CHAPITRE II
n'avait convenu de la trêve que pour se An 1557. donner le temps de forger de nouvelles armes : les commissaires réunis ne pouvant rien statuer pour la paix, prorogèrent de six mois le temps de l'arinis'tice , et se séparèrent. Le Piémont qui avait cru voir le terme de ses souffrances dans les dispositions qui paraissaient annoncer une paix prochaine , {ut accablé par de nouveaux malheurs.
Après avoir éprouvé tout le poids de i'usage cruellement établi de ravager pendant la guerre les campagnes dont on n'était pas sûr d'enlever la récolte ; après avoir vu l'une et l'autre armée porter Je fer et le feu dans &e.& provinces; après avoir vu les moissons coupées en herbe, les bleds jetés dans les rivières , et tes fourrages brûlés , n'ayant plus ni bceufs pour labourer leff- terres , ni grains pour les ensemencer, périssant de misère sur le sol le plus fertile ; les habitans du Piémont se virent contraints, durant la suspension d'armes , de nourrir les militaires à discrétion ; le peuple désolé se {'était souvent avec fureur sur le peu de >led que l'on' amenait aux marchés , et l'enlevait malgré les détachemens qui l'escortaient toujours; ces violences que la nécessité autorisait en quelque sorte, en indisposant las chefs des troupes étrangères, les rendaient plus iodulgens encore sur l'extrême licence du soldat ;
D,g,t,.?(ll„GOOglf
5fi eUERRES DU PIÉMONT
An 1537. Du-Guast seul eut pitié des malbeufri du Piémont , il en écrivit à l'empereur o)c.ni>i.M.- (i) j mais ce fut en vain ; car l'indisci- Ribijr. Ritm-dM.!, pline de son armée était si grande , que la Lombardie même avait à souf-: frir les plus scandaleux désordres de la (>)B<n»rJaT.MD. part des troupes (3).
Gw" pa!^V, l'ib? Cependant Paul 111 qui gouvernait îï^. ~. "-"'*i"™,i l'église , et qui sollicitait depuis longp.'Jl°''iiï;.*r.^'~ temps un accommodement entre Charleï;'!"''"'"''"^' Quint , et François I.*"", redoubla ses An i538. i"*ta"ces dès qu'il vit l'inutilité des conférences de Locate , et il engagea enfin ces deux princes à se rendre en personne à Nice, où il alla lui-même aU'?
près du duC de Savoie (a). Cette province était la seule, si l'on excepte le Juché d'Aosle, où la guerre ne s étant pas faite , Charles fût encore le maître; -elle avait servi d'asile à la duchesse -Béatrix , et au jeune Emmanuel Phili- , -bert, à qui elle marquait une fidélité, et un dévouement au - dessus de tout éloge ; ce dernier refuge d'un prince jnalheureux semblait devoir être respecté: cependant Paol 111 demanda qfu'ou
(a) Le pape avait d'abord proposa de se rendif à Ivrée , pendant que l'empereur était i Verceil , et le roi k Turin j le àilx\i\ de subsistances en Piémont fil changer ce projet.
^^itr. Mim. d'état ^ vol. 1 , lùf, a.