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cune de ces questions forme le sujet d’un chapitre.
Comme je me suis astreint à appuyer toutes mes déductions sur des données historiques, j'ai dû raconter un grand nombre de combats et de batailles ; et quoique l’on possède de nombreuses relations de la plupart de ces événements, il est possible que l’on trouve encore dans mes considérations quelques apercus nouveaux, du moins relativement à l'influence que les éléphants ont exercée sur ces faits d'armes, influence qui na pas toujours été bien appréciée par les écrivains qui m'ont précédé. J'avais songé d'abord à donner les plans de ces batailles; J'ai dû renoncer à cette idée, pour ne pas augmenter outre mesure le volume et le prix de cette publication. Il est d’ailleurs toujours facile de se passer de ces représentations matérielles, quand on sait mettre un peu d'ordre et de elarté dans l'exposition des faits.
Le service des éléphants fut abandonné en Occident vers la fin de la république romaine, et pendant longtemps 1l ne fut plus question de ces animaux que pour les spectacles du cirque et de l'amphithéâtre : ce ne fut que quelques siècles plus tard, pendant la longue et sanglante querelle qui s'éleva entre la Perse et l'Empire, qu'on les vit reparaître sur les champs de bataille avec
PRÉFACE. Vil les armées des rois Sassanides. Leur intervention, pendant cette nouvelle période, fut surtout signalée par la part qu'ils prirent aux siéges des places fortes de la Mésopotamie et de la Colchide. J'ai donné, dans les deux premiers chapitres du livre troisième, un récit succinct de ces événements, et les nouveaux documents que J'y ai puisés m'ont permis de compléter encore mes premières recherches.
Une fois arrivé à l’époque où l’islamisme fit invasion dans l'Asie centrale, j'aurais pu regarder ma tâche comme terminée ; car, après la chute de la dynastie de Sassan, il ne fut plus question d'éléphants de guerre, ni en Europe, ni en Afrique, n1 dans toute la partie de l'Asie qui s'étend en decà de l’Indus. Mais, pour n'être point sortis des limites que la nature leur avait assisnées , ces animaux n'en continuèrent pas moins à figurer dans les guerres de l'Inde, et ils ne cessèrent d'y prendre une part importante à tous les événements militaires, jusqu'à ce que l'usage des armes à feu, devenu commun, même à l'extrémité de l'Asie, les bannit définitivement des champs de bataille. Quoique les guerres de cette période n'ajoutent pas beaucoup de lumières à celles que j'ai pu tirer des périodes précédentes, j'ai pensé que le lecteur ne serait pas fâché d'en connaître les épisodes les plus
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remarquables, et j'ai consacré un dernier chapitre à les raconter. | |
Ces différentes époques de l'histoire des éléphants embrassent une succession de plus de vingt siècles. En les passant en revue, je me suis efforcé de ne rien avancer qui ne füt fondé sur des autorités positives, et je me suis toujours fait une loi de citer celles sur lesquelles je me suis appuyé. On trouvera peut-être que j'ai inséré dans mes notes un trop grand nombre de passages d'auteurs anciens; mais c'était le seul moyen de donner de la force à mes assertions, et l'on sait que, pour bien saisir la pensée d'un auteur, 1l est souvent essentiel de connaître les termes mêmes dont 1l s'est servi. Au reste, il est une classe de lecteurs, et ce n'est pas celle dont Jjambitionne le moins les suffrages, qui ne me fera pas un reproche de cette rigoureuse exactitude.
Je comprends dans le cadre de mon travail la plupart des contrées de l’ancien monde, et jy parle d'une foule de personnages qui ont vécu à des époques séparées les unes des autres par de longs intervalles : cette nécessité du plan que je m'étais tracé m'a souvent forcé d’en réunir les différentes parties par des transitions, et de les faire précéder de quelques éclaircissements sur Îles lieux et sur les acteurs que je de-
PRÉFACE. | IX vais mettre en scène. Mais toutes les fois que ces digressions auraient pu nuire à l'ensemble de la narration, en détournant trop longtemps l’attention du lecteur, je les ai renvovées, sous forme de notes ou d'appendices, à la fin du volume. Le but de ces morceaux détachés est toujours de donner plus de développement à des faits mentionnés dans le texte, et ils lui servent en quelque sorte de supplément : tels sont, entre autres, une comparaison de la légion avec la phalange, des notices sur la force et sur la justesse des armes des anciens, sur l'emploi des chameaux dans la guerre, sur les découvertes des Lagides dans l'intérieur de l'Afrique, sur la quantité prodigieuse d'animaux sauvages exposés par les Romains dans leurs spectacles; enfin, sur quelques autres questions dont l'examen ne sera pas, je l'espère, sans intérêt pour les amateurs de l'histoire et de l’érudition.
Après avoir mis la dernière main à ces recherches, j'ai obtenu la faveur d'en lire des extraits devant l'Académie des inscriptions et belleslettres: l'attention indu'gente dont j'ai été honoré en cette occasion m'a encouragé à livrer mon travail au jugement du public; mais ce qui m'y a surtout déterminé, c'est le conseil que j'en ai recu de mon ancien et honorable ami M. Ph. Le Bas,
membre de la même Académie, qui, au milieu de
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ses savants travaux et de ses importantes publications, a bien voulu trouver assez de temps pour prendre connaissance de mon livre, et l’examiner avec un soin scrupuleux. Je me félicite de trouver ici l'occasion de lui exprimer ma vive reconnaissance pour cette nouvelle preuve d'affection !.
C'est donc avec confiance, et fort du suffrage d’une compagnie illustre, que je présente au public ces recherches, fruits de quelques années de loisir passées sur une terre hospitalière, patrie commune des lettres, des sciences et des arts.
1 Je dois aussi des remerciments à M. Léon Renier, jeune philologue appelé à se distinguer un jour dans la carrière de l’érudition. À ma prière, il s’est chargé de surveiller les détails typographiques de cette édition, et m'a rendu ainsi un service dont je lui sais d'autant plus de gré, qu’en ma qualité d’étranger, il m'eût été difficile de bien m’acquitter de cette tâche pénible.
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