CHAPITRE XIL
Les Romains se décident à employer les éléphants. — Occasions dans lesquelles ils se sont servis de ces animaux. — Guerres de Macédoine etde Syrie.—Bataille des Cyrocéphales.— Combat des Thermopyles.—Passage périlleux des éléphants au travers de la chaine de l’Olÿmpe. — Bataille de Pydna. — Les Romains amènent des éléphants contre les Celtibériens et contre Viriathe.— Ils font usage de ces animaux dans leurs premières expéditions dans la Gaule transalpine. — Défaite des 4rvernes et des Allobroges sur les bords du Rhône.
On a souvent occasion de remarquer, quand on parcourt l’histoire de la grandeur des Romains, que l'une des principales causes de l’excellence de leurs institutions militaires fut le bon esprit qu’ils eurent toujours d'adopter les armes et les usages des autres peuples, toutes les fois qu'ils les jugèrent préférables aux leurs”. Il est donc à présumer que, la première fois qu'ils se trouvèrent en face des éléphants, ils durent examiner si ce nouveau moyen d'attaque pouvait être introduit utilement dans leur tactique. Le résultat de cet examen ne fut sans doute pas favorable aux éléphants; car il se passa bien du temps avant qu’ils se décidassent à essayer de cette innovation. Rien n’eût été cependant aussi facile pour eux : nous avons vu que, dès la première apparition de ces animaux en Italie, plusieurs tombèrent entre leurs mains; ils eurent souvent à les combattre pendant les deux premières guerres puniques, et le hasard en mit à leur disposition un grand nombre dont ils pouvaient immédiatement se servir, car ils étaient dres-
sés pour le combat, et il n’y avait qu’à les retourner contre l'ennemi.
! Voyez Montesquieu, Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chap. 2.
Parmi les motifs qui purent les déterminer à se passer de ce moyen de guerre qu'ils avaient sous la main, le plus fort dut être la crainte d’affaiblir le moral des troupes, en les habituant à compter sur un accessoire qui pouvait leur manquer à tout moment. C'était par la bonté de sa discipline et par la conscience de sa valeur que le soldat romain devait être le premier soldat du monde; tout appui étranger ne pouvait que lui inspirer une fausse confiance au détriment du vrai courage !. C'est par la même raison qu'ils ne cherchèrent pas à employer les chars armés de faux, dont on faisait un si grand étalage en Orient, et contre lesquels ils eurent souvent à se défendre pendant leurs guerres avec Antiochus et avec Mithridate. Ce qu'ils firent, et ce qui valait beaucoup mieux , ce fut d’aviser aux moyens de neutraliser l’effet des éléphants, et de les faire tourner à la perte de ceux qui les employaient. Nous exposerons plus tard les | moyens qu'ils Imaginèrent pour obtenir ce résultat.
La guerre contre Philippe, roi de Macédoine, fut la première où les Romains s’avisèrent d'employer les éléphants. Il y avait alors à Rome un grand nombre de ces animaux que l’on avait pris sur les Carthaginois : le consul Sulpicius Galba , à qui avait été confiée la conduite de l’expédition, en fit choisir quelques-uns, et les em-
1 Les preux chevaliers qui vécurent au temps de l'introduction des armes à feu dédaignaient de même cette invention, qu'ils regardaient commeun moyen de donner à la làcheté l'avantage surla bravoure. Arloste, qui avait puisé ses inspirations dans les romans de chevalerie, fait très-bien exprimer ces idées à son héros. ( Or. Jfur., canto 1x, st. 28, 29; 89, 91.\ — Bayard détestait les arquebuses : «Ayant grand crève-cœur, dit un auteur contemporain, «qu’un homme vaillant füt tué par un vil et abject friquenelle.» On eût dit qu'il avait le pressentiment du genre de mort qui lui était réservé.
mena à la suite de son armée. Peut-être espérait-il frapper ainsi l'imagination des Grecs, ou bien était-ce un moyen qu'il se réservait pour ébranler cette fameuse phalange macédonienne qu'on disait invincible par l’ensemble et par la solidité de sa formation ?
Il trouva Philippe campé sur le Lycus, aux frontières de lIllyrie ; il lui présenta aussitôt le combat, et après avoir déployé son armée, il en couvrit le front par un rang d’éléphants!. Ce premier essai n’eut aucune suite, attendu que le roi se tint obstinément dans son camp. Les Romains portèrent alors la guerre sur un autre terrain.
