‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 139 sur 176 · CHAPITRE KXVt · texte numérisé non relu

CHAPITRE KXVt

«i* Chartes Emmanuel assiège Capour. -^ Monsieur de Lesdigutères marche au secours de la garnison. — ■ Conditions qu'elle offre: — ; Le prince piémohtais les refuse. — Mouvement des Français. -^ Ils s'approchent de la position ennemie , et tentent d'attirer Charles hors de ses retranckem.ens. -^^^ Hanger que court le due de Safoie-. -^ Lesdiguières se porte à Frossas^ue^ — ^ Cavour se rend:

— - Courses des partis français dans la plaine da Piémont. -^ Les Savoyards s'avancent dans l'intention de combattre. — Les f^audois abandonnent les drapeaux de monsieur* de Lesdiguières. — iSort embarras»

' — Sa retraite à Embrun. — prisé de Mirabouc par les Piémontais*

.1 je duc de Savoie (olnptaît {>ro6teï- dé Âh i^gâi l'hiver pour compléter son armée, et pour remplir ses magasins; maïs lorsu'on espérait en Piémont quelque temps .e tranquillité à cause de l'énorme quaiv^ tité de neige dont les alpes étaient cou- > Vertes , l'on apprit le premier janviet* que les Français bloquaient Exiles : Lesdiguières s'avatica le lehdemain verd Chanmont à la tète de deux mille hom<mes d'infanterie , de cinquante maîtres^ '%i d'un corps assez nombreux Ae

454 GUEkfiÈJt t>U PIIÉMONT 'JiuSqS. genlilshommes Volontaires; il occupa îeS hauteurs de Gels et de Saint-Colotii-' ban sur sa gauche , pendant que les habitans de la vallée de Pragelas armés par son ordre ' se saisirent des ttioritagnes de la droite -i le 3 on ouvrit la trancli'ée , et l'on travailla la nuit h monter trois pièces de canon sur urre hauteur, d'où l'on comptait battre l'angle flanqué du bastion attaqué viSii.uTÏ.'X" 0) ; l'usage d'ouvrir ainsi la brèche '■ ' ' était commûfi dans un temps, où le point duuTOii des deux faces faibleûient défendu de flanc formait souvent ua . angle assez ouvert pour que l'une et

l'autre de ces faces se trouvassent ex-

S osées au feu d'une seule batterie; mais ans le fort d'ExileSj, nouvellement réparé , l'on avait eu soin de remédier ) p.ioii « Ti- à ' cet inconvénient (a) : aussi l'angle Hanqué donnait si peu de prise au cahon , que la brèche n'y était pas formée tociBbû». encore, lorsque la place se rendit (3)-. Soit que Lesdiguières reconnût la fauté des ingénieurs , soit i^u'i! voulût sim* clément presser le siège , il commença ■une seconde attaque contre le boulevard qui donnait sur la ville , où îl (1) viw, Ut. établit son quartier général (^j. ' * ^' ' A la. nouvelle du siège d'Exilés, Char-

les Emmanuel rassemblant à la hâte les troupes qu'il trouva sous sa main, marcha eu personne à Suse, le 5 janvier»

CtiAPitSE XXVt 455

à la tète die trois mille bottimps d'in^ *^<i iS^S,

fahterie , et de huit cenjLs cavalieps i

les colonels Forporato et FçFrero fct

curent ordre d'entrer. dai»s la vallée M

Pragelas , depuis celle de ta PéroMse ,

«t d'y attendra le mai trCrde- camp Ale^t

èandri ^ qui devait les joindra « çt let

commander: cet olïîcier ae rendit le Q

de Sn»e » Gravîèrea; il devait népsjf

tir à nuit tooibaote , dirige.: s% maiv

che par le col. des F«nêti!es.^.jW «o^tr

ptait qu'il foi-cer^it:.sana |>eijleilei pây^

•ans chargés de le défendre, pwr tom?

ber sur la jiatijl^ vallée de . Pragelas i

et se joindre aux (roi>ppe« .vetiuea .M

{^igafarol'. 069 deux oor^ xi^j^: ay^îieni:

