IV PRÉFACE
contrée , avant Alexandre, et à constater un fait qui résulte de tous les témoignages de l'anti- quité : c'est qu'à toutes les époques, même aux plus reculées, les peuples qui l'habitent ont toujours entretenu pour la guerre un nombre trèsconsidérable de ces animaux.
C'est l'expédition du conquérant macédonien qui forme le véritable point de départ de Fhistoire militaire des éléphants: c'est, en effet, Le prener événement bien constaté où ces animaux aient joué un rôle sur le champ de bataille , et - c'est la première occasion qu'aient eue les Grecs de les connaitre et de les combattre.
Les successeurs d'Alexandre introduisirent les éléphants dans le monde occidental. Les Lagides, etsurtout les Séleucides,en eurent beaucoup dans leurs armées ; Antipater amena en Grèce les premiers qu'on y vit; Pyrrhus en transporta un certain nombre en Italie, et fournit ainsi aux Romains l'occasion de s'habituer à triompher de ce nouveau moyen de guerre, que, dans la lutte à mort qui était sur le point de s'engager entre eux et Carthage, ils allaient avoir si souvent à repousser. Les rois de Numidie adoptèrent ce service à l'imitation desCarthaginois. Jugurtha opposa vainement ses éléphants aux légions de Métellus ; Juba ne fut pas plus heureux dans l'essai qu'il fit des siens contre César; enfin, les Romains vou-
PRÉFACE. Ÿ lurent , à leur tour, suivre l'exemple des nations que nous venons d'indiquer; mais ils n'attachèrent jamais qu'une faible importance à leurs éléphants, et ils ne tardèrent pas à y renoncer.
Tel est le résumé succinct des faits dont mon premier livre présente le développement : comme ils se rapportent tous à la période la plus intéressante de l’histoire des éléphants, j'ai cru devoir les raconter avec assez de détail, et consacrer à chacune des nations qui ont employé ce moyen de guerre un chapitre spécial.
Le second livre est entièrement didactique.
J'y expose les règles que les anciens ont suivies dans l'organisation des éléphants de guerre, et les moyens qu'ils ont employés pour les dresser, les armer , et les conduire à l'ennemi. Je tâche de déterminer, à l’aide des documents consignés dans le livre précédent, quelle était leur place dans les camps, dans les marches et dans les combats: comment on en tirait parti pour le passage des rivières, pour l'attaque des postes, et même pour les siéges, opérations auxquelles ils étaient moins étrangers qu'on ne serait tenté de le supposer; puis, je traite des expédients offensifs et défensifs imaginés contre eux; et enfin, en dernier lieu, j'examine si les inconvénients de leur service ne l’'emportaient pas sur les avantages qu'on pouvait en espérer. Cha-