‹ Histoire militaire du PiémontChapitre 15 sur 176 · CHAPITRE m. 6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. 6l

surtout parmi la noblesse ; opposé en An i559. tout à son prédécesseur, d'AnnebauIt eut ]'art de s'attacher par des manières douces et prévenantes les Piémontais .le< moins affectionnés à la domination irançaise , et il trouva dans ces principes les avantages les plus grands, puisqu'encore qu'il fût convenu par ta trêve que l'on -n'aurait rien innove à l'état des choses, le maréchal séduisit le seigneur de Ceu' tal, et le comte de Bene, reçut l'hommage de leurs villes , et y envoya des garnisons (i). Pierre de Valpergue , sei- (0 dv**"»! . cneur de Cercenasque , qui ayant épousé H'o". •i.ïr A°*^' la veuve du dernier bâtard d Acaye , était U'- 4. dur- ■>■ devenu maître de Cavour , venait cette place à d'AnnebauIt pour dix mille écus (a). Une telle conduite dut étrangement .(»)»iw«-i«*». surprendre tout ce qu'il y avait de Pié- j'-'^kV«"; .montais aimant leur patrie; car on n'é- ''** ''**■ tait pas accputumé encore à ce honteux excès d'imprudence , qui dans la suite de cette guerre Ht calculer le bien ou le mal des résolutions que l'on prenait par l'utilité seule de leurs résultats; quoi qu'il en soit l'exemple de ces défections devint d'autant plus funeste , que le danger de résister était plus grand , et la tentation de céder plus forte ; beaucoup de Piémoiitais jusqu'alors fidèlement attachés il leur devoir, allèrent se joindre aux premiers déserteurs des drapeaux de leur patrie ^ lesquels avaient eu l'art

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de colorer leur conduite de quelque apparence de raison : par quelle avçugle opiniâtreté, disaient-ils, nous refuserioustnous à la protection d'un grand prince qui peut nous faire partager les avantages dont jouissent ses anciens sujets, au montent où le duc a fui loin de nous sans songer à nous défendre ; s'il a cédé à la force est-ce à nous à résister l nous n'avons point trahi le gouvernement , c'est le gouvernement qui nous abandonne ; et puisqu'il ne s'agit plus que , d'opter entre les Espagnols et les Français, nous préférons au joug des premiers , la domination d'un peuple avec ]equel nous avons des rapports de voisinage , et de caractère. Ces discours avaient quelques fondemens de vérité, et l'on s'accoutume d'ailleurs aisément au langage séducteur que la voix de l'intérêt appuyé. Les premiers qui avaient abandonné la cause de fétat mettaient ainsi toute leur adresse à faire partager à d'autres le crime de leur infidélité; et ils n'eurent que trop tôt la satisfaction de voir leur triomphe complet. Insensés! ils ne prévoyaient point qu'après avoir sacrifié leur honneur, ils seraient méprisés par ceux qui avaient profité de leur infamie; en effet, réduits à mendier en vain le prix de leur trahison (a) , ils se virent

(a) fioirin nous apprend aa uxième livre de «a

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