‹ Histoire militaire des éléphants, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'introduction des armes à feu; avec des observations critiques sur quelques-uns de plus célèbres faits d'armes de l'antiquitéChapitre 14 sur 79 · LIV. 1, CHAP. IL · texte numérisé non relu

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l'air et du tonnerre, est représenté assis sur un éléphant. Ayravata est le nom qu'ils ont donné à cet animal privilégié, qui tient auprès de cette divinité la même place que l'aigle auprès du Jupiter des Grecs. Ganésa, le dieu des sciences et de la sagesse, la Minerve enfin de leur mythologie, par une ingénieuse allusion à l'intelligence de cet animal, est symbholisé sous la figure d’un homme à tête d’éléphant. Enfin, selon leurs croyances, la terre entière est portée sur le dos de huit éléphants, tournés vers les huit points de l’espace; et par cette fiction, ils ont cru donner tout à la fois une idée de la stabilité du globe et de la puissance du noble animal qu'ils lui ont assigné pour support.

Ce culte traditionnel dont l'éléphant est l’objet de la part des Hindous a passé dans leur poésie et dans leurs arts : le nom de cet animal se trouve associé, dans les épopées et dans les romans, à ceux des rois et des héros du pays !. C’est toujours lui qui, dans les fêtes et dans les parades, forme la principale décoration , et sert de monture aux rois, aux dames et aux premiers personnages de l’État. Le génie des artistes a été guidé par les mêmes inspirations : partout on voit figurer l'éléphant, tantôt taillé en cariatide colossale à la porte des temples, tantôt peint ou sculpté sur les murs des pagodes, des châteaux et des mausolées?. C’est encore lui qui,

1 On peut consulter à ce sujet le Ramajana de Schlegel, les Mélanges de littérature sanscrite de M. Langlois, et plusieurs travaux des savants indianistes de nes jours. Jai réuni daus la note A,à la fin du volume, les différents noms que l’on à donnés à l'éléphant dans l'Inde.

2 Tout le monde a entendu parler des figures colossales d’éléphants sculptées en plein et en bas-relief, dans les basaltes des iles d’'Elephanta (Gharipour) et de Salsette, sur la côte de Bombay. De pareilles représentations se trouvent dans le temple souterrain de Mawalipouram, et dans celui d'Ellora, auquel les brah-

dans les cérémonies religieuses, porte les images des dieux, et accompagne, paré des ornements les plus précieux, le cortége mystique de BZrahama et de Vichnou.

D'habiles aventuriers ont quelquefois mis à profit, pour donner à leurs entreprises l’apparence de la faveur céleste, cette espèce de vénération que les Indiens ont pour l'éléphant. Sandrocottus, cet heureux soldat qui parvint à chasser les Macédoniens et à établir sa domination sur une grande partie de l’Inde, faisait croire à la multitude qu'un éléphant sauvage, d’une grandeur prodigieuse, s'était présenté à lui, l'avait reçu sur son dos, et était devenu à la fois son guide et son défenseur !. Suivant lui, et il fit partager au peuple cette opinion, c'était un présage certain du succès de son entreprise. |

Enfin je me permettrai d'ajouter ici, d’après deux des plus graves écrivains de l'antiquité, une particularité singulière , qui pourra servir de complément aux preuves que j'ai déjà données du grand cas que les Indiens faisaient des éléphants. On connaît la sévérité des mœurs et des lois de ce peuple envers les femmes; on sait avec quelle rigueur il punit les faiblesses du sexe. Eh bien! si une femme pouvait prouver que, pour prix de ses faveurs, elle avait reçu un éléphant, nonseulement elle n’était pas blâmée, mais cette espèce

manes donnent sept mille neuf cents ans d’existence. Les colonnes sans nombre, les statues et les ornements bizarres dont ce monument est surchargé, sont un sujet d’étonnement pour les voyageurs. Voyez les Monuments de l Hindoustan ancien et moderne par Langlès, et Mills History of british India , by Wilson, tom. 11, chap. 8.

1 Jusun., ÆHist. philippic., xv, 4. La biche de Sertorius joua plus tard le même rôle, à l’autre extrémité du monde, mais avec moins de bonlieur.

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d'hommage rendu à sa beauté lui faisait le plus grand honneur. Iln’y avait point, dit Arrien, de matrone, quel-

que sage qu'elle fût, qui fût inaccessible à un galant qui pouvait offrir un pareil cadeau !.

Je passe maintenant à l’objet principal de mes recherches. Il est incontestable que l'éléphant a toujours joué, dans le système militaire des Indiens, un rôle trèsimportant; 1létait pour eux le véritable zerf de la guerre. En effet, d'après l’4mard-Cocha, la section élémentaire de leurs anciennes armées était ainsi composée :

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