinrent de 6,000 à 12,009 éléphants, et que l’on en comptait ordinairement de 5,060 à 6,000 dans les cours de Siam et du Pégou. Enfin nous venons de voir que , d’après les bases anciennement établies du système militaire de l'Inde, une armée de 80,000 hommes devait trainer à sa suite 10,000 éléphants, proportion qui dépasse de beaucoup les recensements donnés par Pline. À mesure que Îles travaux des orientalistes mettront à notre disposition les trésors de la littérature sanscrite, nous pourrons mieux juger de beaucoup de choses qui nous étonnent maintenant.
Une réflexion qui trouve ici naturellement sa place, c'est que l’espèce de l'éléphant a dû nécessairement aller en diminuant , à mesure que l'empire de l’homme s’est étendu sur la terre. Les races sauvages forment une société fugitive, condamnée à disparaître devant la civilisation. L'agriculture et le commerce sont également
DES ÉLÉPHANTS. — LIV. 1, CHAP. Il. 39 intéressés à leur destruction, et à mesure que les arts font des progrès, on trouve des moyens plus sûrs pour les exterminer. De nombreux documents historiques viennent à l'appui de ces considérations. Serait-il possible aujourd’hui de réunir, comme le fit César, 400 lions dans l’arène!; comme Pompée, 600 lions et 400 panthères?; ou enfin, comme Probus, un millier d’autruches *? Et cependant, l'espèce de l'éléphant, qui a besoin , plus que toute autre, d'exploiter de vastes étendues de terrain, doit disparaître la première à lapproche de l'homme, et diminuer en général d’une manière beaucoup plus sensible que les autres. On conçoit donc qu’il y ait aujourd'hui, en Asie, moins d'éléphants qu'il n’y en avait du temps de Diodore, de Strabon et de Pline 4. | 2
Cependant, cet animal, que l’on trouvait dans l'Inde si communément, est resté longtemps inconnu à l’Europe et à l’Asie occidentale. Homère, qui a tracé une peinture si fidèle des usages et des connaissances de
1 Plin., Hist. nat., vin, 20.
2 Dion. Cass., xxxix, 6. — Plin., loc. laud., et vit, 24.
3 FL Vopisc., Prob., xix. Voyez d’ailleurs à la fin du volume l’Appendice n° 1.
4 ]l ne faudrait pas pourtant se figurer cette diminution de l'espèce de l'éléphant plus grande qu’elle ne l'est réellement. Tippo - Saheb possédait encore en 1784 700 éléphants, maloré les pertes que lui avait causées la guerre qu'il venait de soutenir contre les Anglais. Il résulte d’un rapport présenté à la Chambre des communes , que de 1788 à 1798, on avait importé en Angleterre plus de trente mille défenses d’éléphant. Ajoutons à ce nombre toutes celles qui, pendant le même laps de temps, doivent avoir été portées sur les autres marchés du globe, et nous resterons peut-être en decà de la vérité en. disant qu’il y avait eu par année une consommation de 3 à 4,000 éléphants. La race de ces animaux n’est done pas autant appauvrie qu’on pourrait le croire. — Voy. Ranking, Historical researches, etc., chap. 15.
son temps, ne le nomme nulle part'. Même silence dans Hésiode. L'histoire sacrée, où les armées des anciens rois d'Asie sont si souvent décrites, ne parle d’éléphants qu’à l’époque des Machabées, très-postérieure, comme on sait, à celle d'Alexandre. Il est vrai que les interprètes se sont singulièrement tourmentés pour trouver la spmabation du mot behemotkh, par lequel Job a désigné, à ce qu'il parait, un des plus grands et des plus forts quadrupèdes de son temps. Bochart a épuisé son érudition pour démontrer que cet animal était l'hippopotame; dom Calmet veut à toute force que ce soit l'éléphant; mais ces conjectures, d’ailleurs très-contestables, sont en dehors de l'histoire. Les monuments figurés des Égyptiens n’offrent non plus aucune trace d’éléphants, tandis qu’on y trouve représentés une foule de quadrupèdes qui vivent dans les mêmes forêts et à la même distance de l'Égypte que l'éléphant. Peut-être cet animal était-il de ceux que ce peuple avait en horreur, et dont il ne voulait pas reproduire la figure. La mention la plus ancienne de ces animaux se trouve, Si je ne me trompe, dans Hérodote *.
Cependant, bien que l'existence de l'éléphant fût un mystère pour les nations d'Occident, elles connaissaient très-bien l’ivoire * , et l'usage de cette substance était répandu de temps immémorial en Grèce, en Italie, en Syrie et sur toutes les côtes de la Méditerranée. Les Phéniciens et les Étrusques excellatent dans l’art de le
1 Le mot ëléoac, dans Homère, ne signifie jamais que de l’ivoire.
2 Un fait assez curieux et dont il est difficile de se rendre compte, c’est que Xénophon, écrivain de plus d’un demi-siècle postérieur à Hérodote, et à qui nous devons tant de détails militaires sur les nations de l'Asie, ne fasse nulle part mention des éléphants.
