‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 126 sur 176 · CHAPITRE XXIII. 4i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII. 4i

deux compagnies de lanciers piémontais, ^n i5g2. divisés par petites troupes destinées à éclairer le pays : les circonslances du terrain décidèrent ta retraite de t'arm^e sur une seule colonne qui côtoya le Pélice ; déjà l'avant-garde, et le corps de bataille avaient passé cette rivière entre Garzillahe et Mombron , lorsque les coureurs annoncèrent 1' approche des Français.

Dès que Lesdiguières apprit le danger de Briquérasque , il^s'y avança à la tête de toute^ sa cavalerie ; et quand il sut en route la retraite des Piémontais k Vigon , il se dirigea vers eux, k la faveur des bois de Mombron , d'où il ne déboucha que lorsqu'il vit l'armée ennemie séparée sur les deux bords' du, Pélice : le doc de Savoie accourut à son ' arrière-garde , poussa vers l'ennemi les mousquetaires espagnols, qui se rangèrent le long des haïes, des fossés, et des murs dont le terrain était coupé, afin de donner le temps au reste des troupes de se former en bataille; la cavalerie se plaça toute sur le flanc gauche , un peu en arrière du front de l'infanterie , et le gros de l'armée revint sur ses pas, comptant repasser ta rivière; mais la diligence du général français prévint l'exécution de cet ordre; il avait fait mettre pied à terre à ses arquebusiers à cheval , qu'il opposa aux

4l4 GUERRES DU PI^Mt>NT

^fniSga, moosqiietaires , et saisissant le moment oii l'infanterie espagnole se déployait , il la chargea avec sa cavalerie: Charles s'avança aussitôt contr'elle à la téta de la noblesse du Piémont, pendant. que Don Octave d'Arragon, à la tête des escadrons qu'il commandait , attaqua le flanc de l'ennenii: les Français qui voulurent alors- se retirer , ne purent le faire sans désordre , et ils couraient de si grands dangers , que Lesdiguières marcha à leur secours en personne; d'autre part le duc de Savoie était pressé de revenir k l'infanterie espagnole qui s'était dispersée ; il mit pied à terre devant elle , et se plaça à sa tête la piqué il la main: chacun étant de nouveau sur ion terrain , te feu xlura le reste de la journée; le corps de bataille et l'avantgarde piémontaise n'arrivèrent qu'après la dernière charge, et les mousquetaires français, que Lesdiguières appela de son camp de Cavour, le joignirent trop tard pour prendre part au combat : la nuit étant survenue, Charles Emmanuel reprit sa marche ; toutes ses troupes pas> «èrent le Pélice, dont il coupa le pont, sans que l'ennemi tent&t de l'inquiéter, et l'armée étant arrivée k Vigon, on en mit le château en état de défense: Leâdtguières retourna le matin dans ses lignes sous Cavour, où il fit construire le -jour suivant une nouvelle batterie près de la tour de Brancafame.

CHA7ITBB XXIII. 4'^

- Les Inquiétudes du prince piémontats AntS^ty gur le sort de la place assiégée redoublaient à chaque instant ; il témoigna vouloir encore la ravitailler , et le marquis de TrevUc , commandant, des Napolitains , s'offrit de l'entreprendre Inimétne; mais il s'en excusa bientôt après ^ quand il eut reconnu la disposition et la force de l'armée française: cependant Charles à qui it tenait k cœur de secou* rir Cavoar , en chargea François de Val-

Î)ergue , seigneur de Massé , le chevaier de Bernés , et les capitaines Stella et Bônada ; Valpergue ayant à ses ordres trois Cents soldats d'élite , dont chacun portait un petit sac de farine , devait s'approcher de la place ^ la faveur de la nuit, précédé par les détacbemens de Bernés, de Stella'^ et de Bonada, destinés à attaquer les postes des astiégeans; Valpergue , sans s'amuser à combattre , avait ordre de gagner les avenues du château, d'y déposer les vivres, et d'en ressortir la nuit suivante , à la faveur de la nouvelle escarmouche que les mêmes détacbemens engageraient, pendant que.

Don Sanche de Salines s'avancerait h la tête de quelque cavalerie espagnole, afin de protéger leur marche et leur retour: le courage des officiers destinés à cette entreprise était tel , que l'on fondait en grande partie l'espoir du succès sur leur ' extrême hardiesse ; elle ne répondit

4l6 GUERRES DU PIÉMONT

An iSga. pourtant pas dans cette occasion à ce que l'on devait en attendre; car n'ayant pu arriver à la portée des assiégea ns avant l'aurore , ils craignirent d'être découverts , et se décidèrent à la retraita sans rien entreprendre : cette déterminalion inattendue jeta la terreur dans lame de ceux mêmes qui jusqu'alors ne demandaient qu'à. combattre; plus la bravoure des chefs était connue, plus on jugea grand le danger qui les déterminait à changer l'attaque en retraite; et dès-lors rien ne put rassurer les esprits alarmés ; les soldats jetèrent leurs sacs , et leurs ar> mes pour regagner plus vite le camp , où ils arrivèrent dans un afireux désordre , sans avoir été seulement aperçus par l'ennemi.

Ce malheur ne lit pas perdre au due de Savoie l'espoir de ravitailler la place: il assembla un conseil de guerre, dans lequel on discuta les moyens d'y réussir-; ~ quelqu'un proposa de faire marcher l'armée à Barge , et d'attaquer les lignes . des assiégeans de ce côté, qui était le plus faible , pendant qu'on jeterait un convoi dans la place, à ia faveur du combat ; mais la plupart des généraux repoussèrent le projet de risquer une bataille; Charles se rendit à leur avis qui n'était pas le sien, et. détermina de tenter une seconde fois le secours de Cavour à travers les postes qui couvraient le'

Page 1