T. Quinctius Flamininus, successeur de Galba, augmenta son matériel de 10 éléphants qui lui furent envoyés par Masinissa ?. L'intérêt de Philippe était de trainer la guerre en longueur; il ne put cependant éviter une action générale, qui eut lieu aux Cynocéphales en Thessalie. Le consul avait déployé ses éléphants devant sa droite : il s'en servit pour charger la phalange à mesure qu’elle arrivait sur la ligne. La vue de ces colosses menaçants fit lâcher le pied aux Macédoniens, et les habiles manœuvres de Flamininus achevèrent de les mettre en déroute *. Il est à présumer que les Romains auraient également remporté la victoire sans l'intervention des éléphants, mais ilest certain que le secours de ces animaux leur fut utile. Le roi de Macédoine, réduit par la perte de cette
! «Consul in aciem descendit, ante prima signa locatis elephan- «tis, quo auxilio tum primum Romani, quia captos aliquot bello. «punico habebant, usi sunt.»(Tit. Liv., xxx1, 36.) — 11 y avait alors environ quatre-vingts ans que les Romains avaient vu pour la première fois ces animaux dans la guerre contre Pyrrhus.
Pit. av, xxx 27.
3 «Extemplo terga vertere Macedones, terrore primo bestiarum «aversi.» (it, Liv., xxxu1, 8.)
bataille à la merei de Rome, s’estima heureux d'obtenir la paix aux conditions qu'on voulut bien lui imposer !.
La soumission de Philippe fut le prélude de la conquête de l’Asie. Antiochus LIT, enflé des succès qu'il avait obtenus en Orient, et poussé par les instigations d’Annibal, se crut assez fort pour braver les Romains, dont l'ambition commençait d’ailleurs à percer au delà de l’'Hellespont. Les Étoliens profitèrent de ces dispositions du roi de Syrie pour le décider à débarquer en Grèce, où il vint en effet à la tête d’une petite armée et de quelques éléphants. Il avait déjà perdu une année en cherchant à rallier à son parti quelques États de la Grèce, lorsque le consul Acilius Glabrion parut en Thessalie avec 20,000 fantassins, 2,000 chevaux et 15 éléphants. Antiochus, ne se sentant pas assez fort pour tenir la campagne, se hâta de concentrer ses troupes aux T'hermopyles, afin d'en disputer le passage au général romain. Il assit son camp à l'entrée du défilé, se couvrit par un doubie fossé et par des redoutes, qu'il garnit d’une foule d’archers et de frondeurs, et 11 déploya en avant de ces ouvrages sa phalange, qui formait comme un rempart hérissé de piques. Quant à ses éléphants, il les rangea sur un terrain marécageux qui s’étendait de la droite de ses retranchements jusqu’à la mer, et il les fit soutenir par des troupes légères et de la cavalerie.
Ces précautions furent rendues inutiles par la prévoyance du consul, qui, avant d'attaquer la position, avait envoyé des détachements pour la tourner au large, et pour chasser les postes dont Antiochus avait garni la montagne sur sa gauche et sur ses derrières. Cette opération, qui demandait autant d'intelligence que d'intré-
L Ti. Liv., xxxin, 7, 8, 9, 30. — Plutarch., 7. Q. Flamin.,8. — Strab., Geogr., ix, cap.5, tu, p. 314.
