CHAPITRE III
abandonnés, lorsqu'à la IGn de la guerre An i538. il ne resta plus à la cour de France que le souvenir de leur conduite passée (i). Disons cependant que les ministres (^.Vw'TJ''' "' de Charles III, incertains dans leurs principes , inconséquens dans lenrs résolutions , avaient réduit l'état au sort d'un navire sans gouvernail ; les citoyens fidèles, dont te nombre l'emportait de beaucoup sur ceux qui ne l'étaient pas, comptaient parmi eux bien de ces êtres nuis , incapables d'une généreuse résolution , et toujours prêts à recevoir des chaînes, plutôt que d'exposer leur vie et leur fortune ; hommes lâches , plue méprisables que les méchans mêmes, et toujours dangereux pour la patrie, si elle a le malheur de compter sur eux.
Ceux qui eussent volontiers employé leurs bras au service de leur prince manquaient d'un chef capable de les diriger ; le gouvernement se refusant d'ailleurs en quelque sorte à autoriser leur courage , ils se virent réduits h. être simples spectateurs des combats que se livraient les armées étrangères. Bientôt l'une ou l'autre de ces armées arborèrent leurs drapeaux sur les .remparts de nos villes ; l'une ou l'autre
ratfnuHres qu'on ne payait aucun de ceux, de qui l'on avail reçu des setricea soui promesse d'argent; il rapporte les remontrances da maréclial de MÎsaaft i et sujet.
64 GUERRES DU PIjIMOIÏT
Ti536. donnèrentdes lois à nos provinces, et le pouvoir (lu souverain légitime fut anéanti. Les Français etles Espagnols s'attachèrent alors des hommes qui s étaient refusés à toute espèce de propositions tant rju'îls avaient espéré de pouvoir servir leur ancien maître; un grand nombre d'individus se crurent autorisés, après de longues souffrances, à chercher les moyens d'exister, quand ils n'achetaient pas les emplois par la bassesse ou la trahison ; beaucoup de militaires, n'ayant d'auti-e fortune que leur. état, et gémissant dans la réforme depuis les premiers momens de cette guerre malheureuse, passèrent^ le cœur navré, sous des drapeaux qu'il» auraient voulu combattre; mais fidèles à leur honneur ils se montrèrent sous ces drapeaux, braves et incorruptibles, comme ils l'avaient toujours été; Emmanuel- Philibert ne leur en fit point un crime 11"!°;^ CO» fi' '* C'*"'" ^^ France elle-même sut «»««'«.. distinguer entre les Piémontais, ceux qui purent sans rougir lui rappeler leurs services. Mais n'étant point encore parvenus h cette époque de notre histoire où le Piémont semblait avoir entièrement changé son existence politique, nous allons suivre notre narration pour y arciver. Le duc de Savoie s'était flatté un moment de trouver dans le ministère français des dispositions qui lui eussent éi^ favorables» et peu de temps après la
coAPiras Ht, 65
coodusion de la trêve il envojra à Paris An tSSy. monsieur de Bemex , son maître d'hôtel, pour entamer une négociation; ce mi* pistre reconnut bientôt quelles étaient les vues de François I."* qui demanda, ou la cession du comté de Nice pour une somme d'argent, et le droit d'occuper jusqu'à la paix avec l'Autriche, Turin, Moncalier , vPignerol et SavUlan (i), ou u,V.'.Sl;X"réchange du Piémont même (3). Ces ^,; riTSÎÏ'ïS prétenUons ayant fait perdre à Charles ^f^'k^.Pri» lU tout espoir de se reconcilier avec Ja «l'*"™"*^-'*^ France , il se décida au vo}^gc de Ratisbonne , où 1» diète de l'empire était assemblée ; elle y statua la réintégration de ce prince dans ses états; mais un événement aussi marquant ne pouvait être amené que par un traité général, ou par la force a armes , et l'accord de Nice s'il ne conduisait pas à une paix définitive , ôtait an duc de Savoie ta seule espérance qu'il pût avoir dans les chances incertaines de la guerre.
Le maréchal d'Annebault, revenu d'une A» i54©. course qu'il avait dû faire à Venise pour concerter les affaires de cette république .
avec les Turcs (3) . fut rappelé à la cour, sa. - cUr»* • et monsieur de Langei le remplaça. Cet officier signala les premiers temps de son administration par un acte de la plus gé-; néreuse bienÊiisance , en distribuant à ses propres fi-ais des bleds à un prix honnête , et à crédit , soit pour nourrir Tom. IL 5 .
