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Histoire militaire du Piémont

. au duc de Savoie. — Ce dernier prince contre qui Genève était en révolte se voit attaqué en même .temps par les Suisses. — H perd tous ses états au de-là des alpes. -^ Les Français alliés du marquis de Salaces passent en Pié~ mont. — Suse forcé. — Charles JJl quitte sa capitale. — Turin se rend par son ordre. — L'armée français^ poursuit les Impériaux et les Piémontais, — Elle les force sur la Doire. — Convention entre les généraux. — Mondovi , Coni , Fostan et Carignan pris par les Français. — Défection du marquis de Salaces. — ■ Charle-Çuint arrive en Piémont. — Turin investi'. — Coni et Fossan repris. — Le Piémont réuni ci la France. — Les Français

4 GUERBES DU PIEMONT

repassent les algies. — Le9 Impériaux entrent en Provence. — Suite des opérations militaires en Piémont. Combat de Savillan, La Tarantaise en insurrection. Elle est abandonnée à la fureur du soldat. — ' Les Italiens au service de France escaladent Gênes et ils sont battus. Ils arrivent en Piémont. — Le blocus de Turin est levé. Les Impériaux se retirent à jtsti. Les Français reprennent plusieurs places du duc de Savoie , et s'emparent dune grande partie du marquisat de Salaces , dont lé roi donne l'investiture à Jean Louis de Saluées. —- Celui-ci est arrêté prisonnier par son 'frère. — Prise et reprise de tfuelques petites places. — Les Français entreprennent de se rendre mittires dé Casnl et ils sont repoussés. — ' Les Impériaux font la conquête du marquisat dé Saluées. — Mort du marquis François au siège de Carmagnole, — ^ Rigueurs exercées à cette occasion.

JLia «enduite généreuse de i'empereur Gharle-Quiot après la bataille de Pavie (a), t'invesliture du comté d'Âsti et du

(a) Ce n*est ça5 Jire qu'après celte m^oiOi^Ie yictuirelrsAutiicbienc qui vinrent ta PiMoQt a'j fisfitit beaucoup de mal, ili st TCugËrcat cratllement

tnarcfuisat de Cève, qu'il accorda au duc Charles III, enSn les liens du aang que ce dernier prince contracta par «on mariage avec Bëatrix de Portugal, avaient attaché le duc de Savoie k la maison d'Autriche , sans cependant lui faire abandonner le plan de neutralité qu'il avait malheureusement conçu; mais s^ lictisons . ^vec l'Ëftpagne fioBirent k irritep François I.*"" , dont le coeur ulcéré ne pardonnait pas ^ son heureux rirai l'abus mal calculé de It» pl«» brillante victoire. Charles III avait m deux ptiisiianB ennemis dana w» plus proches parent , Louise de Savoie , sa sosur , mère de Frànçoi»!.**", et Rané (a), son frère naturel;

iu duc de Savoie qui graii favorisa l'enlriïe des Français en Italie j ra^is l'cmperrur rappela ses troupes, ifatai H n'aiirm en qd'A la vuuunr pour rétau I» PiëniaDf ai) Milaïuia.

(a) Reâé , fils naturel dft Philippe II et d« Bonne de RoDiagnati, plus counu sous le pcm de grand bâtard de Savoli , fol disgricié pendaal le rj^» de Phibftert 11 , apr^ avoir mcciip^ \n prmjèrei cbarges de l'état; odieuK k\» duchesse ]H arguer rU

far son attachement à la France, Ren^ vit annullfr acte de sa t^gitimalinD par ua décret que celle f npce»M arrfldia à t'empereiir son pire ;. vœ telle injure le dtfteraiqii j quitt«r U cçur poMr. se rodrer à Baric ; wn. déport fut «a utune^u Rrief : on'iBstmûit «#s.pr««»« ^ il fut 4tfclar< criminel de lèse majesté, *l son apaji^tge d«vMt . 1« douaira de JVUrjiuenlP- Ren^ n'avaU pas perilu .(out cspitir de rentrai^ d^ns .sF»,bMUf i,„i(,,^y^M,'»?, iCW?.

