CHAPITRE II
lut en remît le château; l'on s'en ex- >iii53&. cusa avec d'autant plus de raison que le roi de France s'y opposait ; il ne fut pas aussi aisé de répondre à l'empereur qui s'offrait de mettre lui-même une garnison dans la place, si le duc ne préférait de la confier au pape; il n'était pas possible de refuser; les demandes de l'empefeur devinrent des menaces , auxquels le pontife ajouta des reproches ; et l'infortuné Charles signa ^ de sa fttain le seul sacrifice qu'on pût encore exiger de lui ; mais par une heureuse désobéissance > dont on l'accusa injustement d'être l'auteur, la garnison piémontaise conduite par Grat de Frovane se mutina contre Louis de Castillon , seigneur de Musinens , son commatidant , -courut tumultueusement s'emparer de l'hôtel d'Emmanuel Philibert, encore enfant, et transporta ce prince dans le château ; les ponts en furent aussitôt Içvéa , et les soldats déclarèrent vouloir plutôt périr sous les ruines de la plac^, que de la céder (i) ; ^i.^b»Jj^™J" «lie se trouva ainsi sauvée pour la mai- ;;?'■ '■'7 ■'"^.u"
son de Savoie, et les négociations ne àiw^-'Hûi'. l■- . . ' ^ - •' ,, <»»■•>, put* »,
fi en poursuivirent pas moms ; car 1 em- iik.s7.-Gi.iei>uBD, pereur. instruit que François I." cher- i^iAl iX i^i» -chait a gagner le duc de Savoie, parut t».*. oublier cet événement, dont il sétait ç>ù(.Tdrt^- s. montré d'abord extrêmement offensé (2). TÎÙtilw.X,^^ £epeQdai|t L'inimitié per&onnellie des.deux ^nol^^
58 GUERRES DÛ PIjéMOHT
monarques mettait pour Je moins aU' tant *de diiScultés à la conclusion d'un traité , que leurs intérêts difFérens; aussi Faul III perdant tout espoir de réussir dans l'ouvrage salutaire de Ja paix , se borna à stipuler une trêve de dix ans^ dans laquelle le duc Chartes ne fut compris que pour se voir arracher ce qu'il n'avait pas perdu durant la guerre ; car il fut non seulement convenu, que les Français et les Espagnols garderaient réciproquement la partie des états de Savoie qu'ils occupaient, mais Charle- Qnint prétendit encore faire remettre i ses troupes les places où le duc de Savoie avait des garnisons , et il s'opposa à la fortification du port de Vil- Jefrancbe ; enfin le seul avantage que le prince piémontais tira de la trêve, £it la satisfaction de voir rendre les biens qu'on avait confisqués à ceux de ses sujets qui l'avaient suivi dans ses malheurs ; l'on exigea de lui une adhésion formelle à ce traité ruineux , et sans doute que l'événement de Nice en indisposant le pape et l'empereur contre lui , les rendit l'an et l'antre peu empressés de le favoriser dans cette occasion importante ; au surplus si le duc de Savoie n'avait écouté dans ce moment que la voix de la politique , ii aurait pu obtenir de meilleures conditions en consentant k devenir ennemi do