66 CDERSES DU PIEMONT
An tfi4o. les habitans du Piémont , soit pour ensemencer les terres (i). Le ressentiment (0 Da-Ben.; . exagère qui faisait décrier toutes les me- '.™. 4,'îî.?«î'â?p: sures d'un gouvernement que l'on n'ai-. î>lT «cÎ^I!>mI^ niait pas , ne manqua point de prêter ii).».«f.io. un but sinistre à la bienfaisance du général français ; cependant l'histoire qui n'obéit point à la prévention , lui a renda l'hoRunage que l'esprit de parti seul Inî refusait., sans songer que le fanatisme déshonore souvent la meilleure cause ; car n'offense - t - on pas ta mémoire de Charles le bon en le supposant peiné de cette mesure, qui tendait, disait-on, à détacher entièrement son peuple de lui î Aurait-il &Ilu laisser< éprouv^tr à ce peuple les^ dernières angoisses de la misère pour qu'il regrettât son ancien maître t Le gouvernement qui n'aurait que de pareilles ressources mériterait d'être voué à l'exécration publique. Mais Charles était loin de connaître une politique aussi cruelie, et sans doute qu'il vit avec joie le Piémont respirer un moment sous l'administration du sage et vertueux Langei. Quoi qu'il en soit pendant que le duc de Savoie gémissait dans l'abandon le plus déplorable , la haine de Charle-Quint , et de François I." s'aigrissait par une nouvelle querelle ; l'empereur après avoir abusé de la générosité du monarque français pour soumettre Gand , refusait l'investi" tare du du<^é de Milan , et ce refus
■' CHAPITRE in. 67
^tût regardé comme une injure par Fran- A» i54o. {ois I.*' , qai ne demandait que l'occaiion de faire éclater sa colère (i); l'as- a/'i-ÎÎSi^ sassinat de messieurs de Rangon et de ^^^,"t^ Frégose ne tarda pas k lui fournir un '«J^- ■•^Jj^motif plausible de «atisfaire au désir " de se venger. L'an et l'antre- de ces gentilshommes , sujets rebelles et bannis de l'empereur , étaient revêtus du caractère d'ambassadeur par le roi de France , qui en envoyait un à Venise et l'autre k Constaotiiiople, lorsqu'ils furent inhumainement massacrés en traversant la Lombardie;la médiation du pape retarda de quelque temps les coups dès - lors prêts à â-afpper ; cependant Charle-Quint ayant manqué l'entreprise d'Alger,. François jugea le moment favorable pour recommencer la guerre , qu'il déclara k l'Espagne le- 10 de juillet., et le duc de Savoie , que la trêve avait réduit au dernier malheur, ne fut pas fâché de la voir rompue (a). Le marquis Du-Guast (,. B,.%»atj. ne perdit pas de temps pour rasse^bterlî^ri^ir'ni:- »e$ forces; Camille Colonne, officier iSiiT JHS^.^ estimé par ses talens et par son cou- ^.'^ï.'»!'.^ rage, lui présenta un projet de campagne V^â.'y*'' "^ qui annonçait des combinaisons peu connues encore dans ce siècle; il aurait £alla d'après ce plan que l'armée impériale divisée en deux corps marchât en Savoie par Ja vallée d'Aoste , et en Dauphiné par la Franche-Comté.^ les deux divisioiu
68 . GUERRES OU ÇIÉMGKT An 154». après s'être saisies de quelques place» qu'il indiquait comme des jioiuts d appui nécessaires , se seraient réunies pour couper les communications de la France avec ritalie, en s'élendant le long de»^ débouchés des alpes ; ces mouvemens devaient, selon la pensée, de Colonne, déterminer d'autant plus sûrement l'eii'i nemi à évacuer le Piémont , qu'il sa serait ditHcilement décidé à. livrer une. bataille, dont les suites, si elles étaient malheureuses, eussent ouvert l'entrée des, ^M «JjM-«*"- provinces frontières de France (i); mais >u»-' ' soit que l'on manquât de moyens pour l'exécution de ces vues , soit qu elles n'entrassent pas dans le plan de Du- Guast, ce général mareha dans le Modferrat avec quinze râille hommes d'infanterie f et deux mille cinq cent chevaux 4 ,*î?.?sft£:,Tî: (3) ; il campa à Pont>de-Stura, en appajrant sa gauche à Moncalvo, et sa droite .au Pô , sur lequel il s'était ménagé des
Eonts. L'armée française , moins nomreuseque celle des ennemis, avait pria position à Carignan , et monsieur de Langei espéra d'étonner \m .Espagnol»
en ouvrant lui-même la campagne., mal-