5 GUEUSES DU PIÉMON*

l'une et l'autre aigrissaient depuis longtemps l'esprit du monarque français, et leurs insinuations accélérèrent les malheurs de leur patrie. Le roi avait donné une première preuve de sa malveillance en faisant arrêter à Paris le président Lambert, 'ambassadeur extraordinaire de' Savoie j pour servir, disaît-on , de ga-^ rant aux enfans de France qu'on retenait en otage à Madrid; cette aflàire, qui ^'uuL'd^gl?.'!^ n'eut cependant aucune suite , ne laissait -mÔ.I.Xîï^^; point de doute sur tes dispositions da Miûi^rt.""™! ministère français ; il n'attendait en effet «SH^iï^ilï^ qu'une occasion pour faire éclater son ""'"'■*' '"'ressentiment (i).

An i556. François l." ayant renoncé deux foi» (s) aux droits, qu'il disait avoir sur Âsti> en Vsl" -'''^w ^^^ Cève et suf Verceil , forma des prédtcu-]>n>uis>9. tentions nouvelles, en demandant au duc de Savoie le comté de Nice, comma un.

démembrement de la Provence , lé Faucigny, en sa qualité de Dauphin, et les droits supposés de Louise de Savoie sur la Bresse. Ces demandes devaient être ie prétexte d'une guerre ^ dont la conquête du Milanais était l'objet (a). Le

lorsque Chirles III succéda i Philibert ; mail l'inflnence que la duchesse conservait à la coor l'emporta sar les sentimen» de ce prince pour son frère, qui dès- lors se déTousnl entièrement 4 la France, devint le plus cruel ennerai de ta maison, (a) La souveraineté de ce pay» était depuis pé« deyemie vacante par la mort de fiuijoia Sfona.

CHAPltBE ti 7

Uatif^aîs succès des tentatives précé- Am t5î«. dentés avait persuadé au ministère irançais qu'il fallait s'emparer de la Savoie et du Piémont pour s'assurer la possession de la Lombardïe , et le Pape Clément VU , qui favorisait les dessins de François l.*' , l'ayant surtout affermi dans ses vues (i), l'on ne atJl^^^'^^' songea plus qu'à colorer d'une ^PP^" E^Cî'."*' rence de raison les suggestions de la î^j;^,';;^';^'; politique. Charles , qui voulait à tout t«™^™m«^ prix éviter une rupture j demanda de "^Î^K^£," discttter l'af^ire dans un congrès ; l'on Btot.'«rtUî°«. ne pouvait se refuser à cette demande sans blesser oiivettemertt les lois de l'équité, et ce fut là le seul ménagement qu'on eut pour le duc de Savoie ; ménagement que l'historien de François l.*"' (2) relève pompeusement, après avoir , /jJ^^'l'SÎ^/; extrêmement exagéré des griefs dont il est aisé de justifier le prince piémontais (a). L'on nomnia des commissaires.

(a) On en faisait sans doute ^eu de cas tA î'rance même , puisque le mauifeste du roi porte simplement qu'il .déclarait la guerre au duc pou lerendiquer le (;epitë de Nice , l'hommage da Faucigny , et les droits d<j Louise de Savoie , sa mère. Au reste Charles aVait trop ouverlenient faToiis^ J^ Fcançais, pour qu'ils dussent lui ea vouloir de cequ'it avait felicîtd Char! c- Quint après la lataiUc de Parie ; l'on est moins fond^ encore â'araacer ^u'il ail cberch^ de rompre l'alliance d«

D,g,t,.?(ll„GOOglf

. 8 GUERhES DU PlEMONï

j^iSS^. pour (;ori^rTESr du moins les forme» 64! la justice ; mais le président Poyet refusa: éonstamment de voir les titres qui prouvaient iiiicôMclUance des prétentions du roi (a) ; il voulut exiger que les provincea

la Fta&ce et de !a Suisse , qu'il avait Idl-mlm* flMfnag^e; il ctnrcka l'agrément de Prinçéù I." •Taal d'scoepttr Is donation du eamW. d'Aiti « awr (eqUet Ce Rtonarqu* ae conservait d'ailleurs ^ucuiv droit; enfin le »oyage dn jeune piinçe de Piàuont eà Espagne, pour être Atré i Madïtd avec Philippe'if; n'avait besoin ni de prételle , ni d'excose j naiv Gaillard en insistant lur ces griefs s'Aija de i'am" tMH^de Du-fieJlaT,>en qui, selon IVlontagne (^Esiai lie. a, ckafK lo J il se dVeouvie un grand d^cbet de franchise, et de liberté d'éerfre . . . Cest' iûi {liât jt Un pUideyer JMiur le rtti fonçais contre \'«mt percur Clûrle - Qsut ^ qa'one bistoirc , ajouit c^ même auteur.