DES ÉLÉPHANTS. — LIV. I, CHAP. XII. 225 pidité, fut confiée principalement à Caton l'Ancien, qui servait en qualité de tribun des soldats dans l'état-major de l’armée. Lorsque les Syriens virent les Romains descendre à la course pour les prendre en queue, ils se tinrent pour perdus, et abandonnèrent avec précipitation leurs lignes. Acilius franchit alors les retranchements et se mit à leur poursuite, mais sans pouvoir leur faire tout le mal qu'il aurait voulu ; car il se trouvait engagé dans le défilé, et Antiochus avait eu le bon esprit de placer ses éléphants à la queue de la colonne; de sorte que ces animaux obstruaient le passage, arrêtaient tout court les chevaux, et formaient un pêle-mêle à travers lequel il était impossible à l'infanterie de se faire jour. Les Romains finirent néanmoins par terrasser les éléphants ou par s’en emparer : la déroute des Syriens fut alors complète, et Antiochus eut de la peine à gagner l’Eubée avec 500 hommes. Quant au nombre d'éléphants qu’il avait employés dans cette occasion, il n'est pas facile de le déterminer. Il en avait six avec lui en arrivant dans la Grèce; mais il est probable que, pendant l'hiver, il en avait fait venir d’autres de l’Asie, à mesure qu'il avait vu la guerre prendre plus d'importance. Ainsi que nous l’avons vu plus haut, les Romains avaient aussi des éléphants; mais tout porte à croire que, dans cette circonstance, ils n’en firent aucun usage; ces animaux leur auraient été, en effet, au moins inutiles dans l'opération qu’ils se proposaient ?.
Cette guerre, commencée avec tant d’imprévoyance, eut une fin désastreuse pour le roi de Syrie. L'année
! «Elephanti novissimi agminis erant, quos pedes ægre præ- «terire, eques nullo poterat modo, timentibus equis tumultumque «inter se majorem quam in prælio edentibus.»(Tit. Liv. xxxvI, 19.)
2 Mit. Liv., xxxv, 43; xxxv1, 14, 18, 19. — Frontin., Stratag.,n 4, n. 4. — Plutarch., Caton. Cens., 13.
suivante, il fut entièrement défait près de la ville de Magnésie, et obligé d'acheter la paix à des conditions humiliantes ; nous parlerons plus tard de cette bataille, à laquelle les éléphants prirent aussi une part remarquable !.
Environ vingt ans après la défaite d’Antiochus , les Romains déclarèrent la guerre à Persée, fils et successeur de Philippe; et ils employèrent contre lui encore plus d’éléphants qu'ils n’en avaient amené contre son père. Nous avons vu plus haut que Masinissa leur avait envoyé, pendant cette guerre, 22 de ces animaux ?. Leur armée était. campée sur les bords du Pénée, lorsqu'ils reçurent ce renfort; mais ils en avaient déjà un certain nombre qu'ils avaient pris en Asie, dans les dépôts d’Antiochus”, et qui provenaient de la belle race de l'Inde. Il est donc permis de conjecturer que ee fut pendant cette seconde guerre de Macédoine qu’ils déployèrent le plus grand nombre d’éléphants. Îl ne paraît cependant pas qu'ils en aient tiré un grand parti; et nous verrons , au contraire, que ces animaux leur causèrent beaucoup d’embarras dans les passages des montagnes. Ils durent surtout employer des expédients extraordinaires pour traverser la chaine du mont Olympe; nous allons faire connaître les circonstances de cette traversée, qui, quoique moins célèbre que le passage des Aïipes par Annibal, ne fut cependant ni moins difficile ni moins périlleuse.
Îl y avait environ trois ans que la guerre continuait en Grèce, en Épire et en Thessalie, avee des succès variés, lorsque le consul Marcius Philippus résolut de pé-
L Voyez ci-dessous, au chapitre vi du livre n. Voyez ei-dessus, p. 205.
$ Poilyæn., Stratag., 1v, 20.
SX
DES ÉLÉPHANTS. — LIV. 1, CHAP. XIL. 22 nétrer dans le cœur même de la Macédoine. Il fallait pour cela traverser des montagnes très-escarpées, qui tiennent à la chaîne de l’Olympe, et dont les gorges étaient gardées par les troupes de Persée. Le consul, qui voulait éviter tout engagement et arriver au plus vite à l'insu des Macédoniens, prit sa marche par des sentiers presque impraticables, que l'ennemi avait cru inutile de garder. Son armée eut à supporter des fatigues et des privations inouies ; mais ce qui retarda surtout sa marche, ce fut la difficulté de faire descendre les éléphants. Effrayés à la vue des précipices, rebutés par des obstacles toujours renaissants, ces lourds quadrupèdes renversèrent leurs conducteurs, et se mirent à pousser des cris qui faisaient cabrer les chevaux, et causaient , dit Tite-Live, autant de trouble dans l’armée que laurait fait une surprise de l’ennemi ‘.