3 Cette remarque avait été faite par Pausamias, Ættica, 12.
teindre en pourpre; on en décorait les temples et les palais des rois, même avant la guerre de Troie. Le lit de Pénélope, le fauteuil d'Ulysse, les portes du palais de Ménélas, en étaient incrustés ; on en garnissait les poignées des épées et les brides des chevaux'. Cest avec cette matière précieuse que Salomon fit faire son trône ; Achab s’en servit pour la décoration de sa résidence *; il est dit dans la Bible que les vaisseaux de Salomon et d'Hiram, qui allaient chercher leurs cargaisons sur les rivages de Tharsis et d’'Ophir, en rapportaient de l’ivoire entre autres marchandises ÿ; enfin cette substance était si abondante à Tyr, que les gens riches en embellissaient leurs bateaux de parade f.
Cette précieuse denrée, qui, alors comme aujourd’hui, ne pouvait venir que des plages lointaines de l'Inde et de l'Afrique, passait sans doute plusieurs fois de main en main avant d'entrer dans les entrepôts de la Phénicie, où elle arrivait avec une foule de productions exotiques dont on ignorait également da nature et l’origine. Il n'y a rien en cela qui doive nous étonner. On a attaché beaucoup de prix aux perles et à la soie, on s'en est longtemps paré, avant de savoir que les premières étaient les concrétions d’une huître, et l’autre, le travail d’une chenille ÿ.
Aristote est le premier naturaliste qui ait donné la
INOUYSS. MY, 195 UXx, 5, 202 "Xxhh, 20022 Jiud.; 1V, 148 Paralip., n,9.-—- Reg., 11, 22. — Psalm., xuiv, 9. 3 Paralip., u, 9. — Reg., 1, 10.
# «Transtra tua fecerunt tibi ex ebore indico.»(ÆEzech., xxvI1, 6.) Voyez, sur l'antiquité de l’usage de l’ivoire, leJupiter olympien de M.Quatremère de Quincy; et sur les lieux où on allait le chercher, le deuxième volume des Recherches sur la politique et le commerce des peuples de l'antiquité, par Heeren; enfin, Macpherson’s Annals of commerce and navigation.
description de l'éléphant, et cette description est si exacte et si détaillée, qu’on serait tenté de croire que ce philosophe à eu occasion de voir ce quadrupède et de l’examiner à loisir. Il n’y aurait rien d’improbable dans cette supposition, si l’on admettait qu'il a travaillé à son histoire des animaux pendant les dernières années de sa vie. Il aurait pu, en effet, avoir alors sous les yeux quelques-uns des éléphants pris à la bataille d’Arbelles, événement qui précéda sa mort de dix ans. On sait qu'au milieu même des soins et des dangers de la guerre, Alexandre entretenait avec son ancien précepteur une correspondance suivie; on sait aussi qu'il se faisait un plaisir de lui procurer des animaux rares et des curiosités naturelles. Pline assure qu'il payait des milliers de chasseurs, d’oiseleurs et de pêcheurs, pour explorer tous les pays qu'il parcourait, afin qu'aucune espèce d'animaux n’échappât à la connaissance d’Aristote, à qui d’ailleurs il envoyait des cadeaux très-considérables en argent, pour l'aider dans ses études !. D’après cela, 1l est tout naturel de penser qu’Alexandre, ayant en son pouvoir des éléphants, n'aura pas manqué d’en envoyer à Athènes, où le philosophe faisait alors sa résidence. Le prince qui donnait 800 talents à la fois (plus de 4,000,000 de francs) à son précepteur ne pouvait et ne devait pas reculer devant l'envoi d’un éléphant, d'autant plus que c'était un moyen de relever aux yeux des Grecs, des Athéniens surtout, à l'opinion desquels il tenait tant ?, l'importance de ses exploits. Toutes ces raisons me paraissent assez fortes pour élever ma conjecture au rang de certitude.
Quoi qu’il en soit, il faut nécessairement ou qu’Aris-
1 Plin., Hist. nat., vin ,17.— À. Gell., Voct. attic., xx, 5. * Onesicrit. ap. Plutarch., 4lexand., ec. 60.
tote ait vu et examiné l'éléphant, ou qu'il en ait recu, de ses amis qui suivaient l’armée , des descriptions trèsexactes !. En effet, ilentre sur cet animal dans les plus ‘ grauds détails : 1l décrit soigneusement le mâle et la femelle , il en donne l'anatomie, parle de l’accouplement, fait connaitre le temps de la gestation, et détermine en médimnes macédoniens la quantité de nourriture nécessaire chaque jour à chaque individu; enfin, chose remarquable, il dément quelques erreurs accréditées de son temps sur l’organisation et les habitudes de ce quadrupède, erreurs qui furent reproduites dans les siècles suivants , et qui n’ont été bien reconnues que de nos jours?. J’ai dit que ce philosophe aurait pu voir les éléphants qui avaient été pris à Arbelles; il ne vécut pas assez pour voir les premiers qui furent amenés dans la Grèce par les successeurs d'Alexandre, sa mort ayant précédé de deux ans cet événement.
1 Ptolemée Lagus, qui jouissait d’une grande faveur auprès d'Alexandre, et le philosophe Callisthène, qui suivait aussi le quartier général, avaient été disciples d’Aristote. Le second était, en outre, son neveu.
“ATISIOR. Amd hd 141,2, 0.09, 15, 17: 1, 9, 22: IV, 9, 10 ; v,2, 14; vi, 18, 27; vin, 9, 22, 26 ; 1x, 1, 46. J’ai consulté les notes ajoutées à cet ouvrage par Camus, et celles de Cuvier sur le livre vin de Pline, édition de Panckoucke. Il résulte du travail de ces savants qu'Aristote a mieux connu et mieux décrit l'éléphant que Buffon lui-même.
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