CHAPITRE XXVIÎ
cents chevaux, qui revinrent çn Savoie ^» iSjS. après la capitulation de Lûns - 16 - Saunier. A son retour il voulut mettre Chamfctîry en état de défense; il- travailla Jui-méme aux nouvelles fortifications; et à son exemple les habitans de toute condition, de tout âge, et de tout sexe s'employèrent k le seconder. On crut Chambéry menacé ; les citoyens s'armèrent, fit les gentilshommes des environs quitr tant leurs châteaux, se joignirent k eux {i). Le comte de Martinengo en pre- (,)^.,,^,. nant toutes les précautions qui pouvaient assurer son gouvernement, n'en opinait pas moins toajours pour la conclusion <ld la paix : l'on venait d'entreprendrç à ce sujet des conférences en Suisse; et monsieur de Sillery , minisire de France auprès du corps Helvétique , se rendit ht Bourgoin , où il trouva le baron d'Hermance , le président de la Rochette , et monsieur de Lambert, munis de pleins pouvoirs du duc de Sa- cui-ie-, ' voie (a); la matière ayant été précé- "'■».«'»»■ i«- ' denunent discutée , on conclut bientôt le traité. D'Hermance et Sillery en portèrent ta nouvelle aux deux cours :
Charles Emmanuel l'approuva; il envoya l'acte de sa ratification au roi qui assiégeait alors la Fère ; mais le maréchal de Biron , chargé de porter à Turin la signalure de Henri IV, n'arrivait pas; le prince piémontais justemeut
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476 GTJEhBBg OU PIEMONT
^» iSgS. înrjaiet de ce long retard, envoya Ver* lui le président de la Rochette , qui s'étant rendu à Dijon, où ^tait le maréchal , rencontra des dtiKcultés auxquelles on ne devait paa s'attendre ; le ministère français prétendait que monisieur d'Hermance , mort depuis la signature du traité , avait verbalemeitt convenu , ■ qae le duc de Savoie tien-» lirait le marquisat d« Saluées comra« un (îef relevant du Daupliiné ; la Tlochette ojlposa en vain le traité mênaè qui assurait à Charles la pteifte souveraineté de eetle province , soa» la condition de céder k la France la prinh eipauté de Barcelonnette , avec dieu* ▼il' iei de Bresse, et de payer a» rei cent mille écas; le maréchal insista , et le ministre savoyard 1«> quit'fa Sans rien (;.)c.mhi.B». conclure (i). On apprit avec peine k tb.'p.M°"l'ïim: Turin le résultat de ce voyage, ftton»- "iTCd^e.Z si- sieur de Martinerr^o, reVena a^ors d'e»- .'— corter l'archiduc Albert, qui se rendait
en Flandre , reçut ordre de conférer avec, monsieur de Sillery snr eèt ob^ important; ils se virent à Pont-de- Boni-oisiii, et après quelques discassioirf, ils convinrent de proposer l'addition an traité de Bourgoin d^on nouvel article, par leqocl le diic céderait au roi Dé^mont et Ceutal ; mais Charles se refusa à cette innovation , et fiï dire au comte de Martinengo qu'il entendait ne
p9S laisser . à la Fr^ice an seul ha- An 1696. Utiieavi en deçà d,es alpes (»)• (1) l-pu.
Sur cette réponse s le gouverneur do la Savoi*' previl qu'il n^ pourrait jambis rieiit conclure , et )ugeaiU trop dangereux de cuatinuer la négociation, ii pressa mon&ieur de Sillery de passer iui-inéflie tes alpes pour traiter di-i reoieanent. avec la cour. Sillery consentit à ce voyage ; vit Charles Kmm&nuel à Suse ; et traita à Chaumont avec le comte de Jacob , Je -président <)e Provane , le chevaUer ^ Cambian, et le président de la Rochette , les mêmes , Provane excepté , qui avaient accompagné monsieur de IVIarLinengo â la conférence de Pont- de- Bonvoisin ; «ellc-ci n'eut pas plus de succès ; le ministre français se montra plus difficile encore qu'auparavant; et l'on ne put se rapprocher. Monsieur de Sillery ayant repris la route de France , fui ^uivi de ptèa par monsieur de Jacob, pevèlu du caractère d'ambassadeur ex-> traocdiiiiiiie : monsieur de Btllîèvre , avec lequel il traita, proposa de remettre au Pape la décision do différend sur le marquisat de Saluces , ce qiR^ l'ambassadeur n'osa point accepter, soit parce qu'il n'avait reçu aucune instruction sur* ce point , snit parce ^m^ te'lrailé de Bourgoîn semblait soffisam^ ncnt décider' des droit» respeciiisj. ainsi
478 GUERRES DU PIEMONT
An 1596. monsieur de Jticob ne fît que prolonger la trêve jusqu'au mois de mai de I année suivante j avant de repasser en Piémont. On soupçonna moilSiieur de Lesaiguières de contrarier l'exéeution du traité convenu : il paraît néanmoins que tout contribuait à rendre chaque jour plus difficile l'exécution d'un accord que la France regardait comme ■ désavanta-- -geux; les royalistes prenaient le dessus; sur la ligue; les ducs de Nemours, do- Maine , de Joyeuse , et d'Espernon venaient de' se soumettre à leur souverain; le parti contraire n'osait plus paraître; et tout annonçant le terme de la. guerre- , civile, Henri pouvait réunir ses forces contre ses ennemis étrangers.
La suspension d'armes convenue n'empêcha pas le duc de Guise, nouveau gouverneur de Provence , d'y faire la guer^' aux Piémontais; le chevalier de la Plane lui livra Saint-Paul: le capitaine Plane, commandant de Grasse , fut assassiné , et la place se rendit; Alexandre Guer-'. rini , gouverneur de Berre , ayant résisté aux offres les plus séduisantes , se An 1697. yjj resserrer par un étroit blocus , contre lequel il ^e soutint pourtant avec autant de bonljeur que de courage jusqu!à la conclusion de la paix. :
Le conseil du duc de Savoie s'était partagé d'opinion depuis le refour de l'ambassadeur extraordioai» Jàcob; nai^