De pareils accidents plusieurs fois répétés auraient suffi pour compromettre lexpédition, si Marcius ne se fût avisé d’un expédient longet difficile à la vérité, mais qui enfin lui réussit : toutes les fois qu’il arrivait à une descente trop escarpée, il établissait, avec des solives et de forts madriers, un pont d'environ 30 pieds de large, dont il fixait l’une des extrémités à la pente dela montagne, tandis que l’autre était soutenue par des piquets et des blocs qui pouvaient s’enlever quand le besoin lexigeait. Cet échafaudage formait une rampe aussi aisée que solide , qu'on recouvrait de terre et qu’on garnissait vraisemblablement de parapets, pour lui donner l'apparence d’une véritable route. En avant et au-dessous de cette pre-
1 «Hostilem prope tumultum agmini elephanti præbebant, qui «ubi ad invia venerant, dejectis rettoribus, cum horrendo stri- «dore , pavorem ingentem , equis maxime, incutiebant,» (Tit. Liv., XLIV, 5.)
mière travée, on en établissait une seconde, puis une troisième, et ainsi de suite, suivant la longueur de l’escarpement. |
Tout étant ainsi disposé, on faisait avancer quelques éléphants dans la première travée, et probablement on mettait en tête les femelles, ou les plus dociles; puis on retirait les supports, opération qui ne devait pas être aisée, mais qu'enfin on pouvait faire à l’aide de forts leviers, de crics ou d’autres machines, suivant que les circonstances le permettaient. On parvenait de cette manière à faire descendre tout doucement jusqu'au sol, ou sur la rampe qui était immédiatement au-dessous, l’extrémité antérieure du pont. Les éléphants, ne pouvant ni reculer ni se jeter de côté, tâchaient de se glisser doucement sur leurs pieds ou en s’accroupissant, et gagnaient comme ils pouvaient l’autre rampe, laquelle devait de même s’écrouler, et les faire avancer sur la troisième’, La même manœuvre était répétée à chaque escarpement qu'on rencontrait.
Tite-Live ne dit pas si l’on faisait passer les éléphants un à un, ou plusieurs à la fois, mais cela devait dépendre de la longueur du trajet et de la configuration du sol. Ce qui me paraît hors de doute, c’est qu’ils ne passaient que sur une seule file, puisque la distance des deux solives ou madriers {duo validi asseres\ était calculée sur la largeur du corps de l'animal (distantes inter se paulle plus quam quanta belluæ latitudo est). I est donc impossible d'admettre la supposition de Rollin, qui pense qu'ils passèrent tous à la fois. Nous avons vu, en effet, qu'il y en avait au moins 22, et probablement davantage : il aurait done fallu, pour les passer tous à
! &Aln elephanti pedibus msistentes, ali elunibus subsidentes «prolabebantur.» (Fit. Liv., XLIV, 5.)
la file, que chaque pont eùt de 2 à 300 pieds de longueur, ce qui serait contre toute vraisemblance; car indépendamment de la difficulté de construire de semblables ponts, comment aurait-on pu manœuvrer de pareils fardeaux? Ce serait déjà beaucoup, selon moi, si l’on avait pu en faire avancer 2 ou 3 à la fois.
Tite-Live n'indique pas non plus l'endroit précis où se fit ce passage, mais des différentes circonstances de sa narration on peut Inférer qu’il eut lieu à la hauteur de Dium, et non loin du golfe Thermaïque. Une circonstance remarquable de cette pénible traversée, c'est que l'historien Polybe y assista comme témoin et comme acteur; 1] se trouvait alors au quartier général du consul, auprès duquel les Achéens l'avaient envoyé en ambassade.
Persée fut tellement étonné de voir que les Romains avaient franchi ces redoutables montagnes, et qu'ils étaient descendus dans la plaine de Pydna, que de ce moment il se crut perdu sans retour. Et en effet, lorsque l’on pense que la plupart étaient arrivés, ainsi que le dit positivement Tite-Live, en roulant plutôt qu’en marchant, au travers des précipices ! ; lorsque l’on pense que souvent 1] leur avait fallu aplanir les rochers, abattre les arbres, les transporter, les ajuster, sans autres ressources que celles que pouvaient fournir ces lieux sauvages et Inhabités : on ne saurait trop admirer cette persévérance Iinébranlable qui triomphait de tous les obstacles, et se rendait toujours maîtresse de la fortune.
