CHAPITRE XX
mettre le siège devant Creuseîlles, pe- ^n i^go. tite place, défendue par trois compagnies de Fiéiuontais , d'Espagnols , et de Napolitains : monsieur de Conforgien rassembla sous les murs de Creuseilles quatre mille hommes d'infaïUerie et quatre cenis cavaliers: la ville n'élait pas à l'abri d'un cdup de main ; il la prit par escalade, après une demi-heure de combat , et la livra au pillage ; le château ne fut point attaqué , l'ennemi s'étant retiré a Genève, où il vou- . ^ lait attendre les renforts de France (i). -i.«!,p«^Ciii^3-
L'hiver qui suspend ordinairement les hostilités ne ralentit pas celte année le cours des opérations militaires, et les troupes furent continuellement en action dans les alpes mêmes. La duchesse de Savoie , chargée de gouverner le Piémont pendant le séjour de Charles Emmanuel en Provence, coii' çut l'espoir de reconquérir la principauté de Barceloimetle ,' dont les habitans . se montraient fort attachés k leur ancien souverain ; le petit nombre des troupes françaises qui y étaient, et la difficulté d'y envoyer du secours, semblaient devoir assurer celte entreprise , ' si l'on parvenait à mettre en insurrection les habitans, comme le faisait espérer Jean de Faucon , seigneur de Sauze , gentilhomme qui jouissait de beaucoup de crédit parmi eux.
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566 GUERRES pu PIEMONT
^ffiSgo. Faucon forma lui-même un plan de surprise : on l'approuva d'autant plus aisément, qu'il ne demandait aucun secours de troupes , voulant agir seul avec ses paysans ; la cour ayant agréé cette offre , il se rendit secrètement dans son chà- ' teau de Sauîie , où il prépara tout ce qui était nécessaire à l'exécution du projet qu'il méditait : levant alors le masque, il rassembla autour de lui un grand nombre de paysans, auxquels il expliqua son dessein, et suivi par eux , il marcha contre fiarcelonnette la nuit du aa décembre : la garnison s'y gardait négligemment; la ville fut escaladée sur deux points sans obstacles ; les Français eurent k peine le temps de se jeter dans une église qu'ils avaient mise en état de défense ; mais ils prétendirent en vain s'y soutenir; le feu ayant été mis au couvent attenant à cette église , ils demandèrent à capituler : monsieur de Faucon reçut alors le gouvernement de Barcelonnette en ré(ïompense de. sa valeur , et il semblait que cette place lui était due : il nâ tarda <; cependant pas cocuiUm.. à prouver combien il la méritait peu (i).
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