fré l'infépwrité de ses foroes; il avait >rmé te projet dé surppendre en même, tem^ Quérasmie , Coni . et Albe ; les troupes destinées contre ces places se mirent en mouvement ; mais les colonnes. •'égarèrent toutes .trois. pendant. la nuit:
D,g,t,.?(ll„GpOgle
CHAt>ITRE III. 69
Von ne put rien entreprendre sur Coni, ^111541. l'on fut repoussé à l'escalade d'Albe(0, (,j ^1,^., Hk. et l'on n'arriva qu'au jour naissant sous [»: ^ ""*"*>■ . les murs de Qiierasqne ; quoique dëconverts de réchangnette» les Français, comptant suf U ûiiblesse de la garnison , et Aur les intelligences qu'ils avaient , ten- . tèrent l'escalade , et ils entrèrent aiiisi dans ta place, après un léger combat. Jérôme Sanguine qui y commandait fut fait prisonnier, et ses soldats se retiréreBt à la bâte dans le château, qu'ils rendirent trente-six heures après , Ëiute de vivres (3). 4*î?,°ï"*f^''*^
Monsieur Bu - Guast s'était mis en ~' **^'^'|î^- ? mouvement pour secourir Quérasque ; en ayant appris la reddition , il alla camper en face de Carignan sur la droite du Pô , dont les eaux étaient alors trèsbasses; denx armées aussi près l'une de l'autre ne pouvaient guère rester en repos , et l'avantage du nombre éÉant pour les Espagnols , ils s'emparèrent de Kaconis , de Caramagne , de Carmagnole , de Poyrin , de Villeneuve , se porlèrent ffuelqnefoîs sur la gauche même du Fô (5) , et poussèrent leurs courses en i^l^"^**^'-- Monferrat -jusqu'à jeter l'épouvante dans Trin, que les Français se hâtèrent de mettre en état de défense (4). Le projet ^^^ j,^;, ,^ de Dn-Guast était d'attaquer l'ennemi î" après l'avoir harassé par des alarmes COQtinuélles , quand uii événement qui ne \
■;0 ' GUERRES DU PI^HO'NÎ' ^n'isJtu ' saurait arrivef que parmi des mercenait^ sans honneur, déconcerta ses vues; les capitaines italiens de l'armëe impériale gagnes par monsieur de Langei désertèrent une nuit vers le camp français, avec cinq ,iniUe hommes d'inËanterie , et . ^^^y^^ quelques cavaliers (i). Cette honteuse
cwMÏ'''iIb%r "^^^'^'^*'"> *' l'avis assuré qu'eut le gé.néral autrichien des intelligences que l'ennemi entretenait encore dans son ' camp et dans ses places, le forcèrent de se retirer à Ville-Stellonei En vain le général espagnol sévit* avec rigueur contre les traîtres, qui dès le renouvellement
^■»*jj^-^des hostilités avaient été découverts (2), la corruption faisait des progrès rapides; et monsieur d« Langei aurait harcdé An iSAi. l'ennemi , si éprouvant à son tour les suit«s d'une indiscipline malheureusement trbp commune , il n'eût pas eu le cha- ■ -grin'de se voir abandonne par les Suisses, qui se retirèrent à Pignerol. Dans cette pénible circonstance, il ne resta d'autre parti au général français qtK celui de ' se replier sur Turin, et le marquis Du- ' Guast se voyant alors en état de reprendre l'offensive , s'empara de Carignan , qull ne soutint cependant pas, et alla mettre le siège devant Chivasso , ok commandait Jérôme de Birague; la brê* che fut ouverte, et les Espagnols mon- ■ tèrent à lassant; mais repoussés avec perte, ils se retirèrent à Casai. César-
chAFiTRE ni. ' 71 Maggi , qui attaqua Caselle à-pen-prèii Mn i54>. dans le même temps, ne fiit pas plus heureux; cette place était défendue par des Italiens déserteurs de l'année impériale , qui n'ayant point de quartier à .espérer firent des prodiges de râleur ; après bien des efforts mutiles Maggi, toujours malheureux autant que brare, rentra à Volpian d'où il était parti (i)» ,s*'L'^ïï;^fil'* Pendant que Du-Guast profitait si mal J'-jJ-"*^*»" de sa supériorité » Langei n'oubliait rien pour se mettre dans le cas de reparaître en campagne, et n'osant encore s'approcher d'un ennemi beaucoup plus fort que lui , il marcha contre Barge, qui couvrait le marquisat de Saluces du côté de Pignerol. La ville n'était défendue que par un ouvrage extérieur du château, qui en enfilait une partie., et qui en couvrait toutes les avenues. Le château avait la forme d'un quarré dont de grosses tours renforçaient les angles. Monsieur de Bouttières , chargé d'entre*