(a) Près d'&tre convaincu de l'injastice de ses demandes dans une séance du conseil d'^at de Savoie, il se leva et prit aoDgtf en disant: /i H'eit faut j^*t parler , l* roi le real. •*• Nous ne «M't naissant pat de code , répliqua le président Por» porato , gai établisse le droil sur la volonté arbilraire Sun roî de France ( Camhiano. — Momplaînchamp , lie. 5. — Titres, de la maison, de -Savoie sar les étuis qu'elle possède ). Au -reste il ne faut bétonner ni ttc l'audace- da |m)poi de Poyct , ni de stiri eflhmletîe à sontébir la réaih* «d'un droit imajjrnaire , dans uti tenrps , oii , coni-> me le rc»an|ue ' ï"antin Desodoards ■( Histoire ^Italie. ) dés lioiiimes probes, et saRCï s'y tmm- Jtaient eiix-nr^mc!!. Poyet n'avait ni Tune ni' l'anîre de ces qualités. Son éloquence au lïar/ean avait Tait sa fortune , cl la faVeâr ne le pbrfa i la pre* taiière charge di la magisiratinre firai^jve que pcul-

CbAPlTXE I. g

contestées fussent mises en d^pôt, et gar- Am i5SC f^éts par des troupes étrangères, avant d'entrer eri discussion , et sur le refus, (fu'fsn fit la cour de Tilrîn, les cottférences cassèrwii , Poyel répartit , et Charles Etyant consenti aa passage de l'année française, qu'on disait destinée pour Milan, reçut à Suse un hérault d'armes , qui lui apportait la déclaration de guerre (i)- ii,**,',î^^7J' Une rupture avec la Frapce était d'au- Ji^C^ûSTut tant plus dangereuse, que l'on n'avait ^^JJ^*^'^ rifen k espérer des, Suisses, depuis les JJ^JIi.*" *" agraires de Gfenève. Cette ville,, après s'être soustr.iite à la domination du duc eh embrassant le calvinisme, avait obtenu la protection des cantons protestans; Charles" n'en entreprit pas moins!* sièges et pendant qu'il chargeait le comte de Challant de justitier cette entreprise à Paris ,. il battit les troupes françaises qai ntarchaiené poOT'seeourir la place. Genève avait été investi le 3 janvier; le i4 les Savoyards furent repoussés îi l'es-' calade qu'ils -tentèrent sur trois points ;

le jir^cipiter de plus haut. Le ceurtlsan qui enf l*iBfaaiie de 1t«ufcr -Hngif-cinq'erimej Gkpitaai dans lu eotidait* de faminlde Chabot; par la seole nimti Kfiie ce fcrtTtffil fldèli! j^eerrier avait 'CMOOttf b disgrâce de son lOliltW (GatUard vol. '4 , liv. 9 ,' eiap, 4, — MejKrai)', pouTait-il aT»ir des scmpalH i 5«iif«nir ies jWlenltOBs , sur4a jastMB de(fueilei le puMo était pBot-étre prdyenuf ■

to GuERSfeS t>t; PiituôvH ■an iSsé. l'on reprit les attaques, et l'on continuait vigoureusement la défense,- lorsqu'on vit arriver au camp un hérault d'armes Bernois, portant la déclaration de guerre du canton , qui accusait le duc de Savoie d'avoir manqué envers Genève au traité de saint Julien , et à la sentence i>L»«nom'ût'^t arbitrale de Fayerne (i) > mais dans le Si>rt.*"S'*^riîî'; fond cette démarche était dictée par ^piiWiuJ^p ~ François I."* ; ce prince oubliant qu'il chi'cî^sUrif^ devait à Chartes l'amitié et l'alliance mé-' rà. uÛTj^^^r me des Suisses (a) , les avait excités contre lui, en convenant du partage de coç.infcu«. la Savoie (2) (b); La déclaration de guerre des Bernois obligea le duc ^ ■