«rdre. .de passer le ^ le coi. de Planéi

ou celui de Thures , et de-descândjFc

Ters Sèaane sur le», derriè^fift ^ /'w^

mée â-ançaise , que Charled. «atnpbkit

attaqii^ es ^éme tempa de â'ont , areti

Us trûupef ^ui arrivaieat joHmeUamâJà)

à Suse. ■

Ce plan annonçait non àiiikitMnt .uoe connaissance exacte dii pQ.3rs:, ' mais des vues vritiment m^taires } •«£ centef Sll avait -réosfi , Lesdiguiàres -se. ferait trouvé dans .le plus griond: ^embanras <J battu, il ne conservait aucun*: rçtaùte t vainqueur, il aurait tou)ourS été trop faible pour continuer le .^gé -et. con-^ tenir l'armée ^de secours.; ainsi . qasi . qu'eût été le sort à/a csmliat , l'on

4SÔ gueaues du pn^ïroNt 'Jm t6j|5. serait parvenu à dégager Exiles. Mat> heureusement le ntaltre-de-canip Aies* sandri s'égara en route ; son avant-gardft «eule monta le col des Fenêtres , et ne voyant point avancer la colonne , ella ' revint sur ses pas , après une longue halte, qui coûta la vie à plusieurs hommes , morts de froid et de fatigue. Cet ' inconvénient décida l'ordre gui iitt en-> voyé à messieurs. Ferrero et Porporata de retourner k Pignerol : le g , quinze cents Napolitains ayant joibt l'armée piémontaise , .Charles porta son camp à Chaumotit , d'où il chargea plusieurs officiers de tenter par des chemins dif^^ lërens d'entrer dans Exiles» et d'assurer le gouvern&ur d'un prompt secours } aucun des officiers détachés parvint cettç première fois à sa destination i mais la nuit suivante quatre d'entr'euE entrèrent dans la forteresse; le capitaine GazEÏno, qni.y commandait, parut pren-' dre courage à leur arrivée , et promit ji£^™ÎUt**^ Se bi«a défendre (i)î l'on ne saurait 2'^^;>;'*"*«' refuser de .nommer avec éloge le capi-^ taine Lànzo qui après s'être jeté dans la place à travers mille, périls donnait à tous l'exemple de l'intrépidité la plus ferme , -et de la confiance la plos assu- (•) iito^ rée (a). Les attaques avançaient cepen-* dant , la batterie de la plaine commençait à faire brèche, et celle de la colline causait beaucoup de mal aux bâtiiuens;

CÉAPITEE XxVt; ~ 45^ ie feti des assiégés diminuait, et déjit .Artl5^ les Français poussaient leurs travaux fort firès des remparts (i): il ne restait pas ^ C^^^- * de temps k perdre ; Charles alla reconnattre lui-même la position des assié* geans, que le comte de Saint-Front et Don Gaspard de Mières avaient visitée ; cette dernière reconnaissance confirma la résolution déjà prise d'attaquer l'en* nemi. Revenu à son quartier le 19 , Charles ïassembla ses officiers-généraux, non pour prendre leurs avis , mais pour leur donner ses ordres, et il parla en ces termes : J'ai décidé de combatùm ■et de sauver Exiles; voici le plan que fai formé. Le Thaltre'-d£*camp Don Gar^ ei'e ae Mières , accompagné de ^ingénieur ôomle de Saint-Front , marchera dans la nuit avec deux cents mousquetaires et cent piqurers au plateau qui commande le pont ^ que les Français tiennent sur. la Doire , à un mille cCExiles vers Ckaumont j dès qu'il i'jr .sera logé, il en avertira le général dartillerie cheva'^ lier de Cambian i çui l'ayant suivi avec trois pièces de canon , sous l'escorte des chevaux-légers de Cavalchini et de Per* nigotli , je portera promptement à ce poste; alors on- ne négligera rien pour ehasser ta gtirde du pont , et s'en saisin Don Amé de Savoie plissera la Doire sur le pont de Chaumont, à la tête de cent, cuirassiers à pied j et de doiat.