firendre sur cette place , attaqua d'abord a ville défendue par trois cents EspagnoM; les retrancEemens ayant été forcés; la garnison se retira dans un couvent que l'on avait palissade et crénelé; les assiégeans battirent ce poste avec du canàn , ruinèrent une partie des murs , et Û gendarmerie française ayant mis pied à terre forma la tète de la colonne d'assaut ; les Espagnols £brcé& après uns
,n,t;-...:>,GOOglC
73 GUERRES DU PIEMONT
4m t54i. réiûtance ojHni&tre furent passés an fil de l'épée. Le château fiit aussitôt assiégé , la prise du couvent facilitait les appro* chea; l'on dressa- les batteries; aprè« quelques momens de ièn le gouverneur convint de se rendre s'il n'était secoara dans six jours. A peine cette capitulation était-elle signée que les assiégeans eurent avis de l'approche de l'armée ennemie, qui avait déjà passé le Pô à Villeiranche ; sur cette nouvelle les otages furent aus- «itôt échangés, et Bouttières se retira u.Vi.?c5iïS| <li''S«'""ï*'*' ^ Brifjnérasque (i).
i.^""'' ï^e marquis Du-Guast ayant ravitaillé
' Barge , alla camper & Ghieri , où il iéproava le double chagrin de voir Mon- «aud livré aux ennemis presque sous ses
> yeux, et d'apprendre ta perte de la place
. 'qu'il venait 'de sauver ; te capitaine Monet , gagné par monsieur de Vassé , la lui abandonna , après un moment de défense ^ur couvrir son déshonneur, dont on fut pleinement convaincu par sa désertion. De plus grands malheurs semblaient menacer encore le général autrichien, qui n'ignorait pas les renforts que les Français recevaient iournelJement parPignerrf et par Suse. Le maréchal d'Annebault,
. nouvellement destiné par François I." eu commandement de son armée d'Italie, ayant réani vingt mille hommes de pied et- deux mille cinq cent chevaux, marcha
. sur Carîgnan le premier jour de septembre;
ctiAPmt m. 7 s
Ïht-Guast pouvait à peine lai oppsser Ju i54 dix mille hommes, avec lesquels il campa il Carmagnole, et cette disparité de force laissait aux Français l'entière liberté d'agir offensivenieiit; monsieur de Langei qui s'était ménagé' des intelligences. dans les villes du Monferrat et de la Lombardîe proposa de marcher sur la frontière du Milanais; car, disait-il, ott les Impériaux tenteront d« couvrir cette province , et alors les places du Piémont abandonnées à leurs propres forces tomberont d'elles - mêmes , ou ' ils ne s'en éloigneront pas , et nous nous assurerons des conquêtes plus brillantes encore. Ce projet n'ayant pas été goûté par le' maréchal, Langei opina pour qu'on attaquât l'ennemi, auquel il préparait une -embuscade d'autant plus sûre, qu'il avait gagné ses propres guides; mais soit qu'en examinant de près ce plan monsieur d'A-nnebaolt y vît des difficultés qui ne nous sont pas connues , soit que Ce qui venait de la part de Langei lui parût' désagréable, il refusa encore cette proposition (i).' . . ™.î:>ri^*;
Le maréchal était décidé à entreprendre >iS;^".^"; le siège de Coni , oh il n'y avait qu'une !£: ?5,~ '^■" faible garnison (a). Pour assurer' cette ' «ntreprisè et 6ter à la place tout «s- h£^'!|^" poîr de secours-, il résolut d'éloigner l'armée' espagnole; il fit en conséffuence toutes les dispositions i^ui semblaient
74 GUERRE^ DU FH^lRONf
<#n.i54s. annoncer une attaque. Du-Guast trompé
Par ces fausses démonstrations quitta oyrin , où U s'était placé , et se retira à Pont de Sture. D'Annebault ayant réussi dans son premier dessein envoya aussitôt vers Turin un corps de troupes destiné à observer les mou- -vemens des ennemis; mais monsieur Du- Bellay commandant de ce corps crut pouvoir entreprendre avec plus de succès qu'il ne l'avait tenté autrefois contre quelques châteaux qui resserraient les vivres à la capitale du Piémont, et il se dirigea d'abonl vers Saint-Maure avec "* quatre pièces de canon ; le château ayant été 'emporté d'assaut , le commandant qui avait voulu se défendre contre fartillerie vit massacrer sa garnison, et fut lui-même pendu par ordre de Du-Bellay.