(a) Le roi François I,*' et le pape Jules II solicitaient en même temps le duc de Savoie de leur obtenir l'alliance des Suisses , l'un pour faciliter' la conquête du Milanais , l'autre \ dessiu &x l'empêcher i Charles extrêmement embarrassa dans cett« circonstaDce cbercha à rapprocher le pape du monarque français ; mais M/ de Bagno] qu'il cbar^ f|ea de celte négociation fut arrêté à Aome eii' i5i2; et le dac se décidant alors pour le roi, engagea les cantons dans les intérêts de ce prince^ (^Lavriano, parte 9, UB. S. — Storia delT Ualia occidentale Ub. 8 , ctip. 4 ). '

(h) MuDsieur Levier, auteur d' nue çronologie des comtes de Gen^ois , fait paraitre contre la iDaison de Savoie une animosité qui justifierait Charles III des imputations odieuses , et des injures q<i'il lui prodigue, si des témoignages les plus, re*peclabtas ne Us démentaient pas bien positiir<-

CHAt>ITltE I. 11

diviser Ses forces pour couvrir le pays dé ^i556k Vaud , et les assiégés enhardis firent le 33 janvier une sortie sur les quartiers de Chêne et de Cologne, qu'ils forcèrent; animés par ce premier succès, ils tenté* rent le 36 de surprendre )e poste de Saconex, et depuis ce jour jusqu'au 5o ils s'emparèrent de Seney, de Versoi, de Gentoux , et du ch&teau de Deney, ~~^'ils démotireht. Le capitaine - général Hernois Hanz-firanz s'aVançait en même tertips vers le pays de Vaud à la tête de douze mille hommes ; h son approche la ville de Lausanne chassa son évèque, ainsi qoe sort gouverneur, et brisanB à laMbis le trône et l'autel , elle embrassa ouvertement la religion réformée, sous la protection des Suisses qui la pso* fessaient. Ceux qui ne se rendirent pas par choix le firent par crainte , et en Sioins de huit jours , à compter du premier février, il ne resta au duc dan* le pays de Vaud que le château de Chil- Ion. Les soldats piémontais ^'opposèrent qu'une très -faible défense, et songèrent moins à combattre qu'à s'enrichir. Des officiers malhabiles commandaient ces troupes indisciplinées , dont la retraite ressembla a la fuite la plus honteuse.

L'extrême facilité que trouvèrent lesBer-* jiois tenta les Fnboargeois et les Valai- Aans, qui se couvrant du prétexte de la religion, s'emparèrent, ceux-là du comté

ra GUERRES mJ PIEMONT

Jm t5S6r de Romont , ceux-ci de la partie du Cha* biais, qui est sur la droite de la Drance, sous prétexte de la sauver de l'hérésie. Cette nouvelle jeta l'étonnement dans le camp des Piemontais, qui levèrent ji la hâte le siège de Genève pour se retirer dans l'intérieur de la Savoie. Le capitaine - général Hanz - franz s'avança alors vers cette ville, suivi de sept isiUo six cents hommes , et ayant conféré avec le conseil de guerre sur les opérations à suivre , l'attaque du fort de l'Ecluse itit résolue; les Suisses y marchèrent avec les Genevois , et s'en rendirent maîtres après trois jours de batterie; ils couru' ' rent ensuite les environs qu'ils désolè-

rent ; et l'armée rentra à Genève le aa février pour se porter à l'attaque d© Chilien ; les Bernois l'assiégèrent paf tferre, et cinq frégates genevoises le resserraient du côté du lac; l'on n'avait pas compté sur une longue défense, et l'on se trompa ; car le gouverneur ne rendit la place le ag mars, qu'après avoir donné des preuves de la plus grapde intrépi-

(l)LeU,p«l.ï, dite (l).

Fendant cpie les Suisses pressaient ainsi le duc , vingt-cinq mille Français envabissaient la Savoie : François de Bourbon, comte de saint Paul, qui les commandait, alla d'abord à Chambéry, dont il enleva les archives royales , prit MoDtméillan , par la trahison du gouver*

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