CHAPITRE XXIII
siège : le chevalier Marescotti fut des- An iSge. tine à se jeter dans la place, et Don ■*»
Sanche de Salines à le soutenir ; ils reçurent l'un et l'autre les mêmes instructions qu'avaient eu Valpergue et Bernés; et l'on crut assurer la réussite du projet, en destinant le marquis de Trevtio et monsieur de Scamafîs à escalader la ifille sur deux points diffénens, pendant que l'armée entière s'ap procherait de l'ennemi : toutes les colonnes se mirent en marche la nuit du 3 décembre; elles devaient toutes donner, deux heures avant le jour ; cependant Treviio et Scarnafis s'élant égarés en route, Salines et Marescotti attaquèrent seuls ; Marescotti , et le capitaine Fossard , qui le remplaça , ayant été tués , leur détachement réduit à cent trente hommes entra avec peine dans Cavour.
La nouvelle de l'approche de l'armée savoyarde s'étant répandue dans le camp français , quand on s'y attendait le moins, y apporta quelque confusion ; on alla jusqu'à prétendre que Lesdiguières aurait levé le siège , s'il avait vu les Piémontais déterminés à lui livrer bataille ; mais Charles Emmanuel , qui ne voulait rien hasarder , chargea Salines du soin de rouvrir le passage au détachement qui avait porté les vivres dans la place, et retourna à Vigon : monsieur de Salines se présenta à nuit close aux avant- Xom. //. 37
4l8 GUERRES DU PIÉMONT
>B iSgi. postes de Lesdiguières; il escarmoncha a dessein de protéger la sortie qu'on tenta inutilement; et le succès de la veille devint ainsi inutile; car les provisions introduites dans le château étaient à peine suffisantes aux cent trente hommes qui les portaient: monsieur de Lu^ zeme reconnut dès-lors l'impossibilité de se soutenir plus long-temps ; il ne voulait pourtant pas faire les avances d'une capitulation, dont il craignait qu'on prétendit lai dicter les articles, et il es- Séra de faire parler le premier Lesiguières, vers lequel il envoya un officier , sous prétexte de prier le général français de permettre qu'on célébrât dans la ville un service pour les catholiques morts dans le combat : Lesdiguières reconnut aisément le stratagème; il ne laissa cependant pas de faire des propositions aux assièges ; l'oiHcier les rapporta au gouverneur; et le lendemain , 6 décembre , la garnison sortit du château, avec les honneurs de la guerre , et se retira libre à Vigon. , La perte de Çavour , et la fortification de Briquérasque , exposaient une grande partie du Piémont aux courses dés ennemis; le duc de Savoie renforça les garnisons de Pignerol et de Ville,franche , de Hével et de Saluces , sans pouvoir contenir les partis français , qui portèrent la terreur jusqu'à Raconis d'une
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