45S GtsïBzS vu Ptisiotff

» iSgS. cents hommes iîinfatUerie ; il emportefH les retranckemens qui couvrent le poste de Brumeij et il attaquera ensuite ce poste de front, pendant que ies paysans de Gialion ^ de Montpentier, et de la Novalaise monteront sur le revers des montagnes , et prendront l'etmemi de jUtnc : l'objet de cette attaque est de di-^ viser les fotces de. monsieur de Lesdi' guières » et de [engager à affaiblir son atle gauche i contre laquelle tomberont les plus grands efforts*

Ayant en vue de percer sur lejlanc de l'ennemi par les montagnes qui le séparent de la vallée -de Pragelas , et de le menacer a dos 5 il- esJ ■ important dagir avec autant de célérité que de vigueur *ar ce poirU* Les troupes d^stï* nées à cette opération seront divisées en trois colonnes '. Don Sanche de Salhwsf commissaire général de la cavalerie espagnole conduira la première , qui foi-té de quinte cents hommes d'infanterie et de deux cents cuirassiers prêts à mettre! pied- à terre , gagnera la haute sommité des montagnes ; la seconde colonne^ forte de mille hommes , sera commandée par Don F'incent Caraffa , prieur de Hongrie, elle marchera à mi-côté ; enfin la ■ troi-' sième colonne composée de mille hom* mes, sous les ordres du comte de Landron , câtoyera la montagne , et sera suivie de quelques pièces de canon*

ciiAtmiï XXVI. 459

' Apr^â ce détail Charl«s congédia les An i5g%. généraux , et chacun alla se disposer à templir sa tâche; les troupes se mirent en marche au signal convenu; le duc de Savoie suivit la colonne du prieur de Hongrie , coftime plus à portée de faire passer ses ordres et de recevoir les rbpporis. Don Garcie de Mières occupa Bans otsiacles le plateau en face du pont, t)ù il commença à élever que1«1|ues traverses, afin de se garantir deshattteurs ^M le plongeaient; dès que le jour parut, les Français inquiélèrent cet ouvrage, en roulant sur ies Savoyards des grosses pierres et des tronçons d'arbres; Mières se sonti»rt pourtant dans son poste, et s'étant mis à couvert, il fit approdict rârtilléïie , que les chevdux-Iégers traînèrent eux-mêmes sous le feu de l'enneini , avec tant de peitie , que le canon ne put élre placé avant la fin du jour. Don Anié de Savoie, ayant emporté après quelque résistance les retrancheluens qui couvraient Brumei , s'avança contre ce poste par des sentiers conrerls de glace , où ses cuirassiers accatlés du poids de leurs armes ne pu- Tent le suivre, et où l'infanterie napolilaine reftisa' de s'engager* car , malgré la précaution prise (ie donner des crampons aux troupes , ces étrangers accoutumés au climat de l'Italie méridionale trouvaient des difficultés insurmontable»

4€o CÙÊRRES bu Pli^MOnl'

jAtiSgS, dans l'exécutioD de ce qae l'on attendait d'eux. Don Amë suivit sa marche aVéc le reste de la colonne, et il attaqua vivement Brumei, quil aurait apparem** ment forcé ,. si une tourmente afireusd n'avait arrêté la marche des paysans de Montpentier , de Gïalion, et de la No^ valaise destinés à tomber sur^ le flaoe des Français. Cette diversion ne s'étant pas faite*i l'ennemi réunit toutes ses for» ces contre les troupes qui l'attaquaient de front , et Don Améj croyant d'ailleurs sa tâche remplie , se replia vers les pre^ mïers postes qu'il avait emportés , et s'y soutint pendant tout le temps que dura le combat sur le point de la principale Bttaquei

Les choses n y allaient pas à beaucoup près aussi heureusement qu'on s'en était flatté. Don Sanche de Salines, après avoir forcé les avant - postes ennemis , au liea de les pousser vivement ) leur donna )e temps de se reconnaître; & cette faute il ajouta bientôt celle de ne recommencer l'attaquç que par détachemens; ses troupes battues en détail durent rétrograder; les deux autres colonnes , qui réglaient nécessairement leur marche sur la sienne, se replièrent comme lui, et l'en*' treprise manqua. Charles Emmanuel en faisant battre ta retraite , ordonna à l'ar'' mée de se porter le long de ta Doire j il ne désespérait point encore de parveaii'

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