Cette rigueur intimida tellement les défenseurs de Castion et de Saint-Raphael, que , quoiqu'en état de résister , ils se rendirent aussitôt qu'on leur montra le •i^Btu^^.^" canon (i). Le capitaine Isac capitula plus lâchement encore dans le poste important de Saint-Michel de la Chius»
<OTi,=!«m.M^ (3), 3^'s. Th^'dî"»)^ Monsieur d'Annebault avait pris de son B^tKjaF.nno..ii. ^^^^ j^ j-q^jç jg g^^j ^ rcnforcé pendant
sa marche d'un régiment de Lansquenets qui arrivait de 'France. Attaquer en au' tompe qne place aossi^ importante avec
c&APiTRti m. 7$
qoBlte setiles pièces de canon (a) sem-» J» i54a^ blait une témérité à quelques-uns des oiHcters de l'année française. Cependaul le maréchal marcha- avec confiance sur les bords de la Sture , d'où il Ht sommer les habitans de Cont ; les syndics répondirent qu'ils dépendaient entièrement de leur gouvemenr, et qu'ils se défendraient «eton ses ordres. L'armée française passa alors la rivière sous le feu de la place , dont elle souiHt beaucoup , et le maréchal l'ayant reconnue décida son attaque an milieu de la courtine i^i unissait le bastion de Notre-Da'me du Bosco à celui de Garaglîo ; les quatre canons qu'avaient les assiegeans commencèrent à tirer sur ce point le 8 de décembre ; le lo la brédie était faite , malgré le zèle coura- ■. geux des habitans de tout âge et de tout sexe , qui travaillaient continuellement à la réparer; le général ayant donné le même jour l'ordre de l'assaut, les Francis parvinrent k se loger sur le haut dn rempart après un combat opiniâtre; cependant les Piémontais s'y étaient ménagé une coupure , d'où ils faisaient un feu extrêmement meurtrier ; les assiegeans
(a) Partcnio et Sàlat-Simoa lui en doDneat quinu pièces ; mais Du-Bella; qui serrait alors daos l'armée française dit an Deuvième livre de ses mémoires , que si an lien de quatre canmis on en eât «ttudiiitliuit, l'oa,«iriit.froDabtçm«at ïorei U Tille, .
j6 GUERAES dû PIEMONT
4hriS43. fort resserrés snr leur terrain'se jetêrtnt répéë à la main contre l'ennemi , et ' firent des prodiges ' de ralenr ; mais on leur opposa un courage égal, et monsieur d'Annebault voyant Ses troupes harassées de fatigue fit sonner la 'retraite pour recommencer te feu ; il tenta le l^fdemain un second assaut , (}ui ne lui réus^t pas mieux , et qui lui coûta davantage ; enfin voyant la garnison renforcée par mille Espagnols , une par' lie des brèches réparées , et les citoyens décidés à s'ensevelif sous les ruines de la place, le maVéchal qui commençait & manquer de provisions de guerre se détermina à lever le siège après avoir perdu cinq mille hommes; il ne voulut cependant pas partir dé devant C'ont sans avoir châtié le bourg de Saint- Dalittas , qui s'était ouvertement déclaré contre lui ; il donna ordre -Aux troupe» qui y marchèrent de réduire la ville en cendres , et lés habitans ayant désemparé & l'approche de l'ennemi , cet ordre ^'IZT^c^. s'exécuta avec la dernière rigueur (t). dfÏÏÎ^firï';?^ Monsieur d'Annebault marcha à Cariuî.'4iT-t.mïJiî| gnan par Gerital , après avoir envoyé *"■■"■ à Salaces Lelio Guascp , évêque d'Ale^
xandrie , et colonel de trente compagnies italiennes; le marquis en 'quittant cette ville avait laissé l'ordre de s'y défendre, et Guasco l'ayant emportée après une &ible rénstaïice , l'altaadoniia 'à la Sareur
n,<j,N..<ib,G00glf
CHAflTSE m., 77
du soldat (i). Ce fut la derniire entre- An 154». prise de cette .campagne exécutée par /,)d.ii.ci,i.m les troupes françaises, qui entrèrent en {jJ^^.'^ir'J^ quartiers; le luaréchaf se randit Iui-r*i<*S' méuie à la CQur , en contîant à monsieur de, B.QUttières le commandement du Fiémont pendant son absence (a). u.î'i '*"■*"*'