CHAPITRE V
pourvoir à la sûreté des places, et d'or- ^«1544. donner de nouvelles levées. Monsieur Du-Guast se mit en mouvement ; malheureusement avant qu'il eût quitté La- Montà i;n officier qu'il honorait de sa confiance instruisit le duc d'Enghien de tous ses projets (a). Dès-lors il fut aisé de les prévenir; le général français mit toute son attention a ne pas laisser aux Impériaux le temps de gagner le pays marécageux et coupé où sa cavalerie lui serait devenue inutile , et pour mieux s'opposer à leur marche , il passa le P6 . avec la plus grande partie de ses foroes qu'il conduisit à La-Ville. Il lui restait à savoir si les Espagnols marcheraient par Cérésole ou par Raconis , et il envoya des partis h la guerre , afin d'éclairer leurs mouvemens (i). L«tSr^'ÎS""
Du-Guast comptant avec raison sur -.iV -Jiu;-bju=ï' la justesse de ses vues fit des détache- t™- 4 ■«•■ « ', mens pour escorter le convoi qu'il ras- "o'''^'.MWb« sembla k Ouiers , pendant qu'il exécuta ^î^^-:i'î^s^ avec son mtantene une marche vers ub. 18. Moncïar, espérant de détourner l'attention de l'ennemi ; cette troupe devait rejoindre le i5 avril h Sommariva le reste de son armée. Sa marche fut retardée d'une journée entière, soit par la crue
(») Ce traître en sortant du conseil de gueire relâcha un capitaine français qu'il retenait prisonnier, et le chargea a'icstruùe le duc des tms de sou g^oùal»
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lOO GUERRES DU PIEMONT
M\i^. des eaux, soit par la lenteur de son artillerie; et le pain de quatre jours que le soldat portait sur lui fut entièrement gâté par la pluie , de sorte que l'on se vit contraint d'attendre les nou- 0) Da-Bcû.^, velles subsistances venant d'Asti (i). ^Jl'.lii^'îi."- Tandis que ces contre-temps embarras- B«"^ "xJ^r saient le chef de l'armée impériale, les {.«un «M, wi. français instruits de son approche sortirent de Carmagnole au point du jour, et s'avancèrent sur le chemin de Cérésole, selon l'avis du capitaine Gastaldo, 'oSwî'«'^iîllÏÏ 1"' connabsait parfaitement le pays (2). S s«an,*fi^l Monsienr d'Enghien ayant appris à midi que l'ennemi s'était avancé k Sommariva , fut le reconnaître ; mais comme il le vit rentrer à Cérésole , d'où il était parti , il ne jugea plus pouvoir l'attaquer avant que la nuit fût venue, et il ht rentrer ses troupes à Carmagnole jusqu'au lendemain. D'autre part le marquis Du-Guast, trompé dans son attente , et n'espérant pas d'éviter la bataille ,- passa la nuit à s'y disposer. Son année fut rangée dans l'ordre suivant. Le prince de Sulmone soutenait avec cinq cents chevaux son aîle droite, qui était composée de deux mille Ëspa-i gnols et de trois mille Allemands con-< duits par Don Raymond de Gardonne; suivait un corp$ de cinq cents chevaux ^ue le général en chef commandait en ^ersonue ; le ceptrç composé dç dis
C&APITHE V. tôt
ïnïlte Lansquenets était aux ordres d'Ail- ji» iâ44< prand de Maduce ; et la gauche commandée par le prince de Salerne « était formée de quatre mille Uulieiis, soutenus par deux k trois cents chevaux Toscans, conduits par Rodolphe Baglioni. Le marquis Du-Guast en avant^aot dans cet ordre sur le terrain appere la Gerbola, alla s'emparer des hauteurs qu'offre le pays entre Cérésole et Carmagnole ; les Français qui les avaient occupées un moment la Yeille lui avaient lait sentir combien il était. important de les prévenir; il y réussit en efièt, et ayant disposé sur les lieux son artillerie, il cli forma deux batteries de dix pièces l'une ^ appuyées h deux casaines qui se trou" vaient k côté des Allemands et des Espagnols.
Tout étant disposé pour le coftibat de la part .des Impériaux , ils attendirent l'ennemi qui ne tarda pas à paraître^ L'armée française était partie de Carmagnole k une heure après minuit ^ comptant d'aller occuper les hauteurs que le duc d'Enghien avait reconnues iui-méme; et ce prince averti en marche que les Espagnols s'y étaient logés, fit une balte pour ranger son armée eu bataille .: il plaça sur son atle drottd monsieur de Termes avec six cents chevaux légers destinés à soutenir les vieilles bandes françaises , qui aux ordres de
ïOa GUERRES nu PIEMONT An i544. "motisieur de Thais formaient un corps de trois mille hommes ; quatre - vingt gendarmes commandés par monsieur de Bouttières occupèrent I intervalle qui séparait les bandes françaises des trois mille Suisses du capitaine Flori ; le duc d'Enghien se plaça à leur gauche avec quelques compagnies de gendarmerie et les gentilshommes volontaires ; le reste des troupes suisses venait après eux, et enfin les Gryeriens et les Italiens au service de France conduits par Paul Vagnon, seigneur de Dros. Cette infanterie était • soutenue par les archers à cheval de Dampierre; et l'on étendit sur le front de toute la ligne huit cents arquebusiers aux ordres du capitaine MonWuc; huit pièces de canon devaient être placées sur la gauche, et un pareil nombre au centre de larmée.
Ces dispositions étant faites , l'armée jErançaîse se mit en marche par la gauche, les enfans perdus de Montluc et les Suisses formant l' avant-garde. Le soleil se levait à peine lorsque les armées se trouvèrent en présence , et pendant que Montluc escarmouchait avec César Maggi, qui conduisait les tirailleurs ennemis , la ligne française se rangeait en bataille. Le combat des armes de jet qui précédait toujours la charge s'engagea bientôt avec chaleur; l'on renforçait de part et d'autre les enfans perdus que l'pn protégeait par des