La gloire de terminer cette guerre était réservée à Paul Émile, qui fut nommé consul l’année suivante. Ce grand homme était le fils de celui qui avait si vaillamment prodigué sa vie à la bataille de Cannes, et il fut le père de Scipion Emilien, qui détruisit Carthage. Persée
L Tit. Liv. xtty, 5.
avait réuni auprès de Pydna la plus forte armée que la Macédoine eût mise sur pied depuis Alexandre. On y comptait en effet 45,060 hommes, presque tous vétérans; tandis que le consul n’en avait que 30,000 , dont 12,000 légionnaires romains, et autant d’Italiens. La victoire fut vivement disputée, et il y eut même un moment où Paul Émile crut les affaires désespérées. Mais les Romains se surpassèrent, et la vieille question de la phalange et de la légion fut alors irrévocablement décidée. ll est hors de doute qu’il y avait des éléphants dans l'armée consulaire, et l’on doit conclure de la relation de Tite-Live qu'ils contribuèrent au succès de la journée, puisque la déroute des Macédoniens ne commenca véritablement que lorsque ces redoutables quadrupèdes commencèrent à les charger ?. Il y a donc lieu de s’étonner d’une assertion de ce même historien, qui ajoute. dans le même paragraphe, que les éléphants ne furent presque d’aucune utilité dans cette bataille . S'il entend par là que les Romains eussent été vainqueurs sans leur secours, je suis parfaitement de son avis; mais il est constaté que les éléphants rendirent alors quelque service. Dans tous les cas, il est curieux de remarquer que ces animaux, qu’Alexandre avait amenés le premier des bords lointains de l'Orient, furent, sinon les instruments, du moins les témoins de la destruction de son royaume“.
1 Sur cette bataille et sur la question de supériorité entrela phalange et la lésion, voyez l'appendice 11, à la fin du volume.
2 «In dexterum cornu elephantos inducit et alas sociorum, et «hinc primum fuga Macedonum est orta.. Elephantorum impe- «tum subsecuti sunt socii nominis latini, pepuleruntque lævum «cornu.»(Tit. Liv., xLIv, 41.)
3 «Elephanti in acie nomen tantum sine usu fuerunt. » (Tit. Liv., loc. laud.) |
4 Tit. Liv., xuv, 23, 30, 40, 41, 42. —Plutarch., Paul. Æmil., 11, sqq.—Suivant le Syncelle, lorsque P. Emile triompha de Persée, il
Les Romains firent aussi quelque usage des éléphants pendant leurs longues guerres contre les habitants de l'Espagne ; mais la nature du pays et le caractère de ces guerres, qui se passèrent surtout en siéges, en surprises, en incursions, ne leur permirent pas souvent d'amener ces lourds quadrupèdes sur le terrain, et quand ils le firent , ils n’eurent pas toujours à s'en féliciter : nous en donnerons une preuve plus tard. On peut assurer qu'ils avaient aussi des éléphants dans leur guerre contre Viriathe : cela résulte d’une anecdote racontée par Valère Maxime. «Le proconsul Métellus, dit cet écrivain, sachant qu'il allait être remplacé en Espagne par Q. Pompée, son ancien ennemi, voulut lui rendre le mauvais service de désorganiser l’armée par tous les moyens possibles. À cet effet, il congédia un grand nombre de soldats, fit briser les armes, laissa gaspiller les munitions, et ordonna de retrancher les vivres aux éléphants, pour les mettre hors de service *. »
Nous ne connaissons qu’une seule occasion où les Romains aient employé les éléphants contre les Gaulois: ce fut à l’époque de leur première expédition au delà des Alpes. Les victoires qu'ils remportèrent, à l'aide de ces animaux, sur les Ærvernes et les Allobroges, furent un grand pas de fait vers la conquête des Gaules ; et elles doivent tenir une place importante dans l’histoire de ces belles contrées.
fit porter devant lui 2,000 défenses d’éléphants, longues de trois coudées, qu'il avait enlevées dans le trésor du roi de Macédoine. 1 Voyez au chapitre 1x du livre n1 l'échec essuyé par le consul Fulvius Nobilior devant Numance, 2 «Elephants cibaria dari vetuit.» (Val. Max., IX, 3, 0. 7.)